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Le déploiement de caméras corporelles retardé

Des organisations policières sont impatientes d’y avoir accès à grande échelle

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Photos courtoisie, Sûreté du Québec Le projet pilote de caméras corporelles de la Sûreté du Québec qui devait se terminer en juin 2022 sera étiré jusqu’en avril 2023. Sur ces images, un aperçu de l’équipement porté par les policiers.

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La Sûreté du Québec (SQ) repousse de près d’un an la fin de son projet-pilote de caméras corporelles pour tester de nouvelles procédures, alors que des syndicats policiers réclament plutôt d’y avoir accès rapidement. 

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« Chaque semaine, on se retrouve avec des interventions qui sont remises en question [pour lesquelles cet outil] pourrait amener beaucoup de réponses. C’est sûr qu’on est déçus, on aurait aimé un déploiement plus rapide », lance François Lemay, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ).

Le projet pilote de la SQ, qui a débuté en mars 2021, devait au départ se terminer en juin cette année. 

Toutefois, il sera prolongé jusqu’en avril 2023, à Val-D’Or, pour tester de nouvelles procédures de déclenchement des appareils et pour étendre leur utilisation à l’ensemble des patrouilleurs du secteur.

Une partie du rapport final sera remise l’automne prochain, comme prévu, mais une autre devra être déposée au printemps suivant, explique Benoît Richard, porte-parole du corps de police provincial.

Une obligation ?

La pertinence de ce genre d’outil a été notamment soulevée lorsque de nombreuses arrestations musclées à Québec ont fait surface sur les réseaux sociaux, en novembre dernier.

La présidente de la Fraternité des policiers de la Ville de Québec, Martine Fortier, avait alors souligné « l’urgence » d’agir pour outiller les agents avec des caméras corporelles, pour être témoins des deux côtés de la médaille. 

« On a hâte de voir les conclusions du rapport. [Grâce aux caméras] on sera enfin en mesure de voir ce qui a mené à l’intervention physique », a-t-elle réitéré, vendredi. 

Pour M. Lemay, il est impératif que le ministère de la Sécurité publique oblige tous les corps de police de la province à s’équiper de ces appareils, lorsque le projet pilote sera terminé. « Il faut aussi prévoir le financement pour les services municipaux », ajoute-t-il.

De son côté, le président de l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ), Dominic Ricard, affirme que le projet pilote a déjà un effet positif dans les interventions de ses membres sur le terrain. 

Pas que des heureux 

Si ce nouvel outil crée un engouement certain auprès des organisations policières, il semble en être tout autrement chez plusieurs associations de citoyens. Il semble exister une certaine méfiance concernant l’utilisation des images captées.

« L’une des seules études qui ont été faites là-dessus a démontré que les images servent davantage à incriminer les citoyens que les policiers fautifs », affirme Maxime Fortin, de la Ligue des droits et libertés.

Une position qui est partagée par la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP). 

« On nous présente ça comme une technologie de transparence, mais qu’est-ce qui va être fait de ces images une fois tournées ? » se questionne son porte-parole, Alexandre Popovic. 

Un processus qui s’étire  

Mars 2021 : Lancement du projet pilote 

Juin 2022 : Fin prévue initialement

Avril 2023 : Nouveau report 

Automne 2022 : Remise initiale du rapport final

Automne 2022 et printemps 2023 : Nouveau délai pour la remise du rapport final  

Municipalités impliquées 

  • Rimouski : terminé 
  • Salaberry-de-Valleyfield : terminé 
  • Drummondville : se termine dans quelques semaines 
  • Val-d’Or : se terminera en avril 2023  

Source : Sûreté du Québec

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