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Une éducatrice écope de 40 mois pour avoir agressé son élève

L’éducatrice spécialisée dit qu’elle aimait sa victime

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Une technicienne en éducation spécialisée qui croyait vivre une histoire d’amour avec son élève âgé de 16 ans a plutôt écopé de 40 mois de détention au pénitencier pour l’avoir agressé sexuellement.

• À lire aussi: Une «histoire d’amour» avec son élève de 16 ans

«L’accusée, une éducatrice spécialisée formée pour intervenir auprès de jeunes vulnérables, a créé un climat de dépendance et a profité de cette situation» pour agresser son élève, a déploré la juge Sophie Lavergne en condamnant Geneviève Rioux, mercredi, au palais de justice de Saint-Jérôme. 

En juillet dernier, la femme de 44 ans avait avoué avoir eu des relations sexuelles complètes sur une période de plus de cinq mois, en 2018, avec l’adolescent dont l’identité est protégée par la cour. Celui-ci avait développé une relation fusionnelle avec son éducatrice.

Photo d'archives, Facebook

Elle avait d’ailleurs tenu à rester dans la vie du jeune homme après son départ de la polyvalente Sainte-Thérèse. 

Elle profitait de moments seuls avec lui à son domicile ou dans sa voiture pour l’agresser.     

«La participation de l’adolescent à l’activité sexuelle n’est pas un facteur atténuant», contrairement à ce qu'a tenté de soutenir la défense, a insisté la juge Lavergne. 

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«Le déséquilibre de pouvoir rend le consentement invalide», a-t-elle souligné, rappelant qu’un mineur ne peut consentir à des relations sexuelles avec une personne en position d’autorité.

D’autant plus que la victime vit avec plusieurs problématiques, ce qui ajoute à la responsabilité et à la culpabilité morale de Rioux, selon elle.

  • Écoutez la chronique de Nicole Gibeault au micro de Geneviève Pettersen sur QUB radio:

Comme Céline et René 

Lors des observations sur la peine, l’éducatrice a dit être tombée amoureuse de son élève. 

«C’est comme si mon âme était amoureuse de son âme», a-t-elle dit. 

Elle a même voulu relativiser sa relation en la comparant à celle qu'entretenaient la chanteuse Céline Dion et son gérant René Angélil. 

Geneviève Rioux, 44 ans, à son arrivée au palais de justice de Saint-Jérôme, mercredi, peu de temps avant d’être condamnée à 40 mois de pénitencier.
Photo Martin Alarie
Geneviève Rioux, 44 ans, à son arrivée au palais de justice de Saint-Jérôme, mercredi, peu de temps avant d’être condamnée à 40 mois de pénitencier.

La magistrate a toutefois rejeté cet argument, disant même voir dans ce discours des éléments «inquiétants».

«Elle continue à parler, à ce jour, d’une relation amoureuse atypique. Elle réfère à cette période de sa vie comme une grande peine d’amour. Ce qui est préoccupant et pour le moins surprenant, c’est que ces propos sont tenus à la cour plus de deux ans [plus tard]», a-t-elle noté.  

Selon la juge, l’éducatrice déchue a encore du travail à faire pour comprendre les notions de consentement libre et éclairé.

Écoutez l'entrevue de Benoît Dutrizac avec Michel Dorais sur QUB Radio:

Elle recommence

Collègues de travail, direction de l’école, grand-père de la victime et une première arrestation: plusieurs personnes avaient fait observer à Rioux le caractère inadéquat de la situation, a détaillé la juge Lavergne. «Elle a trahi la confiance de plusieurs.»

Elle avait ensuite fait fi de ses conditions de remise en liberté pour continuer à voir et à agresser le garçon. C’est la raison pour laquelle on lui avait passé les menottes une deuxième fois en 2019. 

Ce non-respect des conditions, pour lequel elle avait également plaidé coupable, n’a pas joué en sa faveur. Aussi la suggestion de la défense, qui demandait 90 jours de prison à purger les week-ends, a-t-elle été rejetée par la magistrate, qui a estimé cette peine trop clémente.

Caroline Lafleur, procureure de la Couronne
Photo Martin Alarie
Caroline Lafleur, procureure de la Couronne

La juge s'est plutôt rangée derrière la procureure de la Couronne, Me Caroline Lafleur, qui réclamait une peine dissuasive afin d’envoyer un message clair. 

Il sera interdit à la technicienne en éducation spécialisée d’occuper un emploi qui la placerait en position d’autorité après sa sortie du pénitencier. Elle sera aussi inscrite à vie au registre des délinquants sexuels.