/opinion/blogs/columnists
Navigation

Fin de l’école à 3 vitesses: un plan historique?

Visite de la Polyvalente de Black Lake pour le classement des ec
Photo d’archives

Coup d'oeil sur cet article

Le 19 avril dernier, un collectif de signataires publiait une lettre intitulée «Et si on en profitait pour vraiment réinventer l’école». Ce clin d’œil au livre du ministre de l’Éducation mettait la table en prévision de la sortie d’un plan visant à assurer l’égalité des chances en éducation.

Ce matin, École ensemble a enfin dévoilé son Plan pour un réseau scolaire commun. Un projet ambitieux et innovant pour réinventer le réseau scolaire et mettre fin à l’école à trois vitesses. Selon Guy Rocher, il s’agit du «projet le plus cohérent pour revenir à l'intention du rapport Parent et enfin régler le problème». 

C'est aussi ce que je crois depuis ma première lecture du document, il y a de cela plus d’un an.

Casse-tête

École ensemble existe depuis 2017. Avant la pandémie, le mouvement a mis sur la table toute l'information ramassée depuis son lancement. L’objectif était d’arriver à bâtir un projet pragmatique démontrant qu’il est possible de mettre fin à la concurrence en éducation.

Bien conscient de la complexité du problème à résoudre, Stéphane Vigneault, coordonnateur d’École ensemble, sait depuis longtemps qu’inventer un nouvel équilibre politique en éducation afin de favoriser le bien commun n’est pas une mince affaire.

Dans un texte publié en 2021, mais dont la réflexion remonte à 2020, il démontrait qu’il ne «sera pas simple de démonter une si grosse structure ségrégative pour la remonter en un tout cohérent, équitable et politiquement attrayant».

Toujours dans ce texte, il présentait les sept morceaux importants du casse-tête de la déségrégation scolaire. Son constat était limpide: «Quand on déplace un seul morceau du casse-tête, il faut trouver une nouvelle place pour tous les autres. L’étendue de la tâche peut rebuter, mais le défi est incontournable pour tous ceux et celles qui, au Québec, croient en l’existence du bien commun. En considérant l’ensemble de la situation, nous faisons le pari que des solutions nouvelles apparaîtront.»

Aujourd’hui, en lisant le Plan pour un réseau scolaire commun, École ensemble nous prouve qu’elle a gagné son pari.

Place au débat

Au printemps 2021, j’ai reçu une version provisoire du Plan. À la demande de Stéphane Vigneault, j’ai lu et commenté (comme plusieurs autres acteurs du système de l’éducation) les solutions envisagées. Lors de la dernière année, j’ai suivi l’évolution de ce dossier. 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le mouvement a fait ses devoirs sérieusement lors de l’élaboration de ses propositions. Ce n’est pas parfait (ça ne le sera jamais), mais c’est solide. En ce qui me concerne, c'est la première proposition sérieuse et possible sur laquelle on pourra vraiment débattre. Et ça, c'est indispensable.

Est-ce que le Québec arrivera à créer un système d’éducation équitable en mettant fin à la discrimination scolaire causée par les réseaux privés subventionnés et publics sélectifs?

École ensemble a fait un travail colossal, important, motivant et, qui sait... peut-être historique.

Reste à savoir s’il fera trembler les colonnes du temple.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.