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Sa garde partagée non reconnue au Costa Rica, il est privé de ses enfants depuis deux ans

Un Québécois vivant au Costa Rica soutient être dépossédé de ses droits de père malgré le jugement obtenu ici

Père Costa Rica
Photo courtoisie Maxime vit chaque jour dans l’espoir de revoir ses enfants dont il est séparé depuis près de deux ans.

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Un père de famille québécois qui vit au Costa Rica soutient être privé de justice dans ce pays d’Amérique centrale, alors que son ex-conjointe qui y vit aussi l’empêcherait de voir leurs deux enfants depuis près de deux ans.  

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Maxime (prénom fictif dans le but de protéger l’identité des deux enfants) n’a pas vu ses deux garçons — qui sont d’âge mineur — depuis juillet 2020. Il accepte de partager son histoire, afin d’éviter ce triste sort à d’autres parents.  

Il y a plusieurs années, alors que les deux parents formaient encore un couple, ils ont décidé d’aller vivre au Costa Rica en famille et d’y passer la majeure partie du temps.  

Ils se sont séparés en 2017 et ont exécuté le jugement au Québec, ordonnant notamment une garde partagée. Ils sont, par la suite, retournés vivre séparément au Costa Rica, mais le jugement québécois n’est pas appliqué, précisent le père et son avocat, Me Justin Roberge, spécialisé en droit familial à l’international.

Cette situation s’explique notamment parce que ce jugement n’est pas reconnu au Costa Rica.  

En juillet 2020, alors qu’il devait récupérer ses fils pour sa semaine de garde, la mère a refusé de les laisser partir. Le père indique — preuves à l’appui — que la mère a fait plusieurs allégations en cour au Costa Rica contre lui, mais qu’elles ont toutes été invalidées. 

Malgré tout, il lui est toujours impossible de faire valoir ses droits de garde. Après une intervention du père auprès d’un juge du Costa Rica — alors qu’il n’avait pas vu ses enfants depuis un an —, ce dernier a rencontré la mère et les petits.

Les deux enfants ont mentionné ne pas être à l’aise de le revoir. Le juge leur a fait remplir et signer une déclaration allant en ce sens. Ce qui a ruiné à court terme les espoirs du père de renouer avec ses petits. 

«Tout ça s’est fait sans expertise, sans avocats», déplore Me Roberge, qui considère cette façon de faire plus que douteuse. 

Démarches

L’avocat souhaiterait rétablir des contacts à court terme — pour le moment virtuels — entre le père et les enfants. «Jusqu’à maintenant, la mère ne veut rien savoir et n’est pas parlable», ajoute Me Roberge. 

Maxime est convaincu que ses enfants ont été exposés à de l’aliénation parentale.

Malgré leur mésentente, le père n’aurait jamais cru que la mère puisse lui «arracher» ses enfants. 

«Jamais [j’aurais cru]. Elle enseigne totalement le contraire [dans son travail], fait-il valoir. La relation avec mes fils était super! Des enfants ne pourraient pas souhaiter mieux».  

Depuis, l’homme dit «survivre» chaque jour à cette lourde absence et se réconforte par un album photo de ses fils. «Je suis démoli, détruit, vide de cet amour ! Chaque jour, je dois puiser au plus profond de moi pour arriver à dormir et passer au travers de mes journées», laisse-t-il tomber.  

Une histoire «épouvantable»  

L’avocat du père de famille qualifie l’histoire de son client «d’épouvantable». Il précise que le lieu de résidence des enfants détermine le pays de juridiction, soit le Costa Rica dans le présent dossier. Il compte faire la démonstration que son client y est privé de justice et que la cause doit être entendue ici.  

Il remet en doute plusieurs manœuvres du système de justice là-bas. Pour l’heure, le dossier est sur la glace le temps d’amasser tout ce qui est nécessaire pour se faire entendre.  

Le Journal a contacté la mère ainsi que son avocate, mais elles ont refusé nos demandes d’entrevue.   

Vivre en famille à l’étranger exige des précautions  

Partir vivre à l’étranger en famille peut être une belle aventure, mais il est nécessaire de prendre des dispositions légales avant de partir, si l’on veut éviter des situations déchirantes comme celle de Maxime (voir autre texte), avertit un avocat spécialisé.

L’histoire de Maxime n’est pas commune, mais pas unique non plus, indique Me Daniel Romano, spécialisé en droit familial international.

Sans vouloir commenter directement le dossier, il admet que des parents peuvent être privés de justice et démunis de recours.  

«Il y a des situations qui sont assez aberrantes. Et surprenantes. Ça arrive ici aussi, mais beaucoup plus souvent dans d’autres juridictions», observe Me Romano. 

L’avocat estime que le droit familial international prendra de l’ampleur, comme il y a de plus en plus de familles qui choisissent de partir à l’étranger à long terme. Il devient alors important de prendre des dispositions légales avant le départ. 

«Quand les gens choisissent un pays où ils désirent aller, ils pourraient aussi s’informer du système juridique, outre le climat et le système politique», fait valoir Me Romano.

Un autre point important est d’établir le lieu de résidence des enfants, car c’est cet élément qui détermine la plupart du temps le pays de juridiction. 

«Ils doivent déterminer que le déménagement est temporaire et qu’ils gardent domicile au Québec», précise l’avocat.  

Il indique que le système de justice d’autres pays peut être très différent de celui au Québec et, ainsi, rendre difficile la défense de ses droits.  

«Ici, les décisions tendent autant que possible à ne pas démunir l’un des deux parents», explique Me Romano. 

Enfants en otage

Malheureusement, dans plusieurs de ce type de dossiers, Me Romano observe que les enfants servent souvent de monnaie d’échange et sont exposés à l’aliénation parentale, «qui est une forme de diffamation». 

«Tout bénéfice qu’un parent veut obtenir en jouant ce jeu serait dommageable pour l’enfant, insiste-t-il. Et peu importe le niveau de haine, les parents doivent se rappeler que leur enfant a seulement deux parents. Vouloir les priver de leur relation avec l’autre les prive de quelque chose d’irremplaçable et qui ne s’achète pas», termine-t-il. 

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