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Des agents qui peinent à parler français aux jeunes

Des employés d’un centre jeunesse de Montréal craignent pour la sécurité

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Photo Martin Alarie Construit au début des années 1930, le bâtiment historique du Mont Saint-Antoine était initialement une école de réforme.

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Des employés d’un centre jeunesse de Montréal s’inquiètent du manque de formation et de connaissance du français chez les agents de sécurité qui doivent intervenir auprès des jeunes.

« On a un rôle de grand frère, de modèle, d’accompagnateur, lance un agent dont nous tairons l’identité afin de protéger son emploi. À travers nos tâches, c’est important de parler avec eux, de faire du sport, d’écouter la télé, de créer des liens. C’est plus facile après de désamorcer une situation et d’éviter une intervention physique. »

Depuis un peu plus d’un an, la qualité des agents de sécurité qui sont embauchés au Mont Saint-Antoine, un édifice accueillant des jeunes en difficulté d’adaptation situé sur la rue Sherbrooke Est, laisse à désirer, selon plusieurs employés interrogés par Le Journal. Des difficultés de recrutement seraient au cœur du problème. 

Il s’agit de l’un des rares centres jeunesse du Québec qui n’a pas rapatrié ses agents de sécurité à l’interne. La firme Commissionnaires du Québec détient ainsi le contrat depuis plusieurs années. Un conflit syndical est d’ailleurs en cours depuis plusieurs mois à ce sujet.

Sécurité des jeunes

Difficultés en français, peu d’aisance auprès des jeunes, manque de formation adaptée au type d’emploi, grand taux de roulement : les problématiques sur le terrain s’accumulent, selon le personnel, qui craint pour la sécurité des jeunes. 

« Ici on veut toujours pacifier les jeunes avant d’en venir à une intervention physique, explique un autre agent d’expérience. Ce qu’on voit, depuis un an, c’est des agents qui ne savent pas comment réagir ou qui ne sont même pas capables de communiquer avec les jeunes. »

Il y a un peu plus d’une semaine, un individu est parvenu à entrer à travers une fenêtre non verrouillée dans l’un des sept bâtiments du site au beau milieu de la nuit. En plus de se faire des œufs et du bacon, la personne a bu de la bière, fumé une cigarette et écouté la télévision au rez-de-chaussée, où se trouve l’aire de vie des jeunes. L’agent de sécurité responsable de l’unité était posté à l’étage, où se trouvent les chambres des jeunes, et dit n’avoir rien entendu. 

Figé sur place

Qui plus est, récemment, alors qu’un jeune était en crise, très agité et proférait des menaces de mort à l’endroit d’un intervenant, des agents de sécurité appelés à agir ont simplement figé sur place. 

« Ils ont juste attendu que le jeune se calme tout seul, raconte un éducateur. Ils sont censés être nos filets de sécurité. Des fois, ce sont des jeunes de plus de six pieds qui sont en pleine crise parce qu’on leur annonce des nouvelles bouleversantes. Ça nous prend des renforts, c’est certain. On dirait qu’il n’y a aucun tri qui se fait avant de nous envoyer des gens. »

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui gère le centre, admet connaître des enjeux liés au recrutement, comme c’est le cas dans l’entièreté du réseau de la santé. 

La firme Commissionnaires assure pour sa part n’avoir aucune difficulté à trouver des agents et indique que tous les candidats trouvés répondent aux exigences demandées. 

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