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Éducation: laissons les profs parler!

Gregory Charles
Photo d'archives Gregory Charles

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Le récent cri du cœur de Gregory Charles à propos de notre système d’éducation aura provoqué une avalanche d’avis parfois intéressants, souvent insignifiants.

Je vous dirais simplement que la polarisation vient habituellement des gens qui ne maîtrisent pas un sujet. Plus nos connaissances augmentent sur le sujet en question, plus nos réponses deviennent nuancées. C’est ce que certains appellent l'effet Dunning-Kruger.

Cela dit, un élément intéressant est ressorti de toute cette histoire: le droit de parole des enseignants.

Devoir de loyauté

Professeur à l'Université Laval, Simon Viviers me disait hier qu’il est préoccupé depuis longtemps par les dérives du devoir de loyauté dans le secteur de l’éducation. Il constate, via ses terrains de recherche, les dégâts que cela peut produire sur le rapport au travail, l’organisation du travail et la santé mentale du personnel scolaire: ces dérives maintiennent ce dernier dans l’impuissance devant des situations qui génèrent une importante souffrance éthique.

Selon lui, les fondements de la liberté universitaire qui nous protègent de ces dérives à l’université auraient tout avantage à être étendus aux enseignants des autres paliers du système d’éducation. Mais voilà que le projet de loi 32 sur la liberté universitaire semble vouloir ouvrir la porte aux mêmes dérives de l’obligation de loyauté observées ailleurs en éducation. 

  • Écoutez la chronique du prof Sylvain Dancause au micro de Geneviève Pettersen à QUB radio:   

Contribution essentielle

Stéphane Allaire, professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, m’informait que dans la plus récente version du référentiel de compétences de la profession enseignante, la compétence traitant du développement professionnel parle explicitement de la contribution au débat à propos de différents enjeux éducatifs et qui touchent la profession. 

Selon le professeur Allaire, il ne s'agit pas d'un règlement ni d'une loi, mais il y a quand même un paradoxe entre la présence de cet élément dans une publication ministérielle... et le fait que ce même ministère soit bien protecteur du devoir de loyauté.

Le jour de la marmotte

En 2018, en réaction à l'histoire Kathya Dufault, j’ai écrit une chronique intitulée «Ferme ta gueule» dans laquelle je prenais position en faveur du droit de parole du personnel scolaire concernant leur réalité. 

La même journée, le ministre Roberge affirmait vouloir briser l’omerta dans le réseau scolaire. Il nous informait de son désir d’ajouter, «dans les prochaines conventions collectives, une clause garantissant la liberté de parole des enseignants qui veulent “dénoncer les travers” du système».

À l’époque, une pétition dans le but de lever toute restriction du droit de parole du personnel scolaire concernant leur réalité avait recueilli plus de 19 000 signatures. 

Et quel fut le résultat de cette mobilisation? 

Rien. 

Tellement rien qu’une enseignante a relancé récemment une pétition sur le sujet. 

En attendant de voir les choses changer, nous pouvons tout de même entreprendre une révolution. Comme le suggère mon collègue Mathieu Mercier, il est possible et nécessaire de montrer ce qui se fait de beau en éducation:

«À nous de profiter de notre liberté de valoriser la profession enseignante.»

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