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Quand le respect a sa place

Benavidez and Lemieux
Photo Courtoisie, Esther Lin Souriants, David Benavidez et David Lemieux ont fait preuve d’un immense respect l’un envers l’autre, hier.

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PHOENIX, ARIZONA | Parfois, on a le droit à des trucs de la WWE. Genre, sortir une banane d’un sac, genre, écraser un fruit dans le visage de l’adversaire, genre, y aller de déclarations et d’insultes farfelues...

Pis d’autres fois, deux hommes agissent en sportsmen avant un grand match, répondent poliment aux questions et s’entendent sur la façon dont devrait s’engager un affrontement. 

Dans ce temps-là, le sport retrouve toute sa place. Dans ce temps-là, on sent un respect profond chez les deux hommes qui vont monter dans un ring et qui pour gagner le combat, devront se frapper de toutes leurs forces au visage, au foie ou au plexus. 

Ça arrive que ce soit magique. C’est arrivé hier à Phoenix.

ATTENDRE DANS LA VOITURE

Pourtant, il s’est joué les mêmes petites games que d’habitude. David Lemieux et son groupe ont attendu dans la voiture une bonne dizaine de minutes avant de se rendre à l’étage de la conférence de presse au Gila River Arena. 

Il n’était pas question que Lemieux aille faire le beau zouf assis à une table en attendant que David Benavidez se pointe la face. Il a fallu que la grande patronne des opérations, Virginie Assaly, appelle Marc Ramsay pour lui dire que Benavidez était là avec sa blonde et le bébé pour que les Québécois sortent dans la fournaise pour se diriger vers l’édifice.

Ça été tout. Quand ce fut le tour de David Lemieux d’expliquer pour Showtime et les journalistes qu’il était à Phoenix parce qu’il a toujours désiré affronter les meilleurs de la profession, il n’a jamais haussé le ton. Il a décrit le style de Benavidez et a toujours gardé un ton courtois s’il était sérieux dans le contenu de ses réponses.

Benavidez a pris le micro et s’est aligné sur le ton de Lemieux. À la fin, il a raconté qu’il était un admirateur de David Lemieux quand il était un tout jeune boxeur et que chose certaine, ni lui ni Lemieux n’allaient étirer le combat si c’était possible de fermer les livres. Et que les fans auraient droit à un grand spectacle.

L’animateur a repris le micro et l’a tendu à Lemieux :

– Qu’en dis-tu David ?

– Je suis parfaitement d’accord avec Benavidez. On ne se racontera pas d’histoires. On est là pour se battre en espérant que ça va donner un bon spectacle pour les fans.

Lemieux a souri, Benavidez aussi. Ils étaient d’accord et en parfaite synchro. Derrière le dos de l’animateur de la conférence de presse, ils ont étiré le bras l’un vers l’autre pour se faire un « high five » du poing. 

Deux hommes qui se respectent.

UN COMBAT EXPLOSIF À PRÉVOIR

Mais le romantisme a ses limites. Comme le disait Lemieux après les propos officiels, y a personne qui aime recevoir des coups au visage : « Mais j’aime bien en donner cependant ». Les mignardises d’hier ne changent rien à la vraie situation. Respect ou pas, au son de la cloche du premier round, deux hommes vont s’avancer l’un vers l’autre. Avec comme objectif en tête d’assommer l’autre. 

C’est pour ça que la boxe est si spéciale. Il n’y a pas de Gilles Lupien ou de Dave Semenko pour protéger la vedette de l’équipe. Les deux hommes sont face à face. Yeux dans les yeux. Presque nus.

Marc Ramsay rappelait hier à quel point la boxe demandait du courage. Et comment l’homme qui la pratique doit être spécial : « J’en ai vus qui cassaient lors de la conférence de presse. Comme s’ils avaient perdu le goût. Presque prêts à tout lâcher. Mais David a un mental d’acier », de dire Ramsay.

Les vétérans du métier ont tous vu à un moment donné un boxeur se faire écraser avant un combat.

Carl Froch avait complètement dominé Lucian Bute lors d’une entrevue menée par Jean-Charles Lajoie à TVA. Quelques semaines plus tard, chaussé de grosses bottes de travail, Froch était venu manger une platée de fèves au lard avec du bacon et des œufs à la cafétéria où se tenaient Lucian et les Québécois à l’hôtel à Nottingham. 

Le message avait été clair. Le boss, c’est moi. 

Ça avait été le cas.

Et Jean Pascal, souvent fort en gueule, a reconnu des années plus tard que Bernard Hopkins « lui était entré dans la tête » lors de la conférence de presse à Montréal deux ou trois jours avant le combat.

Ce jour-là, Hopkins avait l’air d’un tueur à gages. Même les journalistes ne savaient pas comment l’aborder.

LA MAUDITE PESÉE

La pesée est prévue pour midi. En plein air devant le Gila River Arena. J’espère que ça va se passer vite. 39 à l’ombre, ça fausse les mécaniques.

David Lemieux devrait facilement faire le poids de 168 livres. Benavidez, c’est pas aussi évident. Le clan Lemieux souhaite qu’il s’épuise dans sa déshydratation.  

Par ailleurs, Michel Hamelin, l’ancien patron de la Régie, est arrivé hier soir à Glendale. Il traîne son sourire légendaire.

Camille Estephan compte sur lui pour flairer les crosses possibles...

Et qui va gagner et comment ?

On en parle demain. 

Les Coyotes déménagent  

Le Gila River est un bel aréna. Dans un beau quartier. Mais jamais on ne me fera accroire que le hockey peut marcher dans ce coin de la ville. 

On est à 25 minutes de Phoenix. En après-midi.

Hier, trois gros camions de déménagement sortaient le stock des Coyotes qui selon un Renaud Lavoie de la place auraient encore une grosse dette de loyers impayés. 

Si j’ai le temps, je vais aller visiter le nouveau palace des Coyotes. On répète à Glendale que ça ressemble au Centre Gervais-Auto de Shawinigan.

Vous avez compris que tout le monde en Arizona connaît Shawinigan et les smoked meats de Claude Vallée.

Mais Camille Estephan a fait ses devoirs. Et selon lui, l’économie de la ville de Phoenix et de ses banlieues est facilement capable de supporter une équipe de hockey...

C’est vrai qu’à Montréal, faut que tu sois riche pour aller au Centre Bell.

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