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Sommes-nous masochistes?

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Connaissez-vous le concept de « dissonance cognitive » ?

C’est lorsque vos actions ne correspondent pas à vos valeurs. 

Par exemple, un militant écolo qui donne le feu vert à un gros projet pétrolier en pleine mer (toute ressemblance avec un ministre fédéral est une pure coïncidence). 

Ou un médecin qui fume. En sachant en toute connaissance de cause qu’il inhale des produits mortels et met sa santé à risque.

LA FOLIE SELON EINSTEIN

Parfois, je me dis que le peuple québécois au grand complet souffre de dissonance cognitive.

On sait qu’Ottawa ne nous donnera pas de nouveaux pouvoirs (on l’a vu à plusieurs reprises ces dernières semaines).

On sait que la constitution de 1982 (qu’aucun premier ministre du Québec n’a reconnue, soulignons-le) nous empêche de nous gouverner comme nous le voulons. 

On sait que notre poids au sein de la fédération diminue à vue d’œil, affaiblissant notre rapport de force avec Ottawa.

On sait que le Canada n’acceptera jamais des lois comme la timide loi 21 ou « l’encore-plus-timide » loi 96.

On sait que le multiculturalisme canadien voue les Québécois francophones à n’être plus qu’une minorité parmi tant d’autres. 

On sait tout ça.

On a lu les études, les rapports, les graphiques, les projections.

Et on a vu François Legault recevoir des coups de pied au derrière à répétition. 

« Pourrais-je avoir des nouveaux pouvoirs ? 

— Non ! Un coup de pied au derrière ! »

« Pourrais-je avoir des nouveaux pouvoirs ? 

— Non ! Un coup de pied au derrière ! »

On a vu tout ça. 

Mais on veut rester au Canada quand même. 

Comme disait Einstein : « La folie, c’est de toujours faire la même chose en espérant un résultat différent à chaque fois. »

« Voulez-vous vous séparer de notre beau et grand pays ?

— Oh non, on veut rester ! 

— Ça ne change rien, un coup de pied au derrière pareil, au cas où ! »

COMME L’EXPO

Mais comment éviter ces insultes à répétition si nous ne voulons pas partir, alors ?

Patrick Moreau a la solution !

Dans une entrevue qu’il a accordée au Devoir hier, ce professeur au collège Ahuntsic a eu cette réflexion brillante :

« Dès qu’on nous montre la diversité canadienne, il faut qu’on nous montre une femme voilée, un turban, etc. Comme si la seule différence admissible était superficielle. Si les Québécois se contentaient d’être une minorité parmi d’autres, arborant la ceinture fléchée lors de la Saint-Jean, le Canada s’en réjouirait et les tolérerait comme il tolère n’importe quel costume de n’importe quelle minorité ethnique ou religieuse. » 

Voilà, les amis !

Jouons la carte folklorique !

Ils aiment ça, des signes ostentatoires ? Ils vont en avoir !

Sortons les casques en peau de castor, les raquettes, les pipes en plâtre et les manteaux en chat sauvage !

« Où c’qui est mon capot ? » comme chantait Charlebois. 

Et chaque fois que quelqu’un nous posera une question, on répondra avec des métaphores marines !

Comme Vigneault !

« La vie est un grand voyage ! Nous devons larguer les amarres ! »

Etc.

Et n’oublions par les rigodons !

Rigodez, les amis, rigodez !

C’est comme ça que les Canadiens aiment leurs minorités : costumées, souriantes, exotiques, folkloriques !

Transformons notre belle province en Pavillon du Québec, comme à l’Expo !

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