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Loto-Québec ne doit plus être «Gagnant à vie»

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Photo d'archives, Agence QMI

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Le Québec ayant une appréciation toute particulière – et inquiétante – des monopoles d’État, personne n’a été surpris d’apprendre en milieu de semaine que le ministre des Finances, Éric Girard, voyait d’un mauvais œil les changements dans la réglementation des jeux en ligne de casino et de paris sportifs en Ontario. La province voisine autorise désormais les sites de jeux en ligne privés.  

Plutôt que de laisser les consommateurs choisir la plateforme qui les intéresse pour jouer, le ministre se braque et vocifère que ce sont des plateformes illégales, souhaitant assurer la pérennité de la situation monopolistique. Plus de cinquante ans après la mise sur pied de Loto-Québec, il est temps d’aborder l’aspect de la libéralisation du secteur des jeux, qui permettrait un plus grand choix pour les joueurs. N’en déplaise à M. Girard, le caractère archaïque de la situation québécoise ne laisse aucun doute quant à la nécessité d’emboîter le pas à l’Ontario et de cesser d’interdire les sites de jeux en ligne privés. Les nouvelles mesures mises de l’avant en Ontario rendent entre autres légaux les sites de jeux en ligne détenus par la sphère privée, ce qui constitue un pas dans la bonne direction.   

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Gaspillage de deniers publics 

De son côté, Québec a plutôt la volonté d’attirer davantage de joueurs pour maximiser ses ventes. Loto-Québec investit annuellement des sommes extravagantes en publicité. À titre d’exemple, pour le deuxième trimestre de 2019 seulement, près de 9 millions de dollars ont été dépensés à même les fonds publics pour attirer la clientèle. Ces dépenses de deniers publics posent de sérieuses questions sur la raison d’être du monopole de Loto-Québec.  

Cette situation est des plus ironiques et contradictoires : le gouvernement paye des millions de dollars pour faire jouer davantage la population, en même temps qu’il tente d’aider ceux qui ont développé des dépendances... qu’il a lui-même contribué à créer. Disons que nous ne sommes pas très loin d’un cas de pompier pyromane...  

L’évaporation de l’argent collecté auprès des Québécois par les taxes ne s’arrête pas là : elle s’effectue aussi par le versement de bonis aux employés d’un monopole d’État, qui par définition n’a aucune concurrence. Ces bonis s’élèveront tout de même à la somme de 4 à 5 millions de dollars. La seule justification à cette distribution de bonis serait la libéralisation du secteur du jeu : il y aurait alors une concurrence dans le marché.  

Or si vous êtes la seule organisation à vendre des billets de loterie, et qu’aucune concurrence n’est légale, comment justifier des bonis liés à la vente? Le gouvernement Legault avance qu’il voudrait « éventuellement » les éliminer. Ce serait une bonne chose, mais il y a loin de la coupe aux lèvres.  

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Gabriel Giguère, Analyste en Politiques Publiques à l'Institut Économique de Montréal sur QUB radio : 

Légaliser les autres sites de jeux 

Plutôt que d’investir des millions de dollars pigés dans les poches des Québécois en publicité, de distribuer des bonis et de s’accrocher bec et ongles à la situation de monopole, le gouvernement devrait légaliser les sites de jeux autres que celui de Loto-Québec pour donner plus de choix à la population.  

Malheureusement, comme le disent les Cowboys fringants dans l’une de leurs populaires chansons : « Mais l’gouvernement s’en balance / Y’s’nourrit à même les gamblers / En exploitant leur dépendance / Un peu comme le f’rait un pusher »...  

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Photo Chantal Poirier

Gabriel Giguère, analyste en politiques publiques, Institut économique de Montréal

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