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Tournoi pee-wee: toujours du chemin à faire

Le hockey féminin au Québec traverse de nouveau des moments difficiles

MP Poulin
Photo Stéphane Cadorette Marie-Philip Poulin a pris plaisir à rencontrer ses supporteurs au Centre Vidéotron hier.

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De passage au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, Marie-Philip Poulin, Mélodie Daoust et Ann-Renée Desbiens flottent toujours sur leur nuage olympique. Au-delà des accolades, les trois médaillées d’or constatent cependant que le développement du hockey féminin québécois continue de rencontrer des embûches.

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Marie-Philip Poulin, Ann-Renée Desbiens et Mélodie Daoust ont fièrement exhibé leurs médailles d’or remportées aux derniers Jeux olympiques.
Photo courtoisie tournoi pee-wee, Jonathan Roy
Marie-Philip Poulin, Ann-Renée Desbiens et Mélodie Daoust ont fièrement exhibé leurs médailles d’or remportées aux derniers Jeux olympiques.

Derrière les rayonnants sourires de ces trois grandes dames du hockey, l’amertume était palpable et le ton préoccupé. 

Il y a d’abord eu le rapport du comité sur la relance du hockey qui a sonné l’alarme. Selon les statistiques énoncées, même si la population ontarienne n’est que 1,7 fois supérieure à celle du Québec, il y a huit fois plus de joueuses inscrites au hockey.

Pour donner du plomb dans l’aile à l’essor du hockey féminin au Québec, rien de tel que la tuile annoncée cette semaine avec la fermeture du programme au cégep Saint-Laurent. Constatant le tollé, l’institution a par après rectifié le tir en parlant d’une « pause », mais la nouvelle demeure troublante.

« À chaque fois qu’on pense qu’on fait un pas en avant, on se rend compte qu’on en fait deux en arrière », a bien résumé la gardienne Ann-Renée Desbiens, hier, avant une séance d’autographes courue (voir autre texte plus bas).

Travail à faire

La grande vedette de l’équipe nationale, Marie-Philip Poulin, n’a pas non plus caché sa frustration.

« C’est très malheureux », a-t-elle déploré. On voit une fois de plus qu’il y a encore beaucoup de travail à faire du côté féminin, que ce soit dans n’importe quel aspect. De voir ça arriver encore aujourd’hui, c’est vraiment dommage. 

« Il va falloir qu’il y ait quelque chose en place pour ramener ce programme. Saint-Laurent a connu plusieurs années de succès, et c’est triste. Caroline (Ouellette) a joué là, plus jeune, comme plusieurs femmes. J’espère qu’il y aura quelque chose en place », a-t-elle souhaité. 

Mélodie Daoust semblait aussi sous le choc.

« Saint-Laurent a toujours été un programme prestigieux, avec de bonnes entraîneuses et de bonnes joueuses qui ont gradué de là-bas. C’est une autre nouvelle dommageable pour le hockey féminin. Ce sont les dirigeants qui font en sorte que ça ne marchera pas. On ne peut pas s’empêcher d’être frustrées par cette nouvelle parce que ça aurait pu être un tournant plus positif », a-t-elle pesté.

L’avenue professionnelle

Pendant que le sport en bave à la base de la pyramide, les meilleures joueuses au pays continuent de travailler dans l’ombre pour mettre sur pied une ligue professionnelle qui verrait le jour en janvier 2023. 

« On a créé l’Association des joueuses pour réunir toutes les meilleures joueuses dans le même mouvement, pour avoir une ligue éventuellement. On a les bonnes personnes derrière nous, il faut leur faire confiance et être patientes. Ça prend du temps, mais toutes les grandes choses prennent du temps », a souligné Poulin.

Pour Desbiens, même si l’avènement d’une ligue professionnelle ne réglerait pas tous les maux, il s’agirait néanmoins d’une source d’inspiration pour la jeunesse.

« On est seulement trois Québécoises sur l’équipe nationale. Il faut qu’il y ait de la relève. Il faut commencer avec les plus jeunes, mais aussi avoir une ligue professionnelle pour les inspirer. Les jeunes filles doivent avoir l’opportunité de nous voir jouer et de nous rencontrer. C’est une première étape importante. »  

Bel engouement pour les championnes  

La file pour rencontrer les trois hockeyeuses de l’équipe canadienne s’étirait longuement. 

Petits et grands étaient fébriles et quelques larmes de joie étaient même au rendez-vous. 

« Ben voyons, pleure pas ma grande, c’est juste Marie-Philip Poulin, y’a rien là ! », a lancé à la blague Mélodie Daoust à une jeune admiratrice émue de rencontrer Poulin.

La popularité des trois hockeyeuses ne se dément pas. Après une chaleureuse réception sur la glace du Centre Vidéotron pour une mise en jeu protocolaire, les trois dames ont signé des autographes pendant une heure et trente minutes pour un public majoritairement formé de jeunes hockeyeuses et hockeyeurs.

« Tranquillement pas vite, on redescend du nuage olympique. Ça fait quelques mois déjà, mais on a encore la chance de participer à des événements comme celui-ci, pour être être saluées et pour partager notre expérience olympique avec les gens », a mentionné Poulin, qui avait elle-même pris part au tournoi avec les garçons des Élites de Beauce-Amiante, en 2004.

« C’est ici que ton rêve commence. C’est super excitant de partager notre passion. C’est un tournoi pee-wee marquant pour tous les jeunes », a-t-elle poursuivi.

Derrière l’équipe féminine

Poulin a d’ailleurs louangé les efforts de son ancienne coéquipière Caroline Ouellette, qui met sur pied l’équipe entièrement féminine qui évolue au tournoi depuis 2016.

« L’effort de Caro, qui met ça en place chaque année, c’est incroyable. C’est merveilleux à voir. C’est juste le commencement de quelque chose de grand qui permet à ces filles-là de rêver. Elles se retrouvent au même niveau que les garçons et c’est important », a-t-elle affirmé.

Quant à savoir si la prochaine étape envisageable pour la compétition serait la création d’une division toute féminine au tournoi pee-wee de Québec, Poulin affirme que « ce
serait super ».

Le directeur général du tournoi, Patrick Dom, a quant à lui indiqué que l’idée aurait été impossible il y a quelques années à peine, mais qu’il discuterait du sujet avec son homologue chez Hockey Québec, Jocelyn Thibault.

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