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Simon Boulerice: Souvenirs télé sur fond de « lip-sync » et odeur de Kraft Dinner

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Photo d'archives

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Durant son enfance, Simon Boulerice a « religieusement » regardé la télévision.

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Ses intérêts étaient variés, passant de classiques québécois aux talk-shows et même à la lutte ! Des moments intenses, il en a vécu beaucoup !

Simon, quelles sont les émissions jeunesse qui vous ont marqué ?

Je suis de la génération Passe-Partout. Je me sentais leur complice : j’avais l’impression que le trio de fantaisistes me parlait juste à moi. Je n’aurais jamais cru un jour écrire pour eux ! Sinon, deux autres émissions sont mémorables à mes yeux. Tout d’abord, Iniminimagimo, où on revisitait des contes classiques avec créativité et talent. Avec le recul, je suis convaincu que mon roman Javotte a germé quand j’ai vu leur Cendrillon avec les formidables Louise Lavoie et Christine Séguin. Puis Robin et Stella pour l’amitié et ces placards qui communiaient ensemble entre les deux appartements voisins. J’ai longuement sondé les murs de ma garde-robe ; la déception de n’y avoir découvert aucune porte dérobée m’habite encore !

Quels sont vos plus beaux souvenirs télé liés à l’enfance ?

Assurément, regarder la lutte en famille le week-end, en mangeant du Kraft Dinner. C’était la naissance de mon amour pour le théâtre : je déduisais que tout était scripté et mis en scène. J’aimais la présence hypertrophiée des lutteurs ultra typés (la gestuelle de Hulk Hogan, les cisailles du barbier Brutus Beefcake, les lacets fluo d’Ultimate Warrior...) et, mon dieu, que je les trouvais beaux ! À part le colosse Undertaker qui me terrorisait. Je regardais aussi assidûment Chambres en ville et je vouais un culte au personnage de Lola. Je me sentais intelligent de l’aimer plus qu’Annick, plus douce. J’étais essentiellement fasciné par Anne Dorval.

Y en a-t-il un plus marquant que les autres ?

Mais mon souvenir le plus étonnant, c’est mon amour des talk-shows que je regardais avec ma mère. Celui de Sonia Benezra était mon préféré. Mon moment de grâce absolu : un jour, autour de 1992, Fabienne Thibeault vient chanter Stone à l’émission, mais sa voix est enrouée. Elle doit reprendre le début – a capella ! – à deux reprises avant que le gros maudit chat sorte de sa gorge ! Thibeault demande si c’est en direct. Sonia, désolée, dit « oui ». Et moi qui observe la scène, fasciné par le « blooper live » : « Maman, ça va pas, la madame, hein ? » À ce jour, c’est le plus beau moment de télé de ma vie : la vulnérabilité dans toute sa splendeur.

Y a-t-il un personnage qui vous a influencé ?

Pas un personnage autant que quelqu’un : Karine Vanasse et ses deux formidables « lip-sync » au Club des 100 watts. Illégal de Marjo et Des mots qui sonnent de Céline. Je la trouvais tellement précise et charismatique. Je la jalousais atrocement. Je voulais tellement faire du « lip-sync » dans la vie ! Par conséquent, je considère qu’Ariel Charest vit la vie que j’aurais voulu vivre.

Que pensez-vous de la télé jeunesse d’aujourd’hui ?

Je la trouve plus inclusive que jamais. Et elle se déploie sous toutes ses coutures. La joie que j’aurais eue, moi, par exemple, de voir la drag queen Barbada me faire découvrir des instruments de musique !


La série Géolocaliser l’amour, adaptation du roman à poèmes de Simon Boulerice, est offerte sur ICI Tou.tv Extra où il est aussi possible de regarder la seconde saison de Six degrés, une autre série écrite par l’auteur.

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