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[PHOTOS] 6 institutions théâtrales qui ont marqué la scène culturelle de Québec au 20e siècle

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Le théâtre est un art influant sur la scène culturelle de Québec. Explorons les coulisses de quelques-unes de ses institutions les plus importantes.

1) Le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec      

Programme du Conservatoire Francis-Sinval, sans date.
Archives nationales à Québec (P844, S2, D4), auteur non identifié
Programme du Conservatoire Francis-Sinval, sans date.

C’est en 1948 que l’on voit apparaître un conservatoire d’art dramatique à Québec. Il s’agit du Conservatoire d’art dramatique de la Grande Hermine, qui changera de nom pour le Conservatoire Francis-Sinval. Il porte le nom de ses deux fondatrices, les actrices Claude Francis et Sibille Sinval. 

Au conservatoire, on enseigne l’art dramatique, la diction ainsi que le ballet. Les cours ont lieu dans la grande salle de l’Institut canadien. Il abrite une troupe de théâtre connue sous le nom de Théâtre de la Grande Hermine. 

Les représentations de la troupe se font principalement à l’Institut canadien ainsi qu’au Palais Montcalm. On y joue principalement des œuvres de théâtre classique d’auteurs comme Racine ou Molière.

Façade du Conservatoire de musique et d'art dramatique, 1950.
Archives nationales à Québec (P728, S1, D1, P1-41), photo Linda Moser
Façade du Conservatoire de musique et d'art dramatique, 1950.

À la suite des recommandations du chef d’orchestre Wilfrid Pelletier, le gouvernement de Joseph-Adélard Godbout élabore en 1942 la Loi instituant le Conservatoire de musique et d'art dramatique de la province de Québec. Elle permettra de créer le premier conservatoire en Amérique du Nord entièrement financé par l’État. On assiste donc en 1944 à la fondation du Conservatoire de musique de Québec. 

Il faudra attendre 1958 avant de voir se greffer à ce dernier le Conservatoire d’art dramatique de Québec, fondé par Jean Valcourt, qui en sera le premier directeur. Le Conservatoire d’art dramatique Francis-Sinval met fin à ses activités quelques années plus tard. Le conservatoire se trouve tout d'abord sur la rue Saint-Denis, mais il est la proie des flammes en 1986. Depuis sa création, la mission du conservatoire est de former les artistes de demain et de contribuer à développer leurs talents.

2) Le projet du Grand Théâtre de Québec      

Reportage sur l'état actuel de la construction du Grand Théâtre de Québec, 1968.
Archives nationales à Québec (E6, S7, SS1, P6840916), photo Neuville Bazin
Reportage sur l'état actuel de la construction du Grand Théâtre de Québec, 1968.

Le Grand Théâtre de Québec est l'une des instances incontournables de la vie théâtrale de la capitale. Ce projet remonte à 1963, alors que le premier ministre Jean Lesage assiste à l’inauguration du Confederation Centre of the Arts à Charlottetown, fondé en souvenir de la conférence de Charlottetown. Lesage profite de l’occasion pour convaincre le gouvernement fédéral de créer un monument à Québec commémorant la Confédération canadienne de 1867. Ce projet sera le Grand Théâtre de Québec. 

Le projet est remis à un comité consultatif qui recommandera que le monument contienne une salle de spectacle, une salle consacrée au théâtre ainsi que le Conservatoire de musique de Québec. 

On organisera un grand concours d’architecture pour ce projet. L’architecte Victor Prus sera choisi pour réaliser le Grand Théâtre de Québec. Ce dernier confiera à Jordi Bonet la réalisation d’une grande murale qui couvrira trois des quatre murs intérieurs du théâtre.

Murale de Jordi Bonet au Grand Théâtre de Québec, 1969.
Archives nationales à Québec (P967, S2, SS2, D14), photo Léon Bernard
Murale de Jordi Bonet au Grand Théâtre de Québec, 1969.

En 1966, l’Union nationale élue au pouvoir décide de mettre un frein au projet, qui est jugé trop coûteux. Les travaux seront à plusieurs reprises repris et retardés, et il faudra attendre 1971 avant d’assister à l’inauguration officielle du Grand Théâtre de Québec, quatre ans après le centenaire de la Confédération en 1967. Cet établissement contribuera à l’essor du théâtre à Québec. 

Au début des années 2010, on remarque une détérioration des murs de béton de l’établissement, causé par la condensation. Il est impossible de changer les murs sans abîmer la murale intérieure de Jordi Bonet. La solution sera de mettre le bâtiment sous verre pour stabiliser le problème de condensation.  

3) Le théâtre Le Trident      

Théâtre Le Trident, Charbonneau et le chef, 1972.
Archives nationales à Québec (P967, S2, SS2, D143), photo Léon Bernard
Théâtre Le Trident, Charbonneau et le chef, 1972.

Il est impossible de parler du Grand Théâtre de Québec sans parler de la troupe de théâtre Le Trident. Elle voit le jour en 1971 pour donner suite aux motivations de la part du ministère des Affaires culturelles de munir le Grand Théâtre de Québec de sa propre troupe de théâtre. 

Le théâtre Le Trident sera composé de trois compagnies théâtrales de Québec qui avaient fermé quelque temps auparavant: le Théâtre de l'Estoc, le Théâtre du Vieux-Québec et le Théâtre pour Enfants de Québec. 

Le nom «Trident» viendrait des trois activités théâtrales que touche la troupe, soit le théâtre de répertoire, le théâtre de recherche et le théâtre pour enfant, chacune d’elles représentant l'une des pointes du trident. 

La première production de la troupe sera la pièce 0-71, de Jean Barbeau, qui sera dirigée par le premier directeur de la troupe, l’acteur Paul Hébert. Toutefois, le premier grand succès du Trident sera la pièce Charbonneau et le Chef, de John Thomas McDonough, qui met en vedette les acteurs Jean Duceppe et Jean-Marie Lemieux.  

La saison suivante, ce sera au tour de la pièce Pygmalion d’être couronnée de succès. Cependant, bien que les premières années du théâtre Le Trident aient été marquées par le succès, la troupe fait face par la suite à des difficultés financières. Des mesures sont mises en place par le théâtre pour essayer de baisser les coûts de production, mais ces dernières ne seront pas suffisantes.

Pygmalion, 1971.
Archives nationales à Québec (P967, S2, SS2, D42), photo Léon Bernard
Pygmalion, 1971.

La troupe tombera sous la tutelle temporaire du ministère des Affaires culturelles. Elle profite de cette tutelle pour procéder à une réorganisation complète. Il en découlera notamment le concept d’abonnement, qui permettra d’améliorer grandement la situation financière de la troupe au fil des années. 

À travers ses nombreuses productions, le théâtre Le Trident enchaîne les succès et il a su montrer qu'il était l'une des institutions importantes de la vie théâtrale à Québec.

4) Le Capitole de Québec      

Quartier du Vieux-Québec, place D'Youville, 1904.
Archives nationales à Québec (P546, D3, P33), photo Fred C. Würtele
Quartier du Vieux-Québec, place D'Youville, 1904.

Le Capitole est connu au départ sous le nom de l’Auditorium de Québec. La compagnie de l’auditorium de Québec est fondée en 1902 par le maire de Québec Simon-Napoléon Parent et des hommes d’affaires.

En 1903, on assiste à son inauguration officielle. Les spectacles qui y sont offerts sont principalement du type vaudeville, du théâtre amateur et professionnel ainsi que de l’opéra. 

Les débuts du cinéma dans les années 1920 incitent l’auditorium à mettre en place de nouveaux aménagements pour s’adapter à cette nouvelle réalité. Malgré l’avènement du cinéma, les spectacles de théâtre ont toujours lieu. 

C’est dans les années 1930 que l’auditorium change de nom pour le Capitole de Québec, pour faire écho au nom des salles de spectacle et de cinéma américaines. Le 9 octobre 1951, le Capitole accueille la princesse Elizabeth II et son époux comme invités d’honneur à l’occasion d’une soirée de gala.

La princesse Elizabeth et le duc d'Édimbourg au Capitole de Québec, 1951.
Archives nationales à Québec (E6, S7, SS1, P88897), photo Neuville Bazin
La princesse Elizabeth et le duc d'Édimbourg au Capitole de Québec, 1951.

Dans les années 1970, l’ouverture du Grand Théâtre entraîne le début du déclin de l’achalandage au Capitole de Québec. Le 7 avril 1981, le Capitole ferme ses portes après 80 ans d’activité. Il est classé en 1984 immeuble patrimonial par le ministère des Affaires culturelles. Cette action a pour effet de protéger l’immeuble de toute modification par les propriétaires, sans autorisation préalable du ministère. 

En 1992, après une décennie de fermeture, le théâtre est acheté et rénové. Le Capitole redevient par la suite une institution de théâtre et de spectacle.

5) L’Implanthéâtre      

Pièce de théâtre Toromaquia à l'Implanthéâtre, 1990.
Archives nationales à Québec (P871, D1990-01-16), photo Jean-Claude Angers
Pièce de théâtre Toromaquia à l'Implanthéâtre, 1990.

L’Implanthéâtre est le nom d’origine du théâtre que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Théâtre Périscope. Il voit le jour en 1985 avec pour mission d’offrir un lieu d’expérimentation et de création théâtrale. Il s’agit d’une corporation sans but lucratif alors composée de quatre compagnies de théâtre: le Théâtre du Gros Mécano, le Théâtre de la Commune, le Théâtre du Vieux-Québec et le Théâtre Repère. 

Il se produit dans une ancienne synagogue inaugurée en 1944. Il est d’ailleurs toujours possible à ce jour de voir le nom de la synagogue écrit en hébreu sur la façade du bâtiment. 

Les motivations derrière la création de l’Implanthéâtre sont de répondre à un manque de scènes pour les troupes de théâtre et de mettre à leur disposition une salle de spectacle polyvalente. La première pièce qui y sera présentée est L’homme gris, de Marie Laberge. À la suite d’un concours organisé par Radio-Canada, il change de nom en 1990 pour devenir le Théâtre Périscope. Il se spécialise dans le théâtre de création et expérimental.

6) Le théâtre d’été La Fenière      

Le théâtre La Fenière, 1978.
Archives nationales à Québec (P933), photo Kedl
Le théâtre La Fenière, 1978.

Le théâtre La Fenière est l’un des pionniers du théâtre d’été au Québec. Fondé en 1958 à L'Ancienne-Lorette par l’acteur Georges Delisle, ce fut le second théâtre d’été dans la province. On y présente des pièces de théâtre du type boulevard et vaudeville. 

La première pièce qui y sera présentée est Oscar, de Claude Magnier. De 1958 à 1962, le théâtre La Fenière présente ses pièces dans une vieille grange pouvant accueillir 180 spectateurs. Le succès est au rendez-vous et en 1963, le théâtre acquiert une plus grande grange, qui date de 1858, et qui peut accueillir jusqu’à 350 spectateurs.

On assiste dans les années 1970 à un essor des théâtres d’été, lesquels se multiplient un peu partout dans la province. Cela permet à plusieurs jeunes acteurs de pratiquer leur art, par exemple Raymond Bouchard ou Rémy Girard qu’on peut voir sur la photo de la pièce Octobre en famille, de René Massicotte.

Raymond Bouchard et Rémy Girard dans la pièce Octobre en famille, présentée au théâtre La Fenière, 1971.
Archives nationales à Québec (P933), photographe non identifié
Raymond Bouchard et Rémy Girard dans la pièce Octobre en famille, présentée au théâtre La Fenière, 1971.

En 1987, Georges Deslisles remet la direction du théâtre entre les mains de Maryelle Kirouac et d’Yvon Sanche, qui reprennent le flambeau pour les 21 saisons suivantes. À la suite de problèmes financiers, la grange ferme ses portes en 2011. L’année suivante, elle est détruite par un incendie.

De nombreuses organisations ont façonné le théâtre à Québec. Il serait impossible de s’attarder sur chacune d’elle. Le théâtre La Bordée, le Théâtre Petit Champlain et Le Diamant sont d’autres exemples parmi tant d’autres de la richesse de notre théâtre à Québec. 


Un texte de François Pleau, technicien en documentation, Bibliothèque et Archives nationales du Québec  

  • Vous pouvez consulter la page Facebook de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en cliquant ici, et son site web en vous rendant ici.  
  • Vous pouvez également lire nos textes produits par la Société historique de Québec en cliquant ici.   

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