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La Chine justifie l'arrestation d'un cardinal à Hong Kong

La Chine justifie l'arrestation d'un cardinal à Hong Kong
AFP

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La Chine a justifié jeudi l'arrestation à Hong Kong d'un cardinal catholique âgé de 90 ans en vertu de la loi sur la sécurité nationale, un acte qui a suscité l'indignation de la communauté internationale et accru l'inquiétude quant à l'aggravation de la répression dans le centre financier.  

L'un des plus éminents ecclésiastiques catholiques d'Asie, le prélat à la retraite Joseph Zen, faisait partie d'un groupe de figures du mouvement prodémocratie arrêtées mercredi pour «collusion avec des forces étrangères».

La chanteuse Denise Ho, militante des droits LGBTQ, l'avocate Margaret Ng et l'universitaire Hui Po-keung ont également été interpellés, ce dernier à l'aéroport alors qu'il s'apprêtait à partir pour l'Europe où il avait obtenu un poste universitaire.

«Les personnes concernées sont soupçonnées de conspiration de collusion avec des pays étrangers ou des forces étrangères afin de mettre en danger la sécurité nationale - un acte de nature grave», a déclaré dans un communiqué le Bureau du commissaire, qui représente le ministère des Affaires étrangères de Pékin à Hong Kong. 

Tous les quatre ont été arrêtés pour avoir participé à la gestion d'un fonds aujourd'hui dissous, le «612 Humanitarian Relief Fund», destiné à financer la défense des militants interpellés lors des immenses manifestations prodémocratie qui ont secoué l'ancienne colonie britannique en 2019.

Pékin a mis fin à ce vaste mouvement de contestation et transformé Hong Kong, longtemps considéré comme un bastion de la liberté d'expression, en un territoire sous l'emprise grandissante de la Chine autoritaire.

M. Zen et les trois autres personnalités, tous libérés sous caution mercredi soir, rejoignent plus de 180 Hongkongais arrêtés au nom de la drastique loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en juin 2020.

«Escalade choquante»

Les personnes inculpées ne sont généralement pas libérées sous caution et peuvent être condamnées à la prison à vie.

Plusieurs pays occidentaux ont accusé la Chine de vouloir mettre fin aux libertés qu'elle s'était pourtant engagée à respecter sur le territoire après la rétrocession de l'ex-colonie britannique en 1997.  

Les Etats-Unis ont appelé Pékin «à cesser de viser ceux qui défendent Hong Kong» et le Vatican a dit «suivre l'évolution de la situation avec une extrême attention».

La ministre canadienne des Affaires étrangères a qualifié cette vague d'arrestations de «profondément inquiétante» et le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell a dit sa «grande inquiétude». 

L'organisation de défense des droits Human Rights Watch a dénoncé une «nouvelle déchéance choquante pour Hong Kong».

«Même en considérant que la répression s'est aggravée récemment à Hong Kong, ces arrestations constituent une escalade terrible et choquante», a renchéri Amnesty International.

Le cardinal Zen avait quitté Shanghai après l'arrivée au pouvoir en 1949 des communistes en Chine et était devenu l'évêque de Hong Kong, où vivent quelque 400.000 catholiques.

Il avait notamment critiqué le compromis trouvé entre le Saint Siège et Pékin concernant la nomination des évêques en Chine, et est depuis longtemps connu comme un inlassable défenseur du mouvement prodémocratie.

Ces dernières années, la hiérarchie catholique de Hong Kong, y compris les successeurs de Zen, s'est montrée beaucoup moins virulente à l'égard de Pékin.

«Épée de Damoclès»

Son arrestation a provoqué une onde de choc au sein de la communauté catholique de Hong Kong qui, contrairement à ce qui se passe sur le continent, est libre de pratiquer sa foi sans contrôle de l'État. 

«L'arrestation du cardinal Zen est un coup dur pour l'ensemble de l'Église à Hong Kong, en Chine et dans le monde», a déclaré à l'AFP Franco Mella, 73 ans, missionnaire italien basé à Hong Kong.

«Il est devenu évident qu'il y a une épée de Damoclès au-dessus de Zen et des autres membres de l'église.»

Laura, une laïque en visite dans une église jeudi, a déclaré que les fidèles craignaient que Hong Kong devienne comme la Chine en matière de religion. 

Ta Kung Pao, journal nationaliste dépendant du bureau de liaison de Pékin à Hong Kong, a publié jeudi un article détaillant «six crimes» prétendument commis par le groupe et son fonds de défense.

Il a également fait état d'un don de 1,3 million de dollars hongkongais (158 000 euros) de la part de l'Apple Daily, un journal prodémocratie contraint de fermer l'an passé après le gel de ses avoirs au nom de la loi sur la sécurité.

La plupart des faits présumés mentionnés par Ta Kung Pao se sont produits avant la promulgation de cette loi qui n'est pas censée être rétroactive. 

Le fonds a été démantelé l'an dernier après que la police chargée de la sécurité nationale a réclamé l'accès aux informations concernant ses donateurs et ses bénéficiaires.

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