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Variole du singe: un autre virus, mais on se calme

Sa contagiosité semble très limitée par rapport à d’autres, comme la COVID-19

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Les deux premiers mystérieux cas de variole du singe au Québec soulèvent des inquiétudes dans la population, mais il n’y a pas lieu de paniquer face à ce virus généralement peu sévère et qui se guérit par lui-même, assurent des experts. 

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«C’est un virus qui a déjà circulé et on a réussi à le contrôler, explique le virologue Benoit Barbeau, professeur à l’Université du Québec à Montréal. Il n’est pas trop dangereux, même si on doit demeurer vigilant. Il ne faut pas non plus le comparer à la variole, qui avait été extrêmement pathogénique».

En plus des deux premiers cas confirmés jeudi soir, une vingtaine d’autres sont sous investigation, a indiqué par communiqué le ministère de la Santé.

On voit les éruptions cutanées d’une personne atteinte de la variole du singe, lors d’une éclosion en République démocratique du Congo, en Afrique, dans les années 1990.
Photo REUTERS
On voit les éruptions cutanées d’une personne atteinte de la variole du singe, lors d’une éclosion en République démocratique du Congo, en Afrique, dans les années 1990.

«Ce n’est pas très contagieux. Ça prend des contacts prolongés par gouttelettes pour arriver à une transmission», a assuré la Dre Mylène Drouin, directrice de santé publique de Montréal, en point de presse en après-midi. Elle a ajouté qu’il n’y a pas lieu de paniquer pour le moment.   

  • Écoutez l'entrevue du virologue Jacques Lapierre au micro de Geneviève Pettersen sur QUB Radio:    

 Déjà en circulation 

Depuis le début du mois, des dizaines de cas ont été rapportés en Europe, notamment au Royaume-Uni, qui en a signalé neuf. Aux États-Unis, la première personne infectée est un homme du Massachusetts qui revenait d’un voyage au Canada.

D’ailleurs, il est interdit d’importer certaines espèces de rongeurs africains en raison d’une éclosion en 2003 chez nos voisins du Sud, a souligné le Dr Levon Abrahamyan, professeur en médecine vétérinaire à l’Université de Montréal. Parmi les 71 cas, il n’y avait pas eu de décès.

Entre humains, la variole du singe ne se transmet pas si facilement ni rapidement, «ce qui est une bonne nouvelle», confie le Dr Abrahamyan.

«Le problème est que la période d’incubation est très longue. Une personne peut être contagieuse sans le savoir jusqu’à 21 jours avant d’avoir les premiers symptômes», a-t-il renchéri.

Mais puisque le virus provient de pays africains où il y a peu de ressources en recherche, on manque de données pour bien comprendre le virus, explique le Dr Donald Vinh, infectiologue et microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill.

Pas de traitement, mais un vaccin

Pour la même raison, aucun traitement n’existe. Or, les gens infectés vont habituellement guérir en deux à quatre semaines, selon lui.

«Il y a des complications possibles, comme des cicatrices, des surinfections de la peau, des pneumonies ou de l’insuffisance respiratoire», a-t-il expliqué.

Le vaccin qui était autrefois injecté contre le virus de la variole est efficace à 85 % contre la variole simienne, souligne Benoit Barbeau. 

«On commence à parler de le distribuer notamment au Royaume-Uni. Bref, on ne part pas en terrain inconnu, comme c’était le cas avec la COVID», conclut-il.   

D’OÙ VIENT CE VIRUS ?

Malgré son nom, il ne prend pas son origine parmi les singes. Son réservoir est plutôt chez les rongeurs, qui se trouvent principalement dans certains pays de l’Afrique centrale et occidentale. 

COMMENT SE TRANSMET-IL ?

Il ne s’agit pas d’une maladie transmise sexuellement, mais par les fluides corporels ou lors de contacts avec les lésions corporelles, selon le Dr Levon Abrahamyan. «Comme il s’agit d’un virus respiratoire, il peut aussi se transmettre [entre humains] par des gouttelettes ou aérosols», ajoute le Dr Donald Vinh. 

QUELS SONT LES SYMPTÔMES ?

Il y a deux phases de la maladie, explique le Dr Donald Vinh. «En premier viennent des symptômes comme la fièvre, la toux, des frissons, mal de gorge. Environ une semaine et demie après vient la deuxième phase, soit des éruptions sur la peau. On parle de bobos et de bosses sur la peau. C’est comme la varicelle, mais avec des bosses plus grosses, de 12 à 15 millimètres environ.»

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