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Apprendre du tramway de Bordeaux

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Les réticences à l’égard du tramway de Québec ne surprennent « pas du tout » Alain Juppé, seul maire de France à avoir été réélu après l’implantation d’un tel projet au début des années 2000.

« Je crois que le principal ennemi (d’un projet comme le tramway), c’est l’ignorance des gens qui se disent : mais qu’est-ce qui nous arrive, qu’est-ce qui va se passer et combien de temps ça va durer », expose celui qui fut maire de Bordeaux de 1995 à 2004 et de 2006 à 2019.

M. Juppé et son administration avaient fait le choix du tramway pour son côté écologique, sa puissance, sa capacité, sa technologie moderne, et sa régularité. 

Lui aussi a vécu des vagues d’opposition de toutes sortes, a-t-il raconté lors d’un entretien téléphonique avec Le Journal

Premier conseil

L’ancien élu a pu faire part de ses conseils au maire Bruno Marchand cet hiver. Le principal : faire en priorité ce « gros travail de préparation, d’information et de pédagogie », avant et pendant les travaux, avec des médiateurs sur place. « Sinon, les gens s’interrogent et se font des tas de montagnes de difficultés qui n’ont pas lieu. Et une fois que c’est fait, le succès est au rendez-vous. » 

Même lors de l’implantation de la quatrième ligne, plus récente, M. Juppé a dû affronter beaucoup d’opposition. Les gens avaient été échaudés par les travaux. Encore là, il a misé sur l’information et la communication. 

« Et ce qu’il y a d’extraordinaire, à chaque fois que j’y vais, tout le monde me dit : comme c’est formidable, quelle réussite, ç’a changé le quartier, on est contents, ça facilite beaucoup notre vie quotidienne. »

Commerçants inquiets

Ces jours-ci, à Québec, on assiste par exemple à une levée de boucliers de la part des commerçants de Montcalm. Ces derniers s’inquiètent de la rue partagée sur René-Lévesque et de son impact sur la livraison. 

À Bordeaux, « il y a eu aussi beaucoup de réticences des commerçants, qui pensaient que faire passer le tramway dans une rue, c’était très mauvais pour leur activité commerciale et que ça allait dissuader les clients de venir », relate M. Juppé.

La seule façon de s’en tirer, insiste ce dernier, tient dans la concertation. Québec aurait aussi tout avantage à s’inspirer de sa jumelle pour l’implantation d’un forum d’associations. En y réunissant les porte-parole des gens d’affaires, du tourisme, d’organismes, de résidents et autres, on optimise la communication.

À Bordeaux, on a aussi indemnisé les commerçants pendant les travaux, en fonction de la baisse du chiffre d’affaires.  

Après avoir complété l’essentiel de son réseau, Bordeaux se tourne désormais vers l’ajout d’autobus électriques à haut niveau de service. L’objectif principal, qui consistait à réduire le poids de la circulation automobile, a été relevé. 

« Ç’a été très compliqué, relate M. Juppé. Il y a toujours ce décalage entre la première réaction, qui est négative, et après quand on a mis le mouvement en marche, il y a une assez forte adhésion parce que ça fonctionne. [...] Les gens (à Bordeaux) n’imaginent pas la ville sans tramway, aujourd’hui. »

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