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Carnage américain

Carnage américain
AFP

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Pendant la fin de semaine, j’échangeais avec des amis sur le sujet de la tuerie de Buffalo, la 198e à survenir aux États-Unis en 2022. Je n’avais pas terminé de commenter l'événement, qu’on rapportait une fusillade en Californie et une tuerie à Houston.

Si j’ai d’abord envisagé de ne rien écrire à ce sujet, je me suis ravisé. Pourquoi? J’hésitais parce qu’après toutes ces années à couvrir l’actualité politique, je me sentais un peu las et, bien honnêtement, découragé. 

Si j’y reviens, c’est que je crois qu’on ne peut baisser les bras devant un phénomène qui affecte notre voisin et que nous aurions tort d’ignorer les maux qui rongent un partenaire aussi influent.

Plus de tueries et plus de haine

J’ai choisi d’y revenir pour un autre motif: le phénomène va en croissant. Vous savez probablement déjà que ce phénomène est complexe et qu’on doit l’envisager sous des angles culturel, économique, social et politique. 

Je ne referai pas ici tout l’historique, je me contenterai d’ajouter au contexte et, hélas, aux statistiques. Depuis 2020, il y a plus de tueries et plus de crimes haineux. Pour 2021, on dénombrait 693 tueries (quatre victimes ou plus); pour 2020, le total s’élevait à 611, alors qu’en 2019 on en relevait 417. Le bond est considérable. 

Au sinistre bilan des tueries, une autre donnée fait écarquiller les yeux: celui des crimes haineux. Buffalo n’est pas un incident isolé et les tueurs – certains s’inspirant de la théorie du grand remplacement – ciblent les minorités. Pour vous en convaincre, visitez la section des crimes haineux du département de la Justice.

Les problèmes sociaux qui affligent la société américaine ne leur sont pas exclusifs. D’autres pays connaissent des soulèvements et des tensions raciales. Pourtant, aucun autre pays riche ne connaît une telle violence armée. Qu’est-ce qui distingue les États-Unis, alors? L’accès facile aux armes.

Le retour de Jesse James

Comme observateur externe, la situation semble claire. Mieux encadrer la vente et l’utilisation des armes n’est pas une solution miracle, mais ne rien faire relève de la folie. Pourtant, on croit que la Cour suprême des États-Unis renversera prochainement une loi de l’État de New York qui limite le droit des citoyens de sortir avec une arme.

Un citoyen qui a des motifs valables de craindre pour sa vie jouit donc du privilège de porter une arme. Il pourrait également la dissimuler dans les lieux publics. 

Interrogé sur une éventuelle décision du plus haut tribunal qui serait défavorable à la volonté de la majorité des élus new-yorkais, le maire Eric Adams a eu cette formule évocatrice: «This is not Jesse James and The Sundance Kids - who can draw the fastest

Se référant au chapitre mythique de la conquête de l’Ouest, il sentait le besoin de souligner que la sécurité de sa ville ne doit pas reposer sur un duel favorisant la gâchette la plus rapide. La folie, disais-je. 

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