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Le couteau suisse des Mariners

Nouveaux rôle et uniforme, la carrière d’Abraham Toro a changé depuis son dernier match à Toronto

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Photo USA TODAY Sports Abraham Toro à son arrivée sur le terrain, lundi au Rogers Centre de Toronto.

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TORONTO | Abraham Toro n’avait plus foulé la pelouse du Rogers Centre de Toronto depuis cette soirée de septembre 2019. Rencontre au cours de laquelle il avait spectaculairement expédié l’offrande de Ken Giles loin au champ opposé, en neuvième manche d’un match qu’il ne devait même pas jouer.

Un circuit qui allait rester dans les annales, car il aidait le lanceur Justin Verlander à signer le troisième match sans point ni coup sûr de son illustre carrière. 

Après cette claque, en signe de reconnaissance, l’artilleur vedette avait longuement étreint le jeune Toro, qui en était alors à ses débuts dans le baseball majeur.

« Ça, c’est un bon souvenir ! » a lancé Toro, rencontré lundi à quelques heures du match contre les Blue Jays.

En bleu pour le mieux 

Son retour à Toronto après trois ans d’absence n’aura pas la même aura. Lundi, en cinq présences au bâton face aux Blue Jays, Toro n’aura pas atteint les buts une seule fois.

Les Jays l’ont finalement emporté 6 à 2.

Bien des choses se sont passées dans la carrière du Longueuillois de 25 ans depuis cette longue balle émotive, qui était alors seulement sa deuxième dans la ligue.

Toro en compte maintenant 18 de plus à son palmarès. Mais surtout, ses neuf dernières ont été frappées dans l’uniforme bleu des Mariners de Seattle, et non plus sous le chandail orange des Astros de Houston.

Un changement bénéfique, certes. À Houston, c’est bien connu, Toro avait moins de chances de se faire valoir, coincé dans une formation toutes étoiles.

Toujours fier 

Et les Mariners ont payé somme toute cher afin d’acquérir les services du frappeur ambidextre ainsi que de l’artilleur Joe Smith. Ils ont envoyé à Houston deux de leurs releveurs, Rafael Montero et Kendall Graveman.

Même presque 10 mois après cette transaction, le joueur de 25 ans est encore fier que son nom ait été impliqué. Il se réjouit aussi de sa chance. 

« Ils m’ont offert une opportunité de me développer en me faisant jouer à plusieurs positions. J’étais vraiment content quand c’est arrivé [l’échange] », a-t-il pointé.

Lorsque Toro parle de jouer à plusieurs positions, c’est qu’il a été utilisé tant au deuxième qu’au troisième but cette saison. Il a même vu de l’action au premier coussin. 

Lors du camp d’entraînement, il a aussi patrouillé dans le champ. Et bien sûr, au bâton, Toro peut frapper tant de la droite que de la gauche, mais aussi, à différents rangs dans la formation, selon les besoins de l’équipe.

Lundi, par exemple, il était le premier frappeur des Mariners.

Tout usage

En début d’année, son gérant Scott Servais avait dit qu’il souhaitait faire de Toro « son Ben Zobrist », l’ancien couteau suisse des Rays de Tampa Bay et des Cubs de Chicago. 

« Ça m’a fait plaisir, a reconnu Toro. Le fait d’être multifonctionnel, ça aide l’équipe. [...] C’est un défi, mais chaque jour, je travaille un aspect différent de mon jeu afin d’être prêt. »

« Ce n’est pas un rôle facile, mais toutes les bonnes équipes ont un joueur comme ça. C’est une fierté de pouvoir être utile ainsi », a-t-il ajouté. 

Servais reconnaît que pareille polyvalence n’est pas donnée à tous les joueurs de baseball. Il sait que ce n’est pas une tâche facile. 

Mais il croit que son jeune joueur aime ce défi et cela le réjouit.

« Ce sont des joueurs de baseball, a-t-il soulevé. Ils ne peuvent pas se dire qu’ils vont avoir du succès à une seule position ou une seule place dans le rôle offensif. Vous allez connaître une courte carrière si vous pensez ainsi. »

Les bâtons froids 

En 104 présences au bâton avant de se présenter à Toronto lundi, Toro avait frappé quatre circuits et produit 10 points. Mais il affichait une famélique moyenne au bâton de ,163.

Mais malgré ces chiffres, et malgré l’embauche durant l’entre-saison de quelques joueurs importants par les Mariners, le Longueuillois ne craint pas pour son poste... ou plutôt, pour ses postes.

Éliminés de la course aux séries à leur dernier match de la saison régulière l’an passé, les Mariners ne connaissent pas non plus le début de saison escompté. Seattle peine à jouer pour ,500.

Mais Toro croit que ses coéquipiers et lui vont rapidement retrouver leur aplomb. 

« Nos bâtons sont encore froids, mais on l’a vu dans notre série contre [les Mets] de New York en fin de semaine qu’on commence à se réveiller [ils ont gagné deux matchs sur trois]. »

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