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«Je pensais peut-être mourir»: d'un inquiétant diagnostic à un nouveau spectacle pour Philippe Laprise

«Je pensais peut-être mourir»: d'un inquiétant diagnostic à un nouveau spectacle pour Philippe Laprise
Photo Jocelyn Michel, byconsulat.com

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Philippe Laprise se souviendra toujours de son été 2020. Déjà stressé par une pandémie qui s’avérait plus longue que prévu, l’humoriste avait reçu à ce moment-là un diagnostic inattendu qui allait changer bien des choses pour lui. «Pendant deux mois et demi, je pensais que j’allais peut-être mourir», confie-t-il. C’est cette mésaventure – qui se termine heureusement bien – que le comique de bientôt 46 ans a voulu raconter dans son nouveau spectacle, Pourquoi pas.

C’est pour un ennui de santé que Philippe Laprise a reçu un inquiétant diagnostic, il y a deux ans. Préférant ne pas préciser en entrevue ce dont il s’agissait exactement («je ne peux pas le dire parce que c’est dans le show»), l’humoriste mentionne avoir vécu deux mois et demi d’angoisse dans l’attente de ses résultats. 

Le problème de santé n’en était finalement pas un. «Je ne pouvais pas croire qu’ils m’avaient envoyé dans le processus de tout ça [pour rien]... Je me suis alors demandé pourquoi l’Univers m’avait fait vivre ça. Je pense que c’est parce qu’il fallait que j’en parle pour aider ces gens-là qui passent aussi à travers ça.»

Durant ce fameux été où il pensait qu’il lui restait peut-être six mois à vivre, Philippe Laprise s’est alors mis dans la tête d’accepter toutes les activités qu’on lui proposait. Un peu comme le faisait Jim Carrey en 2008 dans le film Monsieur Oui (Yes Man).

Poussé par le vent

Parmi les drôles d’expériences que Philippe a vécues cet été-là, il raconte s’être retrouvé à aller faire du voilier, une activité qu’il a toujours détestée. «Je trouve que c’est un moyen de transport imbécile, se faire pousser par le vent», dit-il. Au bout de cette journée, il n’aimait toujours pas faire du voilier... mais il avait au moins fait plaisir à sa conjointe et à ses amis.

En cherchant un titre pour le spectacle, Philippe et ses auteurs ont eu différentes idées. «Le show s’est appelé Respirer la face dans le vent, Pousser plus fort...», énumère Philippe. Puis, quelqu’un a simplement suggéré Pourquoi pas, en référence au fait qu’il répondait toujours «pourquoi pas?» quand quelqu’un lui proposait une activité quelconque. «Pourquoi pas, c’est arrêter d’attendre pour en profiter, dit Philippe. Arrêter de remettre à demain ce que tu peux faire aujourd’hui, et surtout te faire du bien et prendre du temps pour toi.» Dans le cas du voilier, on mettra toutefois en doute sa volonté de «se faire du bien»!

Son jumeau cosmique

C’est un peu tout ça que Philippe Laprise a voulu raconter dans son quatrième spectacle solo. Pour la première fois, l’humoriste propose un spectacle thématique. «J’ai toujours rêvé de faire un spectacle où je racontais une [seule] affaire. Et c’est exactement ce que je fais. Je raconte ce qui est arrivé [avec le diagnostic], comment c’est arrivé, comment j’ai passé ce processus. Au début, je ne voulais pas en parler parce que je me demandais si ça allait être drôle. Finalement, j’ai réalisé que ça marche vraiment beaucoup.»

Pour la mise en scène, il a fait appel au comédien Vincent Graton. «On a fait La guignolée des médias ensemble [en 2015] et on est tombés en amour, tous les deux. C’est comme si c’était mon jumeau cosmique que je retrouvais. [...] Il a apporté une dimension extraordinaire au spectacle. Il me dit tout le temps : “Je vais aller chercher le comédien en toi.” J’aime beaucoup cette approche-là.»

Philippe Laprise a aussi fait appel au chorégraphe Alex Francœur [Révolution] pour l’aider dans ses déplacements. Pour les textes, il travaille avec les mêmes auteurs depuis de nombreuses années : Nicolas Boucher (script-édition), Sébastien Ouellet, Pascal Mailloux et Julien Tapp. «Ils sont là depuis toujours. Je ne suis pas le genre de gars à changer mes équipes.»

Philippe Laprise présentera Pourquoi pas le 9 mai, au Monument-National de Montréal, et le 19 mai, au Capitole de Québec. (philippelaprise.com)


RÊVES DE CINÉMA

«Je pensais peut-être mourir»: d'un inquiétant diagnostic à un nouveau spectacle pour Philippe Laprise
Photo Jocelyn Michel, byconsulat.com

Beaucoup d’humoristes ont touché au cinéma dans les dernières années. Mais pour Philippe Laprise, le septième art est encore un rêve à atteindre.

« Je suis en constante recherche de faire un film, dit-il. C’est ce qui me manque avant que ma carrière arrête. »

L’humoriste mentionne travailler présentement sur un scénario de film avec deux de ses auteurs de scène, Pascal Mailloux et Julien Tapp. Il doit aussi prochainement parler à une autre personne pour la réalisation.

Philippe Laprise croit que son passage au grand écran viendra fort probablement par l’un de ses propres scénarios dans lequel il se confiera un rôle. La raison ? « Quand je vais passer des auditions, je suis tout le temps mauvais ! »

Connaissant ses limites comme comédien, c’est en travaillant présentement avec Vincent Graton, pour la mise en scène de son spectacle, que Philippe Laprise s’est aperçu qu’il devait se faire coacher davantage.

Dans les faits, Philippe Laprise a déjà brièvement touché au cinéma, en prêtant sa voix à un personnage du film Les mondes de Ralph (Wreck-It Ralph). « Je sais que je ne devrais pas me plaindre. C’est quand même un film de Disney ! »

Ses modèles d’acteurs ? Il nomme spontanément Will Ferrell et Adam Sandler. « Les Américains sont bons dans tout. Ils chantent, ils dansent... » Il envie aussi la polyvalence de Hugh Jackman. « Il tue du monde avec des couteaux et le lendemain, il joue dans une comédie musicale en collants ! »

 

Repenser Les Olivier 

Le récent gala Les Olivier a reçu plusieurs critiques négatives, si bien que certains ont suggéré une refonte complète de la cérémonie. Depuis déjà quelques années, Mariana Mazza répète sur différentes tribunes qu’elle souhaiterait que le gala devienne plus léger et festif et qu’on y mette des catégories loufoques au lieu de se prendre au sérieux.

Coanimateur du gala en 2018 et 2019, avec Pierre Hébert, qu’en pense Philippe Laprise ? « Je suis d’accord que c’est un gala qui se prend au sérieux, répond-il. Je ne veux critiquer personne, mais je trouve ça un peu plate qu’il y ait des catégories aux Gémeaux et qu’on ait les mêmes aux Olivier [celles sur les émissions et séries télé comiques, par exemple]. »

« Pierre et moi, on a été chanceux de vivre la dernière année des Olivier sans pandémie. Je pense qu’il faut que ce soit très rassembleur, Les Olivier. Pas juste au niveau des humoristes, mais aussi du public. On perd ce lien-là. »

Philippe Laprise donne l’exemple de l’ambiance festive qui règne aux galas Juste pour rire et ComediHa. Il aimerait qu’un tel enthousiasme contagieux se retrouve aux Olivier. « Il faudrait qu’on ramène cet esprit-là de camaraderie », dit-il.  

Des contraintes

L’un des principaux problèmes des Olivier, ce sont les contraintes que les humoristes doivent respecter dans leurs textes. « Des fois, tu te demandes si tu as le goût de travailler trois mois sur un numéro de six minutes pour aller te faire dire que ta joke est vraiment déplacée, fait remarquer Philippe. Rendu là, t’aimes mieux travailler un an et demi sur ton propre spectacle que tu iras jouer pour les gens en région. »

« Le problème est là aussi : on est libres de faire ce qu’on veut dans nos shows, poursuit-il. Et quand on arrive dans des galas, on a des contraintes. Mais on n’est pas habitués à créer avec des contraintes. On a parfois envie de leur dire de nous laisser vivre. »

Philippe Laprise aime l’idée de faire des catégories plus loufoques. « Par exemple : qui s’est mis le pied dans la gueule ? On pourrait même mettre des politiciens en nomination. » Les Olivier revus et corrigés deviendraient ainsi une sorte de version humour de ce que sont Les Aurores, d’Infoman, pour le cinéma.

Enfin, Philippe Laprise aimerait que les gagnants des Olivier soient déterminés uniquement par des gens du public. 

« Ça ne devrait pas être des journalistes ou des gars de production [qui sont sur le jury]. Ça devrait être 20 personnes séparées à travers le Québec. Elles ont chacun une paire de billets pour tous les spectacles et elles votent sans se parler. »

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