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«Très belle journée»: un long-métrage tourné dans l'urgence... avec un cellulaire!

Très belle journée
Photo courtoisie Guillaume Laurin dans Très belle journée.

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Son premier film, le thriller nordique Jusqu’au déclin, a été vu par plus de 30 millions de spectateurs à travers le monde sur la plateforme Netflix. Fort de cet immense succès en ligne, le cinéaste Patrice Laliberté s’offre une première vraie sortie en salle avec Très belle journée, son nouveau long métrage tourné dans l’urgence avec un téléphone cellulaire.

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Très belle journée a beau arriver en salle deux ans après la sortie de Jusqu’au déclin sur Netflix, les deux films ont été imaginés et fabriqués en parallèle. Patrice Laliberté avait même déjà commencé à tourner Très belle journée avec l’acteur et coscénariste Guillaume Laurin – son complice de longue date – quand il a eu le feu vert pour réaliser Jusqu’au déclin, premier long métrage québécois produit par le géant Netflix et lancé sur la plateforme au printemps 2020. 

«Très belle journée a été conçu dans une urgence de créer, confie Patrice Laliberté en entrevue au Journal. On n’avait pas encore tourné Jusqu’au déclin et on sentait qu’on avait tout à faire. On a décidé de se lancer dans ce projet même si on n’avait pas beaucoup d’argent [pour faire le film]. Je me souviens que pour le tournage d’une scène de vélo, on était juste Guillaume et moi sur le plateau. On est arrivés sur le lieu de tournage avec un camion et on s’est rendu compte qu’on n’avait même pas six dollars dans nos poches pour payer le parcomètre. On a dû appeler notre productrice, Julie [Groleau], pour qu’elle nous mette de l’argent dans le parcomètre.»

Sarah-Jeanne Labrosse joue une influenceuse populaire.
Photo courtoisie
Sarah-Jeanne Labrosse joue une influenceuse populaire.

Un coursier conspirationniste

Très belle journée nous amène dans l’univers de Jérémie (Guillaume Laurin), un coursier à vélo qui sillonne Montréal pour livrer des sacs au contenu mystérieux pour le compte d’un patron louche (Marc Beaupré). 

Pendant ses temps libres, Jérémie enregistre un podcast dans lequel il partage sa vision conspirationniste du monde (il est notamment convaincu que nous vivons dans une simulation informatique depuis la fin du monde, en 2012). Son quotidien sera éventuellement bouleversé par l’arrivée d’une influenceuse populaire (Sarah-Jeanne Labrosse) dans son voisinage.

Si elles ont été exacerbées par la pandémie, les théories conspirationnistes ont toujours été présentes dans les courts et longs métrages de Patrice Laliberté. Fasciné par ce phénomène depuis le 11 septembre 2001, le cinéaste a même été rattrapé par la réalité pendant le montage de Très belle journée.

«On a dû s’ajuster à quelques reprises, affirme-t-il. Par exemple, dans une première version du film, le personnage avait un podcast dans lequel il disait espérer qu’une pandémie survienne pour régler le problème de surpopulation. On l’a enlevée parce que ça aurait pu être de mauvais goût de parler de cela aujourd’hui.» 

En mode guérilla

Patrice Laliberté dit avoir préconisé «une approche très guérilla» pour le tournage de Très belle journée. Pour tourner certaines scènes de vélo, il suivait lui-même Guillaume Laurin sur un autre vélo en conduisant d’une main et en filmant de l’autre. Pour des raisons budgétaires, mais aussi artistiques, le choix de tourner le film entièrement avec son téléphone intelligent s’est imposé rapidement.

«Il y a une vraie démarche cinématographique derrière cela, insiste-t-il. Notre idée était de faire un vrai film en utilisant tout le potentiel que le téléphone cellulaire pouvait apporter. On s’est rendu compte que par sa taille et sa discrétion, l’appareil nous permettait de faire plein de choses qu’on n’aurait pas pu faire avec une vraie caméra, comme filmer sur la rue Sherbrooke. La caméra est tellement légère qu’on pouvait l’accrocher sur des perches ou la glisser dans une roue de vélo. On s’est beaucoup amusés par rapport à cela, mais ç’a toujours été fait dans une idée de cinéma. On a aussi travaillé avec un scénario assez court (28 pages) pour laisser de la place aux imprévus. J’aimais cette idée de créer du cinéma dans l’action du cinéma.»

Même si c’était la première fois qu’elle jouait dans un film tourné avec un téléphone cellulaire, Sarah-Jeanne Labrosse n’a pas senti une si grande différence avec les autres plateaux de tournage.

«Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que ça permettait plus de mouvements et de simplicité dans la façon de tourner, observe-t-elle. Mais pour les acteurs, ce n’était pas si différent dans notre façon de jouer ou le nombre de prises qu’on faisait. [...] J’ai embarqué dans le projet parce que je trouvais ça audacieux. J’aime travailler avec des gens qui prennent des risques et qui essaient des choses.» 


Très belle journée a pris l’affiche hier.

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