/finance/business
Navigation

Bonis dans les sociétés d’État: Québec n’a pas l’intention de toucher aux hauts dirigeants

Charles Émond
Photo Chantal Poirier Le PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Charles Emond

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre François Legault ne semble pas avoir l’intention de toucher aux bonis des hauts dirigeants, mais concède qu’il y a trop de primes à la performance qui se distribuent chaque année dans les sociétés d’État.

• À lire aussi: L’éternelle foire aux bonis

• À lire aussi: Un PDG ou un ti-coune?

• À lire aussi: J’en ai marre des primes de rendement

«La rémunération au total doit être compétitive avec l’entreprise privée», a répondu M. Legault, au chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. «Dans certains cas, c’est une bonne chose d’avoir des bonis quand on met au défi de mesurer la performance d’un haut dirigeant.»

Mercredi, le versement de la rémunération variable aux cadres et employés des entreprises de l’État a de nouveau été débattu à l’Assemblée nationale.

La semaine dernière, M. Legault avait défendu le salaire de 6,3 M$ avec primes versées au PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Charles Emond.

Ces dernières semaines, le versement en bonis pour 30,62 M$ chez Hydro-Québec avait fait couler de l’encre dans les médias, tout comme les 4 à 5 M$ chez Loto-Québec et les quelque 9 M$ à la Société des alcools du Québec.

Dans la loi

Mercredi, Québec solidaire a proposé dans le cadre de l’étude détaillée du projet de loi 4 renforçant la gouvernance des sociétés d’État et modifiant d’autres dispositions législatives d’interdire les bonis pour les membres «du conseil d’administration, les dirigeants et le personnel d’encadrement», et d’instaurer un plafond salarial en fonction de la rémunération la plus faible.

Le ministre des Finances, Eric Girard, a fermé la porte à l’idée de mettre fin aux primes, précisant que le projet de loi ne «contient pas de disposition sur le contrôle de la rémunération des hauts dirigeants».

M. Girard a aussi mentionné ne pas être d’accord avec l’idée d’abolir la rémunération variable pour tous les hauts dirigeants.

La demande d’amendement de Québec solidaire a été rejetée.

Le projet de loi 4 devrait également permettre au gouvernement de rémunérer et de couvrir les dépenses de tous les membres des conseils d’administration des sociétés d’État. Jusqu’à présent, seuls les administrateurs des entreprises du gouvernement à vocation commerciale y avaient accès.

Changement de discours

En 2015, le discours de la CAQ, alors qu’elle était dans l’opposition, n’était pas le même au sujet des primes. M. Legault trouvait «scandalisant» le versement de 22 M$ en bonis chez Hydro-Québec.

Pour sa part, François Bonnardel, aujourd’hui ministre des Transports, soutenait que c’était «un non-sens» de verser des bonis à une société d’État qui a un monopole comme la SAQ.

Mercredi, le premier ministre Legault a réitéré qu’il souhaitait réduire le nombre de salariés qui ont accès aux bonis. Il a précisé que ce changement ne pouvait toutefois pas s’effectuer rapidement puisque certains travailleurs ont des contrats incluant une rémunération variable.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.