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L’avortement est un droit et doit le rester!

Grossesse
Photo stock.adobe.com (PierreArt)

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La menace qui plane ces jours-ci sur le droit à l’avortement, aux États-Unis, ne nous surprend pas. Pourtant, elle doit vivement et collectivement nous alarmer.  

Si la Cour suprême américaine venait à invalider l’arrêt «Roe versus Wade» en juin prochain, texte qui constitue le fondement du droit à l’avortement américain, il s’agirait d’un retour en arrière de 50 ans! Chaque État pourra alors choisir sa propre législation et ce sont 26 États conservateurs qui sont prêts à interdire complètement l’avortement.

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Les groupes de femmes, particulièrement les groupes libre-choix de partout dans le monde, ne sont pas surpris, travaillant d’arrache-pied depuis des décennies à contrer l’influence des groupes anti-choix et de la droite conservatrice. 

Elle ne nous surprend pas, mais nous affecte grandement, car la précarité face au droit et à l’accès à l’avortement existe ici aussi.

L’influence des groupes anti-choix

Tous les jours, les groupes anti-choix raffinent leurs stratégies de lobbying et leur fonctionnement pour accroître leur influence. Plus de 30 ans après la décriminalisation de l’avortement, cette question a refait surface lors de la dernière campagne électorale fédérale. En mai 2021, le Parti conservateur canadien présentait un projet de loi visant à limiter l’accès à l’avortement, son septième depuis 2007. 

Au Québec, on peut penser à la campagne «Ta raison c’est la bonne», première campagne d’information sur le droit à l’avortement au Québec; aux nombreuses actions organisées en réponse au mouvement anti-choix; à l’accompagnement quotidien des femmes, des personnes trans et non binaires dans un choix libre et éclairé concernant leur santé sexuelle et reproductive.

Pourtant, l’avortement fait partie de la vie de tous et toutes. Au Québec, une femme sur trois aura recours à l’avortement au cours de sa vie. Et au Canada, une naissance sur quatre est due à un échec de contraception! Personne n’est à l’abri d’une grossesse imprévue, mais toutes devraient avoir le choix de la poursuivre ou non. 

Tout recul dans le droit à l’avortement constitue non seulement une atteinte aux droits fondamentaux des femmes, des personnes trans et non binaires, mais également une menace pour la santé publique. Rappelons que, malgré les lois interdisant les interruptions de grossesse, les avortements continuent. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 300 000 femmes meurent chaque année de complications liées à la grossesse et à l’accouchement, notamment en raison d’avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité.   

  • Écoutez l'entrevue de Sophie Durocher avec Sylvie Pedneault, directrice générale de S.O.S Grossesse sur QUB radio : 

Un accès réel?

Bien que l’avortement soit légal au Canada, il faut rappeler que sa légalité ne constitue pas de facto un accès réel. Plusieurs obstacles limitent le droit à l’avortement au Canada: les inégalités d’accès selon le lieu de résidence, les délais d’attente, les lois restrictives de certaines provinces, l’objection de conscience du personnel médical, le statut migratoire ou la difficulté d’accès à la pilule abortive. Par exemple, dans la grande région de la Capitale-Nationale, il existe une seule clinique pour desservir toute la population, limitant l’accès des femmes vivant à distance de la ville de Québec et pouvant augmenter les délais d’attente. 

Le droit des femmes de contrôler leur corps et leur maternité est fondamental. Aucun recul à cet égard ne peut être toléré, ici ou ailleurs. Tout doit être mis en œuvre pour améliorer les services actuels et faciliter l’accès à l’avortement libre, sécuritaire et gratuit pour toutes les personnes qui doivent y avoir recours, incluant celles qui ne sont pas couvertes par l’assurance-maladie publique, et ce, en respectant le choix de la méthode. 

L’avortement est un droit et doit le rester. Nous ne pouvons pas risquer de tenir ce droit pour acquis.

Mélanie Leblanc et Élise Landriault-Dupont, co-coordonnatrices au Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN)

Sylvie Pedneault, directrice générale de S.O.S. Grossesse

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