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Les mères des années 2000

Erin Brockovich
Scanned from promo slide. Erin Brockovich

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Depuis le passage au nouveau millénaire, les portraits des mamans au cinéma ont considérablement évolué, offrant désormais des représentations féminines diversifiées, nuancées et bien plus proches de la réalité. Afin de souligner la fête des Mères, voici donc des longs métrages célébrant l’incroyable variété de maternités à l’écran. 

Julia Roberts ouvre l’an 2000 avec son portrait d’Erin Brockovich, mère monoparentale découvrant par hasard qu’une multinationale empoisonne les résidents d’une bourgade des États-Unis. Comme dans la «vraie» vie, Brockovich ne manque pas d’audace et de courage en se battant comme une lionne tout en veillant sur ses petits. Plus léger: «Mamma Mia!», sorti en 2008, met en scène une Meryl Streep préparant le mariage de sa fille (Amanda Seyfried)... dont elle ne connaît pas le père. Le propos est rafraîchissant, joyeux en raison de la musique du groupe ABBA et déborde du moule traditionnel des comédies romantiques.

Tout en nuances... et en questions

En 2009, Xavier Dolan propose «J’ai tué ma mère», véritable pavé dans la mare qui explore les relations extrêmement complexes pouvant unir une mère (Anne Dorval qui se livre à un examen de la maternité) et son fils, propos développé plus avant dans son «Mommy» de 2014. Sans être la même, l’interrogation sur la maternité se poursuit dans «Il faut qu'on parle de Kevin» de Lynne Ramsay avec Tilda Swinton dans le rôle d’une mère dont le fils a commis une tuerie dans son école. Bien que profondément dissemblables, ces trois longs métrages ont la particularité de soulever un sujet rarement abordé: celui d’un profond questionnement sur la signification du rôle et la spontanéité de l’amour maternel.

L’un des premiers longs métrages à montrer un couple de même sexe – joué par Annette Bening et Julianne Moore - élevant des adolescents, «Une famille unique» (2010) crée aussi l’événement avec ses quatre nominations aux Oscars et ouvre une conversation, non seulement sur les couples LGBTQ+, mais aussi sur la bisexualité féminine hors du fantasme masculin.

Quelques années plus tard, avec «Les Femmes du 20e siècle» (2016), Mike Mills jette un regard tendre sur les femmes contestataires de la fin des années 1970. S’inspirant de sa mère et de sa sœur, le cinéaste offre à ses personnages des choix diversifiés, de la monoparentalité à l’absence d’enfants. Et, la même année, Mila Kunis, Kristen Bell, Kathryn Hahn sont les vedettes de la comédie «Mères indignes» dans laquelle elles revendiquent haut et fort le droit, non seulement de ne pas correspondre aux schémas traditionnels de la maman qui parvient à faire carrière tout en élevant des enfants avec calme et sérénité, mais de se révolter contre ceux-ci.

Une adolescente ne devient-elle une adulte qu’en opposition à sa mère ou peut-elle trouver une voie qui lui est propre? Cette interrogation sur la relation mère-fille est au cœur de «Lady Bird», premier long métrage écrit et réalisé par Greta Gerwig avec Saoirse Ronan dans le rôle éponyme et Laurie Metcalf dans celui de sa mère. La cinéaste reviendra à un portrait de mère (Laura Dern) inspirante et solide, roc en période de tourmente dans «Les quatre filles du docteur Marsh» (2019).

La libération des mères

Désormais mieux intégrées aux scénarios et non plus de simples faire-valoir, les mères débarquent chez Marvel. La révolution est entamée en 2017 dans «Spider-Man : Les Retrouvailles» lorsque tante May, figure maternelle par excellence, prend les traits de Marisa Tomei. Les cheveux blancs et la voix chevrotante de Rosemary Harris et de Sally Field sont maintenant une histoire du passé, au grand dam des fans... qui s’en remettent rapidement, May couchant même avec Happy Hogan dans le «Spider-Man: Sans retour» de 2021! Quant à la reine Ramonda (Angela Bassett) dans la «Panthère noire» de 2018, elle remplace le père du super héros à la mort de celui-ci, servant de conseillère à son fils tant dans les domaines politique que guerrier.

L’année dernière, les films nommés aux Oscars font la part belle aux mères multidimensionnelles. Dans «Dune» de Denis Villeneuve, Jessica (Rebecca Ferguson) initie son fils (Timothée Chalamet) à la politique et à l’art du combat. Leda (Olivia Colman et Jessie Buckley) examine sa vie maternelle à l’aune des sentiments contradictoires qu’elle éprouve pour ses filles dans le film «Poupée volée» de Maggie Gyllenhaal.

Et comment oublier que Madeleine Swann (Léa Seydoux), l’intérêt amoureux de James Bond dans «Mourir peut attendre» est la maman d’une petite Mathilde? On espère simplement que la fillette est bien celle de 007 parce, après tout, ne sommes-nous pas tous d’incurables romantiques?

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