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La grande séduction municipale de QS

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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Pour Québec solidaire, la nouvelle fournée d’élus municipaux est une occasion à ne pas rater, à moins de cinq mois du prochain scrutin.

Aux yeux de QS, voilà enfin un milieu qui semble pouvoir fissurer l’imperium caquiste.

Des maires, Bruno Marchand de Québec au premier chef, ont tenu la dragée haute au premier ministre et à ses ministres, en traitant leurs discours urbains de « populiste », « fallacieux » et « dangereux ».

Des réticences et critiques qui rejoignent un des thèmes centraux de QS : la lutte aux changements climatiques, qui passerait par une nouvelle manière de voir la ville. Les militants qsistes de Québec regretteraient d’avoir tout misé sur Jackie Smith, cheffe de la version municipale de QS, Transition Québec, qui fut élue, mais seule.

Au reste, les discours et griefs des « nouveaux maires » permettent de renforcer la rhétorique de QS selon laquelle la CAQ est « dépassée ».

Dégoulinant

D’où les efforts intenses de grande séduction déployés par Gabriel Nadeau-Dubois, hier, aux assises de l’Union des municipalités du Québec. Une drague dégoulinante en fait !

Par exemple, GND a commencé son discours en révélant qu’on lui demande souvent quel politicien l’inspire.

René Lévesque ? Robert Bourassa ? Pas Maurice Duplessis en tout cas, a-t-il spécifié, en guise de flèche à François Legault. Puis, avec un brin d’ingratitude, il affirma avoir « toujours trouvé curieux qu’en politique, on doive nécessairement trouver notre inspiration dans le passé ». (Tout cela fait penser au fameux slogan révolutionnaire : « Du passé faisons table rase » !)

En fixant la salle peuplée de ces nouvelles élues et de nouveaux élus, le chef qsiste se fit alors flagorneur : « Depuis quelques mois, j’ai trouvé réponse à ma question. Elle se trouve ici dans cette salle : moi, mon inspiration, ce sont les maires et les mairesses qui, ici et maintenant, sont en train de changer le Québec. »

Son discours était empreint d’une sorte de lyrisme et se concluait sur cette note : « Vous méritez un gouvernement qui porte le même espoir, un gouvernement qui parle la même langue que vous. Imaginez tout ce qu’on pourrait faire ensemble. »

PLQ

Jadis, c’est surtout le PLQ qui faisait intensément la cour au monde municipal. Le gouvernement Charest, en 2003, créait les CRE (conférence régionale des élus), qui furent pour lui des antennes précieuses partout au Québec.

Avec le changement de garde dans les villes et villages, QS voit à son tour, dans les élus municipaux, un relais, un point d’appui salutaire ; et une manière de mieux pénétrer dans certaines régions.

Le parti a même recruté, comme candidat, un des fameux nouveaux élus : Philippe Pagé, maire de Saint-Camille, qui portera la couleur orange dans Richmond.

L’effet électoral des mamours au monde municipal n’a toutefois rien de garanti. Le gouvernement Couillard – sans doute pour se faire pardonner d’avoir aboli les CRE – a adopté à fond, dès 2015, le discours du « gouvernement de proximité », du « sur mesure », pas du « mur à mur ». Il a même adopté des lois en ce sens. Sans compter les législations particulières pour la Métropole et la Capitale.

Les gains pour le PLQ ? On les cherche encore.

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