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Une taxe sur les superprofits des pétrolières?

GEN - ESSENCE A PLUS DE 2.00$
Photo Martin Alarie La barre symbolique des 2,00 $ pour un litre d’essence ordinaire a été franchie presque partout au Québec. Ici, une station Petro-Canada sur le boulevard Cousineau, à Longueuil, il y a quelques jours.

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Notre dépendance au pétrole nous saute au visage ces jours-ci. De la tondeuse à gazon à la voiture à essence, en passant par le bateau de plaisance, l’été s’annonce hors de prix... et, malheureusement, il faudra s’y faire.

Les consommateurs sont loin d’être sortis du bois. Le prévisionniste Daniel McTeague anticipe que le litre d’essence ordinaire dépassera les 2,20 $ d’ici la fin du mois. Comment s’en sortir ? C’est impossible.

Mettre la main sur un véhicule électrique nécessite de 12 à 24 mois de patience. Les bateaux électriques, eux, sont pour l’instant réservés aux multimillionnaires.

Il n’y a pas que les consommateurs qui sont dépendants du pétrole, c’est toute notre économie qui en est profondément accro.

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Superpuissance pétrolière

Les produits pétroliers représentent aujourd’hui plus du quart de toutes les exportations du Canada. Le Canada de Justin Trudeau exporte autant, sinon plus de pétrole, que le Canada de Stephen Harper. Ce n’est pas rien !

En mars dernier, les exportations de pétrole, de gaz naturel et de charbon ont atteint un record mensuel de 17,4 milliards de dollars, selon les données de Statistique Canada publiées la semaine dernière. Les expéditions de produits pétroliers et gaziers ont totalisé environ 150 milliards de dollars au cours des 12 derniers mois, ce qui constitue un autre record.

Même si Justin Trudeau promet depuis huit ans de réduire la pollution pétrolière, et même s’il a nommé Steven Guilbeault au ministère de l’Environnement, l’économie canadienne reste plus que jamais dépendante de la production de pétrole.

Des milliards $ en profits

Depuis un an, Suncor, la maison mère de Petro-Canada, a triplé ses revenus. Au premier trimestre, ils sont passés de 821 millions de dollars à près de 3 milliards $. En Bourse, l’action a offert un rendement de 60 % depuis un an, ce qui n’est pas rien !

Selon un récent rapport de la RBC, les compagnies pétrolières du Canada vont engranger des revenus records de plus de 150 milliards de dollars cette année.

Ailleurs dans le monde, le géant BP vient aussi de réaliser son meilleur trimestre depuis 10 ans, avec des profits de 6 milliards de dollars, en hausse de 53 %. Pendant ce temps, Shell a gagné un peu plus de 9 milliards de dollars.

Tout cet argent, prélevé en bonne partie dans votre portefeuille, ne devrait pas seulement servir à engraisser le compte en banque des actionnaires. Greenpeace suggère qu’une taxe exceptionnelle soit imposée sur les profits des géants pétroliers pour aider les ménages face à l’explosion des prix du carburant.

Si Justin Trudeau a choisi de taxer les superprofits des banques, pourquoi ne pas faire la même chose pour ceux qui pompent le pétrole et nous vendent à prix fous ? 

Aucun gagnant 

Les pétrodollars canadiens devraient aussi permettre à notre industrie de réduire ses émissions polluantes. Malgré les beaux discours, ces émissions ont augmenté de plus de 7 % depuis 2015.

En Europe, la pression est devenue très forte sur les pétrolières. Le groupe TotalEnergies, en France, vient d’annoncer une ristourne de 14 cents le litre dans les stations-service à proximité des autoroutes. Une façon de dire : on s’en met plein les poches, et l’on vous remercie ! 

Les vacances nous coûteront très cher cet été. Et à moins d’avoir investi ses placements dans le secteur du pétrole au cours de la dernière année, la situation actuelle ne fait aucun gagnant. 

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