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Pour succéder à Pierre Arcand: une candidate opposée aux sujets nationalistes «qui divisent»

Pour succéder à Pierre Arcand: une candidate opposée aux sujets nationalistes «qui divisent»
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La candidate libérale qui succédera à Pierre Arcand dans Mont-Royal n’a pas tardé à sauter dans la mêlée : Michelle Setlakwe a dénoncé d’entrée de jeu l’interdiction de signes religieux et la réforme de la loi 101 initiées par le gouvernement Legault.

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La cheffe libérale Dominique Anglade a présenté Mme Setlakwe lundi matin, vingt-quatre heures après l’annonce du départ de Pierre Arcand, un des piliers du Parti libéral du Québec, élu dans Mont-Royal depuis 2007.  

Avocate de formation ayant travaillé chez Norton Rose, Michelle Setlakwe sera donc candidate dans ce château-fort libéral pour les élections de l’automne prochain.  

Dans son allocution d’ouverture, la nouvelle candidate a clairement fait comprendre que les politiques du gouvernement Legault ont motivé son saut en politique.  

«À mon sens, les sujets à saveur nationaliste, identitaire, qui nous divisent, ne devraient pas occuper autant de place dans le débat public», a-t-elle lancé.  

Selon la candidate, l’énergie des élus serait mieux utilisée pour «créer de la richesse partout au Québec, tout en protégeant l’environnement». 

«Cela nous permettra de bonifier et moderniser nos infrastructures et programmes afin de pouvoir être mieux préparés à faire face à ce que l’avenir nous réserve », dit-elle.  

Michelle Setlakwe estime que la Loi sur la laïcité de l’État et la réforme en cours de la loi 101 «vont trop loin, briment les libertés individuelles de certaines communautés, de certains de nos concitoyens». Elle dénonce également l’usage de la clause dérogatoire dans les deux cas.  

Quotas

Dans la révision de la loi 101, Mme Setlakwe déplore notamment «les quotas» imposés aux cégeps anglophones, qui limiteront le nombre total d’élèves admis.  

Elle-même parfaitement bilingue, la candidate estime que les jeunes Québécois bénéficieraient d’apprendre plusieurs langues. 

«De descendance arménienne et canadienne-française», dixit le communiqué de presse, Michelle Setlakwe a fait son primaire en anglais, avant de poursuivre son secondaire et ses études supérieures en français.  

«Je pense qu’on devrait protéger la langue française, mais je n’ai pas peur du bilinguisme», a-t-elle déclaré. Pourtant, sa nouvelle cheffe a récemment déclaré que le bilinguisme proposé par les deux nouvelles formations anglophones est une position extrémiste.   

Malgré tout, pressée de questions, Mme Setlakwe reconnaît que le français recule au Québec. 

«La langue française, elle doit être protégée, je l’ai mentionné dans mon allocution. Oui, il y a un recul, effectivement. Il faut protéger le français. Le français, on le reconnaît tous, qu’il doit être protégé et qu’il est à risque», dit-elle, tout en plaidant pour un «équilibre».  

Native de Thetford Mines, Michelle Setlakwe vit à Mont-Royal depuis une trentaine d’années. Elle est la conjointe de Michael Fortier, ex-ministre conservateur sous Stephen Harper et actuel dirigeant de la Banque Royale du Canada.    

  • Écoutez la rencontre Lefebvre-Leclerc au micro de Geneviève Pettersen sur QUB radio:   

«Revenez au bercail»

Clairement, la chute dans les sondages et la création des partis Mouvement Québec et Parti canadien du Québec en réaction à une insatisfaction face au PLQ, forcent Dominique Anglade à multiplier les efforts pour récupérer des appuis, même dans des communautés autrefois acquises.  

Mme Anglade a réitéré, lundi, que sa formation votera contre la réforme de la loi 101, malgré le virage nationaliste de sa formation et des modifications apportés à la demande des libéraux pour permettre aux ayants-droits de suivre trois cours de français langue seconde dans les cégeps anglophones.  

La formation libérale dénonce trois éléments de la pièce législative : l’ingérence dans le système de justice, le gel du nombre d’élèves imposé aux cégeps anglophones et «les fouilles sans mandats» permises à l’OQLF.  

Dominique Anglade multipliera également les sorties sur le terrain, avec une formule dite de «Town hall», où elle ira à la rencontre des électeurs. 

Le premier événement se tiendra le 29 mai, au collège Dawson, devenu un symbole des contraintes imposées à la communauté anglophone, avec l’annulation d’un important agrandissement ordonnée par le gouvernement Legault.  

D’autres événements sont ensuite prévus à Orford, Gatineau et Abitibi-Est.  

Lundi, Michelle Setlakwe a été questionnée sur la grogne qui a poussé la formation de nouveaux partis anglophones, notamment avec l’annulation de l’agrandissement du collège Dawson. 

«Je suis libérale depuis toujours. Je me présente, je vais au front. Et le message que j’ai pour tous les libéraux c’est : revenez au bercail, faites-vous entendre», a-t-elle.  

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