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François Dumontier et la grande passion

François Dumontier
Photo courtoisie, Sandrine Garneau Président et directeur général du GP de Montréal, François Dumontier s’est rendu près de la piste où sera disputé le GP de Miami, cet après-midi.

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MIAMI | « C’est rare que je peux assister à un Grand Prix à trois heures de vol ». Et François Dumontier affiche un grand sourire. Sûr qu’il est impressionné par les installations du Grand Prix de Miami.

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Tout est neuf, tout est big. Mais il sait aussi que le Grand Prix de Montréal est d’un autre calibre. Une histoire qui remonte à 1967, une tradition européenne de F1, une piste extrêmement difficile, une ville vibrante à cinq minutes... 

Des nids de poules camouflés en pots à fleurs... 

Et puis, François Dumontier ne voit pas le Grand Prix de Miami comme une compétition. Au contraire : « J’ai souvent déploré le fait que le Grand Prix de Montréal était le seul en Amérique. L’an prochain, l’Amérique aura droit à quatre courses. Miami, Montréal, Austin et Las Vegas. Ce sont quatre marchés qui ne se font pas concurrence, mais qui vont contribuer à faire parler de Formule 1 pendant de longs mois », explique Dumontier. 

Effectivement, il est plus facile d’envoyer des chroniqueurs et des journalistes à Miami qu’en Espagne. Et les Québécois se reconnaissent dans les extravagances turquoise de Miami. 

GARDER LA NOBLESSE 

Quand même, il y a de nombreux vétérans journalistes européens qui craignent de voir disparaître une certaine noblesse dans la Formule1. Le NASCAR, c’est grosse bière, la F1, c’est champagne.  

Pas si évident, répond Dumontier : « Les gens de Liberty Media ont fait un travail colossal depuis leurs bureaux de Londres. Et le nouveau président, Stefano Domenicali est un ancien de Ferrari et était président de Lamborghini quand il a accepté l’offre de Liberty de présider les destinées de la Formule 1. Avec lui, on est certains que les standards les plus élevés seront protégés », dit-il. 

D’ailleurs, Carey Chase, son prédécesseur à moustaches, a pris des décisions importantes. Bernie Ecclestone n’aurait pas fait mieux. La F1 s’est baladée dans de nombreux pays avec un protocole de COVID très étanche. Si Montréal a été annulé, le reste du monde a continué à vibrer pour des courses présentées dans des conditions exceptionnelles. 

L’EFFET NETFLIX 

Tous les billets sont vendus à Miami. Même chose à Montréal. Plus encore, à Montréal il a fallu ajouter des sections pour accueillir des milliers de spectateurs supplémentaires. Et la Formule 1 n’a jamais été aussi populaire chez les femmes et les jeunes adultes. Sans doute l’effet Netflix ? 

« Aucun doute, souligne Dumontier. Celle-là, je ne l’ai pas vue venir. Nos sondages internes lors de la vente des tickets coïncident avec les sondages des autres promoteurs partout au monde. On estime à 30 % l’effet Netflix. Surtout chez les femmes et les jeunes adultes. Le fait d’avoir accès aux coulisses et parfois à la vie personnelle des pilotes a provoqué un engouement incroyable. C’est rendu qu’on demande une parade des directeurs d’écuries parce que les fans ont appris à les connaître par Drive to Survive », raconte Dumontier. Et il ajoute en souriant : « Et cette série documentaire, je suis convaincu que jamais Bernie Ecclestone ne l’aurait autorisée. Les dirigeants de Liberty Media ont saisi que Netflix ferait la promotion du sport et contribuerait à une plus grande popularité. C’est au-delà de nos espérances », dit-il. 

« C’est la F1, c’est notre sport qui a le plus grossi à travers le monde. Nous vivons une période fabuleuse, et Montréal en profite comme les autres », dit-il. 

DE PROPRIÉTAIRE À PRÉSIDENT 

Il semble cruel que François Dumontier se retrouve président et directeur général d’un Grand Prix en pleine croissance alors qu’il en était le propriétaire avant la pandémie. Lors de sa dernière présentation en juin 2019, quand l’effet Netflix ne s’était pas encore fait sentir, le promoteur s’appelait François Dumontier. Pas Bell Canada. Puis l’urgence sanitaire a été imposée. Deux ans.  

Il ne bronche que quelques secondes. Et semble rester serein : « J’étais le promoteur depuis 2010. Avec de bonnes années et des années difficiles. Avec des conflits et des négociations très rudes. Je pense que j’avais atteint une limite comme entrepreneur, j’avais besoin d’un partenaire majeur. L’offre de Bell est arrivée. Mais je le dis sans gêne. Je travaille comme avant, comme si c’était mon Grand Prix, comme si j’étais encore propriétaire. Je voue la même passion à mon travail, le même enthousiasme. Je sais que j’ai les coudées franches et que je peux prendre les décisions. 

« Quand j’ai commencé avec Normand Legault, j’étais excité et je me donnais à fond. Ça n’a pas changé. Et puis, ça va faire trois ans qu’on n’a pas présenté un Grand Prix à Montréal. Je suis fébrile. J’ai hâte et je sais que nous allons être à la hauteur », reprend-il. 

LA RÉSILIENCE 

Mais quand même, laisser aller une entreprise qu’on a portée à bout de bras, ça doit serrer le cœur. Sinon les tripes. À un moment donné, faut bien signer les foutus contrats. Et après la dernière signature, c’est fini. Non ? 

« J’ai découvert une chose importante à mon sujet pendant ces années difficiles. J’ai appris que j’étais une personne résiliente. Capable d’encaisser les coups et de continuer. Quand ça brassait trop fort, je me rendais chez Jacques Ménard à sa résidence du lac Écho et il m’écoutait. Il me réconfortait et me rassurait. Il me répétait que j’étais fait fort et que je passerais à travers », se rappelle Dumontier avec une lueur dans les yeux. Fierté ou tristesse, impossible à dire... 

Mais le souvenir doit être encore vivace. L’entretien a eu lieu le vendredi 6 mai. Sans que je pose même la question, Dumontier sourit : « J’y pense. J’ai vendu le Grand Prix il y a exactement un an aujourd’hui. Le 6 mai 2021 ». 

LAFLEUR PLUS QUE VILLENEUVE 

François Dumontier est encore bien jeune. Il a l’âge du Grand Prix du Canada. 55 ans. Il avait donc 15 ans quand Gilles Villeneuve s’est tué à Zolder. Il s’en souvient ? 

« Oui, bien sûr. Mais je n’étais pas dans le sport automobile. Mon idole, c’était Guy Lafleur. Mais par la suite, j’ai réalisé tout ce qu’avait fait Gilles pour le sport automobile. Pas juste à Montréal, dans tout le monde. Puis il ne faut pas oublier qu’il nous a donné un fils, Jacques, qui a réalisé, lui, le rêve de son père. Il est devenu champion du monde. Il y a une succession qui ne peut être oubliée. C’est émouvant », confie Dumontier. 

Il dit ces mots alors qu’il se prépare à quitter la climatisation pour la fournaise. Il fait près de 38 °C à Miami. Dans six semaines, il devrait faire bon et juste bien chaud à l’île Notre-Dame. Il a une boutade : « Ça va être moins chaud chez nous. On revient à la maison après trois ans. Je suis aussi excité qu’à mon premier Grand Prix ». 

Nous autres aussi... 

 

Valérie Plante à Miami 

François Dumontier tout souriant devant la  « fausse marina » aménagée en bordure du circuit du GP de Miami.
Photo courtoisie, Sandrine Garneau
François Dumontier tout souriant devant la « fausse marina » aménagée en bordure du circuit du GP de Miami.

Valérie Plante a passé quelques jours à Miami pour participer à des discussions sur le transport collectif et sur la densification urbaine. 

Avant Miami, la mairesse était d’accord avec le projet du REM. C’est ce qu’elle aurait fait savoir aux dirigeants de la Caisse de dépôt. En tous les cas, c’est ce que le président a déclaré.  

Après Miami, après son retour à Montréal, elle avait viré sa veste de bord et flushait le projet.  

Qu’est-ce qu’il s’est dit lors de ces rencontres ? Qu’a-t-elle vu à Miami ? 

Vous pouvez avoir une idée en lisant une entrevue accordée par la mairesse souriante à Denise Dumont dans Le Soleil de la Floride.  

Pour résumer vite, deux mots : Nikita Khrouchtchev.  

Khrouchtchev, pas Kucherov.  

DANS LE CALEPIN

Ça fait drôle de rencontrer un conseiller financier de Laval à la tête de la Canada-Florida Chamber of Commerce. Mais il s’appelle Éric P. Tremblay. Et le P doit être pour Tremblay Picotté. Moi, c’est Tremblay Cornette.  

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