/finance
Navigation

Le pourboire, un petit plus toujours aussi essentiel

Le pourboire demeure une bonification de revenu vitale pour plusieurs, en plus d’être source de motivation

Debbie de Kochendoerffer
Photo Pierre-Paul Poulin Debbie de Kochendoerffer est coiffeuse depuis qu’elle a 22 ans, et le pourboire est toujours aussi important dans la profession.

Coup d'oeil sur cet article

On peut devenir réticent à laisser du pourboire maintenant qu’on ressent plus de pression à le faire en payant tout et rien avec une carte. Mais ceux dont le salaire en dépend en ont toujours autant besoin.

• À lire aussi: Voici le guide du pourboire 2022

• À lire aussi: L’option pourboire envahit les machines

• À lire aussi: Cinq choses à savoir sur le pourboire au Québec

« J’ai l’impression que ça donne la motivation extra de faire la petite attention supplémentaire, de passer la minute supplémentaire avec le client », lance Nicolas Bergeron, serveur et gérant au bistro Tendresse, à Montréal, au sujet du pourboire.

Dans ce resto où tout est végane, les cuisiniers reçoivent 17,5 % de tous les pourboires. Une façon de les motiver eux aussi. 

« Pour nous c’est important, on travaille de très près avec les cuisiniers, on est capable de faire notre travail grâce à eux », précise-t-il.

En plus de 12 ans dans l’industrie, Nicolas Bergeron observe que les cuisiniers touchent de 4 % à 8 % des pourboires, quand ils en touchent tout court. 

Un système qui fonctionne bien

À la fin de la semaine, les cuisiniers du Tendresse peuvent s’attendre à obtenir de 3 à 4 $ l’heure de plus. Les serveurs, eux, font 11,40 $ l’heure avant de calculer le pourboire. 

« Il y aurait moyen de faire sans, mais le prix des assiettes monterait drastiquement. Le système fonctionne bien comme ça, c’est bon pour nous et pour le client », croit-il. 

Car être serveur, « ça reste un métier qui est valorisé à la hauteur des pourboires qu’on touche ». 

Le bistro Tendresse est ouvert le midi et le soir, dans une formule classique. Ce qui n’est pas le cas de tous. 

Important partout

La restauratrice Isabelle Picard, elle, n’est ouverte que pour le lunch, ce qui la pousse à mieux rémunérer ses serveurs, car ils travaillent moins. 

« Pour avoir des employés qui travaillent 3-4 heures par jour, je ne peux pas les payer 11,40 $ l’heure. C’est important pour moi de leur donner un salaire de base plus substantiel », dit la propriétaire du Café Eugene, à Montréal. 

Gisèle Huard (à gauche) fait très attention quand vient le temps de donner du pourboire avec sa carte.
Photo Julien McEvoy
Gisèle Huard (à gauche) fait très attention quand vient le temps de donner du pourboire avec sa carte.

Ils sont payés « au moins » 15 $ l’heure, voire plus, ce à quoi on ajoute les pourboires.

« C’est sûr que pour eux, c’est essentiel, ça bonifie leur salaire », croit-elle.

Quant aux nouveaux terminaux de paiement qui incitent fortement à laisser 18 % ou 20 % de pourboire, il faut faire attention, dit la restauratrice. 

« Il y a l’option “autre”, je l’explique. Ils peuvent laisser ce qu’ils veulent. Avec cette option, ils peuvent mettre eux-mêmes un pourcentage ou un montant », explique-t-elle. 

Payer les dépenses quotidiennes

Il n’y a pas que dans les restaurants et les bars où la tradition veut qu’on laisse du pourboire. C’est aussi le cas chez le coiffeur, par exemple, quoique ce ne soit pas aussi codifié. 

« Les gens nous le laissent encore souvent en douce, dans le tiroir ou en main propre », rigole Debbie de Kochendoerffer, propriétaire du salon Debbie Coiffure à Montréal. 

Sur les sept coiffeurs et coiffeuses que compte son salon, elle estime que le client moyen laisse de 15 % à 20 %. 

« Un bon coiffeur peut faire de 200 $ à 400 $ par semaine, mais ça dépend toujours du prix de la coupe », dit-elle. 

Chez Debbie Coiffure, une coupe femme coûte environ 100 $ et la moitié moins pour les hommes. 

La proprio explique que la plupart de ses employés arrivent à payer leurs dépenses quotidiennes avec les pourboires. 

« Le vin, la bouffe, les lunchs, les cigarettes et ce genre de dépenses », dit-elle. 

Mais que ce soit chez le coiffeur, au restaurant ou ailleurs, il faut toujours rester vigilant au moment de donner du pourboire, rappelle Gisèle Huard, une sympathique retraitée de Montréal. 

« Je sens toujours qu’ils veulent qu’on en donne plus. Je n’aime pas ça », dit-elle. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.