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Il est temps de dire Bye-Bye à la monarchie

BRITAIN-ROYALS/CANADA
Photo REUTERS Pour le dernier jour de leur visite au Canada, le prince Charles et Camilla, la duchesse de Cornouailles, semblent s’être bien amusés avec les employées du Centre communautaire des premières nations Dénés à Yellowknife.

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Il est temps qu’on dise « bye-bye » à la monarchie au Canada.

Non, je ne suis pas allergique aux institutions britanniques. En fait, je suis membre à vie du Conseil privé de la Reine et on m’informe qu’à ce titre, le jour venu, j’aurais le droit de participer à Londres à des cérémonies marquant son départ et commémorant son règne. 

Très bien, car je crois que cette reine, Élisabeth II, est une personne vraiment remarquable, digne de sa fonction et qui mérite notre respect. Je souhaite aussi, malgré ses grandes qualités personnelles, qu’elle soit la dernière personne à occuper ce rôle vétuste, du moins en ce qui concerne le Canada. 

Lorsque j’ai rencontré Sa Majesté il y a plusieurs années à Londres, on m’a présenté en lui mentionnant que je venais du Québec. Elle m’a ensuite parlé en français (et c’était un très bon français). 

Une tradition étrangère au Canada

Oui, je comprends que bon nombre de pays les plus progressistes (pensons à la Suède ou aux Pays-Bas) sont des monarchies. Très souvent cette forme de gouvernement engendre plus de stabilité et cela fait partie des raisons pour lesquelles elle perdure. 

Mais le Canada est d’abord et avant tout une démocratie. La racine de ce mot signifie « règne par le peuple ». C’est nous qui décidons. Les personnes qui nous gouvernent et qui font (et défont) les lois doivent être choisies par nous, et non par le hasard de leur naissance dans une famille royale. 

Le Canada a des caractéristiques propres. Une très grande diversité en est une. Aujourd’hui, des gens en provenance des quatre coins du monde partagent ce territoire avec les descendants des premiers peuples qui en sont titulaires depuis des millénaires. 

Dire qu’aucun Québécois ou Canadien ne pourrait jamais être notre chef d’État heurte notre amour-propre et, surtout, nous garde inféodés à une tradition et des règles complètement étrangères au Canada d’aujourd’hui. 

Non merci, Charles et Camilla

C’est en voyant le spectacle vide de Charles et Camilla en visite royale que je me rends à cette évidence : il est grandement temps que l’on dise « non merci » à la monarchie au Canada. 

Élisabeth II est déjà la monarque britannique à avoir servi le plus longtemps. Son parcours est aussi admirable que durable. Mais je ne crois pas être seul à dire que je ne peux plus supporter l’idée que le prince Charles sera le chef d’État de mon pays. Ça ne passe tout simplement pas dans mon esprit. 

Il y a beaucoup de choses à améliorer dans nos institutions. Lorsque j’étais chef de l’opposition officielle de Sa Majesté à Ottawa, j’ai présenté une plate-forme électorale qui préconisait un changement constitutionnel pour se débarrasser du Sénat. 

De quel droit, en effet, est-ce que des non-élus se permettent, dans une démocratie, de faire et défaire des lois malgré l’avis des élus de la Chambre des communes ? 

Il est temps de se poser la même question à propos de la monarchie qui dépend d’une famille étrangère pour déterminer notre chef d’État. C’est totalement absurde.

Abroger la monarchie et se débarrasser du Sénat non élu. 

Voilà un projet de démocratisation de nos institutions qui pourrait rallier la vaste majorité des Québécois et des Canadiens, peu importe leurs origines. 

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