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Procès de Carl Girouard: Joute corsée entre le psy de la Couronne et la défense

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Lors d’un contre-interrogatoire qui a donné droit à une joute oratoire corsée entre le psychiatre de la Couronne et l’avocat de la défense, Me Pierre Gagnon a cherché à établir que l’expert avait « un biais de confirmation » lorsqu’il a rencontré l’accusé.

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Un argumentaire habilement rejeté par le témoin. 

Dans les conclusions de son rapport, le psychiatre légiste Sylvain Faucher amené à la barre par la poursuite a conclu que le périple meurtrier de Carl Girouard résultait d’un « fantasme malveillant » et d’une « quête narcissique », plutôt que d’un délire psychotique. Pour cette raison, l’assaillant de l’Halloween était donc pleinement conscient de ce qu’il faisait lorsqu’il a tué deux personnes en plus d’en blesser cinq, le 31 octobre 2020. 

Dès le début du contre-interrogatoire du psychiatre, Me Pierre Gagnon a soumis que l’expert avait pu avoir une idée préconçue de l’accusé avant même de l’avoir rencontré. « Est-ce que vous croyez que vous avez pu être victime de biais de confirmation ou d’hypothèse ? », a demandé Me Gagnon.

Habilement, le témoin a rétorqué : « Je vous invite à m’en faire la démonstration ». Le contre-interrogatoire a ainsi été teinté par cette question régulièrement posée par Me Gagnon tout au long des thèmes abordés.  

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Il a notamment été question du manque d’attention dont Girouard aurait pu souffrir dans son enfance et qui serait une des sources de son trouble de la personnalité narcissique. 

Règles de la société 

Ainsi, selon le Dr Faucher, l’accusé était soucieux de respecter les règles de la société, d’être « un bon gars », tout en gardant une distance avec les gens pour « protéger son estime » et masquer sa différence. 

« Il n’y aurait pas une autre raison pour laquelle il se retire (s’isole) », a alors rétorqué Me Gagnon. « Pour protéger sa mission ? », a-t-il soulevé.

Une fois de plus, l’avocat a soulevé sa prémisse initiale. « Pourquoi si ce n’est pas un biais, vous nous ramenez toujours à son histoire d’estime, jamais à sa mission », a questionné Me Gagnon. 

Reste que le psychiatre Faucher n’a jamais semblé déstabilisé par les questions l’avocat de Girouard. 

Au contraire, plusieurs de ses réponses ont fait rire les membres du jury, notamment lorsqu’il a répliqué à l’avocat : « Je suis un puits sans fond », pour faire valoir qu’il était en mesure d’élaborer longuement sur les troubles de la personnalité. Le contre-interrogatoire de ce dernier témoin va se poursuivre lundi. 

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