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Des élèves meilleurs en anglais à la fin du secondaire

Le tiers des élèves francophones de cinquième secondaire sont inscrits en anglais enrichi, alors qu'on était à 20% il y a 10 ans

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Photo d’archives En juin 2020, près du tiers (31 %) des élèves francophones étaient inscrits dans un programme d’anglais enrichi.

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Les élèves francophones sont meilleurs en anglais à la fin du secondaire qu’il y a 10 ans: la proportion d’entre eux qui sont inscrits au programme d’anglais enrichi a augmenté de 50%, a constaté Le Journal.

• À lire aussi: Réforme de la loi 101: Legault tente de rassurer les cégépiens anglophones

Au cours de la même période, la proportion d’élèves anglophones inscrits au programme de français enrichi est toutefois restée sensiblement la même.  

En juin 2010, 21% des finissants dans les écoles secondaires francophones suivaient un cours d’anglais enrichi plutôt que le programme de base, une proportion qui est passée à 31% en juin 2020. 

Pendant ce temps, dans le réseau anglophone, 38% des finissants étaient inscrits en français enrichi à la fin du secondaire il y a 10 ans, alors qu’on en retrouve maintenant 37%. 

Dans le réseau francophone, les élèves qui terminent le secondaire en ayant complété le programme d’anglais enrichi peuvent être considérés comme fonctionnels en anglais, indique Christine Baida, présidente de la Société pour le perfectionnement de l’enseignement de l’anglais langue seconde au Québec (SPEAQ). 

«On considère qu’ils ont une bonne aisance dans l’utilisation de la langue anglaise à l’oral. Ils parlent très bien, mais avec des fautes grammaticales», affirme-t-elle. 

Toute une différence avec le niveau d’anglais exigé dans le programme de base, où un élève qui «baragouine» à peine l’anglais peut réussir haut la main. 

Anglais intensif

Le développement du programme d’anglais intensif, maintenant offert à 17% des élèves de sixième année au primaire, a certainement contribué à la popularité grandissante de l’anglais enrichi dans les écoles secondaires francophones, ajoute Mme Baida. 

«Les élèves qui ont fait de l’anglais intensif au primaire continuent leur parcours en anglais enrichi au secondaire dans la plupart des cas», affirme-t-elle. 

De plus en plus d’écoles secondaires offrent par ailleurs des programmes particuliers, où davantage d’heures d’enseignement sont consacrées à la langue de Shakespeare. 

Le niveau d’exposition que les parents accordent à l’anglais à la maison pèse aussi lourd dans la balance, rappelle Christine Baida. 

Bilinguisme mieux équilibré chez les anglophones

Du côté anglophone, il n’est pas étonnant de constater que la proportion d’élèves inscrits en français enrichi à la fin du secondaire stagne, selon Claude Quevillon Lacasse, vice-présidente de l’Association québécoise des enseignants de français langue seconde (AQEFLS).

Au primaire, la majorité des élèves anglophones sont inscrits dans des programmes d’immersion française ou dans des programmes bilingues, qui leur assurent une bonne maîtrise du français, affirme-t-elle. 

Au secondaire, plusieurs sont inscrits dans le programme de français enrichi jusqu’en troisième secondaire, mais ils optent pour le français de base par la suite pour obtenir plus facilement de meilleurs résultats en vue de l’admission au cégep, indique Mme Quevillon Lacasse. 

Le programme de français enrichi dans les écoles secondaires anglophones n’est pas comparable au niveau d’anglais enrichi enseigné dans le réseau francophone, ajoute-t-elle, puisqu’il comprend habituellement l’enseignement d’une autre matière en français, comme l’histoire. 

«Les élèves anglophones qui arrivent à la fin du secondaire décrochent souvent du programme de français enrichi parce qu’il ne mène pas à une reconnaissance supérieure ou à une plus-value, alors que s’ils réussissent moins bien leur cours d’histoire [enseigné en français], ça va affecter leur moyenne générale», explique-t-elle. 

Dans le cadre des débats entourant le projet de loi 96, qui vise à renforcer le statut du français au Québec, la maîtrise du français chez les cégépiens anglophones a fait couler beaucoup d’encre. 

Le gouvernement Legault a d’abord voulu imposer aux étudiants anglophones trois cours de leur formation collégiale en français, ce qui aurait poussé de nombreux cégépiens vers l’échec, selon la Fédération des cégeps. 

Québec s’est finalement ravisé et imposera plutôt trois cours supplémentaires de français langue seconde dans le réseau collégial anglophone. 

Inscriptions dans des cours de langue seconde en cinquième secondaire:  

Élèves francophones

Anglais langue seconde, programme de base 

  • 2010: 79% 
  • 2020: 69%  

Anglais langue seconde, programme enrichi 

  • 2010: 21% 
  • 2020: 31%  

Élèves anglophones

Français langue seconde, programme de base 

  • 2010: 62% 
  • 2020: 63%   

Français langue seconde, programme enrichi 

  • 2010: 38% 
  • 2020: 37%  

Source: ministère de l’Éducation

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