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Tramway: fortes inquiétudes des commerçants de Cartier sur la rue partagée

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Plusieurs commerçants du secteur Cartier ont manifesté mardi leurs inquiétudes face à l'aménagement d'une rue partagée dans leur quartier pour laisser passer le tramway.

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Le porte-parole des commerçants, Marc-Antoine Muñoz, propriétaire du restaurant La Scala, sur René-Lévesque, estime qu'à 4 G$, le projet devrait être «plus fonctionnel». «Ce dont on a peur, c'est qu'on ne puisse plus faire de livraison, que les camions ne puissent plus arriver. Il y a toutes sortes de détails.»

Le commerçant assure qu'il n'est pas contre le tramway. Mais il veut que le projet soit mieux pensé et il souhaite conserver les acquis qu'il a. Mardi, il était accompagné d'une douzaine de commerçants qui s'inquiètent comme lui. Il a d'ailleurs pris son bâton de pèlerin au cours des derniers jours et consulté une trentaine de marchands, qui sont tous contre le projet tel que présenté, sauf un, a-t-il assuré. 

Entrevue avec Marc Antoine Muñoz du restaurant La Scala, commerçants de Cartier qui déplore le manque d'information sur le tramway et la rue partagée que la Ville veut implanter a Quebec, mardi le 10 mai 2022.
Photo Stevens Leblanc
Entrevue avec Marc Antoine Muñoz du restaurant La Scala, commerçants de Cartier qui déplore le manque d'information sur le tramway et la rue partagée que la Ville veut implanter a Quebec, mardi le 10 mai 2022.

Étroitesse

Ce qui les fait sourciller, c'est la voie partagée de 500 mètres sur René-Lévesque, qui laissera la place aux piétons, aux cyclistes et aux automobilistes seulement à basse vitesse et pour circulation locale. Pour eux, il n'y a pas de place sur leur étroite artère pour permettre en plus l'arrêt de camions pour les livraisons. 

La Ville répond que des espaces de débarcadère sont prévus à cette fin. Mais cela ne convainc pas les propriétaires. Ils affirment, ruban à mesurer à l'appui, que la circulation sera bloquée, ce que dément la Ville. 

«Les faibles débits de circulation dans les voies partagées rendent possible l’immobilisation temporaire des véhicules pour effectuer des livraisons. Dans les zones de débarcadère identifiées, il sera possible d’y immobiliser un véhicule de livraison tout en libérant un espace suffisant pour que les autres usagers circulent (piétons, cyclistes, automobilistes)», a précisé le porte-parole de la Ville, David O'Brien.

Les commerçants s'inquiètent aussi de la sécurité des piétons et des cyclistes qui circuleront sur la même voie que les autos, même si ces dernières devront réduire leur vitesse. 

Photo Stevens Leblanc

Pas consultés

Les gens d'affaires disent ne pas avoir été informés et ne pas avoir été mis au courant des séances de consultations menées par la Ville au cours des dernières semaines. «On trouve qu'on a un grand manque d'information. Ça s'est fait dernière minute, un peu en catimini», exprime M. Muñoz, qui rappelle que la pandémie et la pénurie de main-d'oeuvre ont tenu les commerçants «très occupés» dans les derniers mois.

Certains réclament une consultation plus formelle, comme un référendum. C'est le cas de Kim Colonna, propriétaire de Petits Creux, sur Cartier. 

Entrevue avec Kim Colonna propriétaire de Petit Creux, commerçants de Cartier qui déplore le manque d'information sur le tramway et la rue partagée que la Ville veut implanter a Quebec, mardi le 10 mai 2022. 
STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI)
Photo Stevens Leblanc
Entrevue avec Kim Colonna propriétaire de Petit Creux, commerçants de Cartier qui déplore le manque d'information sur le tramway et la rue partagée que la Ville veut implanter a Quebec, mardi le 10 mai 2022. STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI)

«On nous l'a imposé. Je pense que si on faisait un référendum, le projet ne passerait pas. [...] Je n'appuie pas le projet sous sa forme actuelle. Je pense qu'on a besoin d'un projet de transport en commun, mais ça passe par une autre forme», a-t-il mentionné, soulignant les bienfaits d'un métro.

Scinder en deux

De son côté, François Blais, du Bistro B, est inquiet pour la vitalité du secteur d'affaires Cartier. «Le transport en commun est nécessaire, mais je doute qu'un tramway soit une nécessité pour la Ville de Québec. Mais ce qui inquiète surtout les commerçants, c'est que le tramway va être en surface, va scinder notre secteur d'affaires en deux et il va y avoir des défis de stationnement et des enjeux de sécurité et de déneigement. Tant qu'à faire un projet, on peut prendre un peu plus de temps et bien y réfléchir.»

Entrevue avec Francois Blais du restaurant Bistro B, commerçants de Cartier qui déplore le manque d'information sur le tramway et la rue partagée que la Ville veut implanter a Quebec, mardi le 10 mai 2022. 
STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI)
Photo Stevens Leblanc
Entrevue avec Francois Blais du restaurant Bistro B, commerçants de Cartier qui déplore le manque d'information sur le tramway et la rue partagée que la Ville veut implanter a Quebec, mardi le 10 mai 2022. STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI)

La Société de développement commercial (SDC) de Montcalm doit tenir une assemblée spéciale à ce sujet au cours des prochaines semaines. Les marchands inquiets s'attendent à ce que la SDC répercute leurs préoccupations.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, a insisté pour dire que les consultations «sont loin d'être terminées». 

«Nous nous réjouissons de voir des résidents s’impliquer dans les réflexions pour une meilleure intégration du tramway dans le quartier. Nous sommes persuadés que malgré les interrogations, le tramway sera bénéfique pour les commerçants du secteur par le développement et son attractivité. On invite tous les commerçants à poser leurs questions et à assister aux rencontres qui leur sont dédiées», a-t-il affirmé dans une déclaration transmise au Journal.

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