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Ciné nostalgie: les 40 ans de «Conan le barbare»

Arnold Schwarzenegger Conan le barbare
Photo Universal Pictures

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Pensez ce que vous voulez de «Conan le barbare», mais le long métrage sorti le 14 mai 1982 mettant en vedette Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones et Max von Sydow a été coécrit par... Oliver Stone et a même failli être réalisé par Ridley Scott! 

Ce héros de bande dessinée est né sous la plume de Robert E. Howard en 1932 dans les «pulps», ces magazines à bas prix – car de mauvaise qualité et très populaires – au début du siècle dernier. Ancêtre d’un an de Superman, Conan évolue dans l’âge Hyborien, passé lointain et mythique (pour ne pas dire mystique), et ses aventures sont un festival de brutalité et de «gore». Conan, à qui rien ni personne ne peut résister, n’obéit à aucune règle.

Au milieu des années 1970, le producteur Edward R. Pressman («Wall Street: l'argent ne dort jamais») s’intéresse au Barbare musclé. Il rencontre un inconnu, Arnold Schwarzenegger, après avoir vu le documentaire «Pumping Iron», lui parle du rôle possible et l’embauche aussitôt. Pressman, qui a obtenu un budget de 2,5 millions $US de Paramount pour entamer le projet, vient de visionner «Platoon» et embauche Oliver Stone pour écrire le scénario de son «Conan». Stone envisage alors une immense franchise, s’inspire vaguement de deux épisodes des aventures de Conan, et, époque oblige, y ajoute des mutants. Il fait également se dérouler l’histoire dans un futur lointain et, selon Pressman, livre un premier scénario digne de «L’enfer» de Dante.

Bref, la vision de Stone coûterait au bas mot 40 millions $US et n’est donc pas recevable. Pas grave, le script sert de carte de visite, même si tout le monde est conscient qu’il va falloir le ramener à des dimensions plus modestes.

En parallèle, Pressman cherche un réalisateur. Il vient de voir «Les dents de la mer 2» et pense à confier les rênes de «Conan le barbare» à un duo formé de Joe Alves, réalisateur de la seconde équipe, et d’Oliver Stone puisque le jeune homme ne cache pas son désir de passer derrière la caméra. Jamais à court d’idées, Pressman imagine également Alan Parker («Pink Floyd: The Wall») avant d’aller proposer le poste à Ridley Scott... qui refuse.

Découragé, Pressman s’entretient avec Dino De Laurentiis («Barbarella» ou «King Kong» avec Jessica Lange) pour lui vendre le projet. Le producteur d’origine italienne accepte l’offre en conservant Pressman comme coproducteur. Il va voir les studios Universal, les embarque dans l’aventure... même si le scénario est encore hyper violent, exagéré et donc cher. Mais comment faire baisser les coûts de production? De Laurentiis va alors parler à John Milius, scénariste de «Dirty Harry», afin qu’il retravaille le scénario et qu’il le mette en images. Après quelques atermoiements, ce dernier accepte à la condition expresse de pouvoir modifier considérablement l’histoire imaginée par Olivier Stone.

Un mélange étonnant

Milius, fasciné par l'empire du soleil levant et grand amateur de «Les sept samouraïs», inclut donc une esthétique japonaise, ajoutant également toute la partie sur l’enfance de Conan et sa transformation physique. Son directeur artistique, Ron Cobb («Star Wars» ou «Alien»), complète avec des éléments de la mythologie nordique et, si les deux hommes conservent bon nombre de passages du scénario d’Oliver Stone – dont «l'arbre du malheur» –, ils enlèvent toute référence aux mutants et autres zombies.

Le tournage débute en Espagne en janvier 1981 par la scène dans laquelle Conan se bat contre une meute de loups. Arnold Schwarzenegger travaille comme un fou afin de rendre son accent autrichien moins lourd et ses dialogues compréhensibles, allant jusqu’à répéter ses répliques 40 fois avant les prises. Il lui faut aussi baisser d’un cran son entraînement musculaire – il est culturiste de profession – pour pouvoir manier l’épée correctement – chacune des armes coûte 10 000 $US –, apprendre l’équitation, maîtriser des techniques d’escalade et des cascades de base, comme de savoir tomber ou sauter puisqu’il effectue lui-même ses cascades, la production n’ayant trouvé personne avec un physique similaire capable de le doubler.

Malgré – ou grâce à, l’époque étant celle d’un recul de la qualité des représentations féminines à l’écran – une image dégradante des femmes, «Conan le barbare» est l’une des rares adaptations de «comics» à avoir du succès au box-office, le long métrage engrangeant 79,1 millions $US pour un budget de 20 millions. La carrière cinématographique d’Arnold Schwarzenegger prend son envol, ce premier rôle le suivant même lors de sa carrière politique où il est souvent surnommé «Conan le républicain». Aujourd’hui, et depuis le fiasco du «Conan» de 2011 avec Jason Momoa dans le rôle-titre, le guerrier a pris sa retraite du grand écran, même si des rumeurs d’une série télévisée circulent de temps en temps.

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