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La F1: formidable outil de vente

Michael Udine
Photo courtoisie, Lady Ju Michael Udine, maire de Broward County, est heureux d’accueillir le grand cirque de la F1 à Miami.

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FORT LAUDERDALE | Il y a déjà des journalistes américains qui s’inquiètent pour des Grands Prix aussi prestigieux que de Monaco ou de Silverstone. Ou même celui de la Malaisie et de Singapore.

Tellement le Grand Prix de Miami va être big

La toile turquoise autour du circuit a déjà fait le tour du monde. Si on est en Floride, ça prend une vue sur la mer. Qu’elle soit en plastique est secondaire.

Think big, s’tie, dirait Elvis Gratton.

Et dans les faits, même en se moquant un tantinet de la Super toile Trevi, ce Grand Prix s’annonce gros. Tous les billets sont vendus. Et on progresse rapidement dans les ventes de l’édition 2023. Et les installations sont à couper le souffle. On verra si ça fonctionne aussi bien à l’usage. 

TOUTE LA FLORIDE DU SUD

On dit le Grand Prix de Miami, mais il se passe à Miami Gardens. Dans les faits, c’est tout le sud de la Floride qui est plongé dans le tourbillon. Alfa Romeo s’est installée sur Las Olas à Fort Lauderdale, et le Hard Rock Hotel de Broward County est occupé mur à mur et à chaque minute. Tout ce qui peut se rapprocher de Hard Rock est tendance et un endroit à fêter. 

« Le Grand Prix est important pour tout le sud de la Floride », explique Michael Udine, le maire de Broward County. En fait, il est le maire d’une association des leaders des 31 villes de Broward. Incluant Fort Lauderdale, Hollywood, Hallandale et les autres villes ensoleillées fréquentées par les Québécois. « Nous comptons déjà sur un très fort tourisme nord-américain et sud-américain. Les Canadiens et les Québécois sont familiers à notre soleil et à notre vie floridienne. L’aéroport de Fort Lauderdale est plus achalandé pour le tourisme international que les aéroports de Las Vegas, Minneapolis, Salt Lake City, Chicago Midway, Detroit, Tampa et Nashville mis ensemble. Pensez-y. Le Grand Prix, grâce à son rayonnement, va nous permettre d’améliorer encore notre pouvoir d’attraction pour le tourisme européen. Nous savons que la F1 est de tradition européenne et que nous allons en tirer beaucoup », de dire M. Udine.

Et il rappelle que le Grand Prix de Miami vivra sa première édition d’un contrat qui prévoit déjà dix Grands Prix : « Les retombées sont déjà énormes. Promenez-vous, vous allez sentir le buzz partout. Six des équipes sont installées dans Broward County. Chez nous, la mer ne coûte rien, le soleil est omniprésent et les équipes en profitent. Il y a des partys et des fêtes partout. De plus, on a établi une liaison entre le yachting et la course. La Formule 1 va renforcir notre position comme destination internationale. Fort Lauderdale est infiniment plus que la ville de la relâche étudiante [spring break]. Nous offrons une vie culturelle vibrante, une fine cuisine de grand calibre, connaissez-vous mieux que la Formule 1 pour le montrer à la planète ? », de dire le maire Udine.

Et en sachant qu’il risquait d’écorcher quelques sensibilités montréalaises, il a ajouté en souriant : « La F1 complète le bouquet. Nous avons déjà les Panthers et le Heat dans les séries, les Dolphins et les Marlins vont bien, David Beckham nous a apporté le soccer et la MLS, et le tournoi de tennis de Miami est un cinquième Grand Chelem. Nous avons tous les évènements de sport incluant quelques Super Bowls, et nos projets d’un énorme Convention Center et d’un grand hôtel progressent comme prévu, et nous vivons près de la mer et sous un beau soleil, que voulez-vous de plus ? », d’ajouter le maire.

INVESTIR DANS L’ENVIRONNEMENT

Une mer de plastique, c’est bien. Mais on fait quoi pour protéger les vrais océans devant la fulgurance des changements climatiques ? Miami, Hollywood, Fort Lauderdale sont des villes de canaux et de mer. 

Un soleil chaud, c’est bien, un soleil brûlant, c’est trop.

La réaction de Michael Udine est typique d’un homme d’affaires américain. Disons pragmatique : « Le nord est concerné par les changements climatiques. Nous le sommes encore bien plus. La mer, les plages, la végétation, l’environnement, c’est notre façon de vivre. Les gens de New York, de Montréal, du Canada ou d’Europe qui viennent en Floride le font pour notre soleil, nos plages ou notre mer. La Floride est un pays de vie de plein air. C’est aussi notre industrie principale. C’est ce que nous offrons à notre clientèle, si on veut s’exprimer ainsi. L’argent que nous mettons pour lutter contre les changements climatiques n’est pas une dépense. C’est un investissement et c’est ainsi que nous le considérons », répond M. Udine.

Il explique que les plus grandes sommités mondiales sont déjà à l’œuvre pour prévoir et combattre les effets du réchauffement climatique. Les nouveaux édifices sont construits en prévoyant une hausse des eaux, on planche sur le développement de l’électrification et ce ne sont que des exemples de ce que le task force mis en place tente de réussir. Comme ailleurs sur la planète, on est encore loin d’une solution ou d’une victoire.

En attendant, démarrez... et on roule à Miami. 

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