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Parizeau, Lévesque et Laurin : irremplaçables!

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Pour les souverainistes, les prochains mois s’annoncent difficiles. Les deuils politiques et la nostalgie d’un grand rêve non réalisé seront au rendez-vous. La fierté, malgré tout, aussi. Cœurs sensibles, s’abstenir. 

Cet automne, le Parti Québécois risquera l’extinction aux élections générales dans l’année même où une série de grands événements publics honoreront ses trois figures les plus marquantes : Jacques Parizeau, René Lévesque et Camille Laurin. L’ironie est en effet cruelle.

Ces trois hommes ont longtemps porté le projet d’un nouveau pays, dont seule une minorité rêve encore aujourd’hui. Chacun a aussi façonné un Québec résolument moderne, ambitieux et humaniste. 

Ils ont su rêver grand et agir grand. Trois hommes d’exception. Trois bourreaux de travail, infatigables. Trois esprits brillants, érudits, raffinés, incorruptibles. Passionnés et passionnants. Irremplaçables, quoi. 

Trois hommes d’exception

Jacques Parizeau. Grand bâtisseur du Québec moderne. Pourfendeur acharné de toutes les peurs, à commencer par celle d’exister. Le seul premier ministre ayant réussi à mener les Québécois aux portes de l’indépendance. 

René Lévesque. L’intellectuel hyperactif. L’homme imparfait. Le stratège souvent piégé. Le souverainiste hésitant, mais toujours espérant. Pour son premier mandat (1976-1981), le meilleur premier ministre que nous ayons eu.  

Camille Laurin. Homme de réflexion et d’action. Humaniste. Stratège redoutable. Il fut l’artisan de la Charte de la langue française, adoptée en 1977 sous un torrent d’injures le comparant aux racistes les plus infâmes.

Dans sa version originelle, cette loi, magistrale d’intelligence et de courage, visait pourtant à faire du français non plus la seule langue des anciens Canadiens français, mais aussi de tous ceux et celles qui, toutes origines confondues, choisissent le Québec. Toutes et tous, des Québécois. 

Camille Laurin logeait ainsi aux antipodes même du repli identitaire. Le Québec, il le souhaitait de langue française, accueillant et, ce faisant, de plus en plus diversifié. Un Québec confiant en lui-même et ouvert sur le monde.

À leur mort, ces trois hommes ont nécessairement laissé derrière eux un vide immense. Notre honte aussi, avouons-le, de ne pas les avoir appréciés suffisamment de leur vivant. 

Pour le PQ, l’année s’annonce sombre, mais la lumière viendra d’ailleurs. Elle viendra des nombreuses commémorations les honorant. Enfin à leur hauteur.

Jacques Parizeau aura son monument

Dimanche, à l’Assomption, la Maison Jacques-Parizeau sera inaugurée. Reflet du grand amour méconnu de M. Parizeau pour les arts, elle offrira un lieu privilégié d’hébergement dédié aux créateurs.

Le 1er juin, le monument très attendu de Jacques Parizeau sera érigé officiellement dans les jardins de l’Assemblée nationale. Le Fonds Jacques-Parizeau multipliera aussi les initiatives pérennisant sa mémoire.

Cent ans après la naissance de René Lévesque, de juin 2022 à juin 2023, ce sera l’Année Lévesque. Son président d’honneur est Lucien Bouchard. Pour la programmation, voir le site web de la Fondation René-Lévesque. 

Sous l’égide de la Société des musées du Québec, de septembre 2022 à l’hiver 2024, une grande exposition consacrée au parcours inspirant de Camille Laurin fera aussi le tour du Québec. 

Bien au-delà des options politiques, se remémorer ou découvrir tout ce que ces trois êtres hors norme ont su bâtir contre vents et marées – et nous léguer – vaudra le détour. Pour les jeunes, peut-être encore plus. 

Au fil des commémorations, s’ils se donnent la peine d’explorer l’immen-sité du legs de Jacques Parizeau, René Lévesque et Camille Laurin, leurs horizons en sortiront élargis. Ça, c’est certain. 

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