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Rolls-Royce: les travailleurs veulent leur part de la montée en flèche des jets privés

Des dizaines de moteurs Rolls-Royce sont en attente d’être réparés à Montréal

GEN - FRÉDÉRIC LABELLE PRÉSIDENT DU SYNDICAT CSN ROLLS-ROYCE
Photo Martin Alarie Frédéric Labelle est le président du syndicat des machinistes de Rolls-Royce Canada, qui est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) depuis juin 2021.

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Des moteurs de jets privés Bombardier et Gulfstream appartenant à des gens riches et célèbres s’accumulent dans un centre de service de Montréal en raison d’un conflit de travail qui dure depuis la mi-mars.

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« Ça fait 23 ans que je travaille là et l’usine n’a jamais été aussi pleine. Ils ont fermé d’autres installations [ailleurs dans le monde] juste avant la pandémie », témoigne Frédéric Labelle, président du syndicat des machinistes de Rolls-Royce Canada.

Surtout connue pour ses voitures de luxe, la marque britannique est également un important fabricant de moteurs d’avions. 

Rolls-Royce effectue à Montréal la maintenance des moteurs BR700 qui propulsent plusieurs appareils, dont les Global de Bombardier ainsi que les G550 et G650 de l’américaine Gulfstream. 

À l’heure actuelle, 38 moteurs sont en attente aux installations de Rolls-Royce situées dans l’arrondissement Lachine, selon M. Labelle.

La pandémie a été pénible pour les transporteurs aériens, mais à l’inverse, elle a entraîné un boom dans l’aviation d’affaires. Les biens nantis se sont rués sur les jets privés pour contourner les annulations de vols et minimiser les risques de contracter la COVID-19.

« Profits records »

Rolls-Royce a vu les revenus provenant des activités de maintenance de jets d’affaires bondir de 52 % en 2021 pour atteindre 654 millions de livres (1,1 milliard $ CA). En 2020, ceux-ci avaient reculé de 7 % alors que le chiffre d’affaires total de l’entreprise avait plongé de 29 %.

« L’employeur a fait des profits records à Montréal. Les travailleurs veulent leur juste part du gâteau », affirme M. Labelle.

Pour l’instant, peu de clients semblent avoir ressenti les effets du lock-out décrété par Rolls-Royce le 15 mars. « Ils prolongent les intervalles entre les révisions des moteurs, mais à un moment donné, ils vont arriver à une limite », indique M. Labelle.

« Nous avons déplacé du travail à travers notre réseau de service mondial pour nous assurer de pouvoir continuer à offrir le niveau élevé de soutien qu’attendent nos clients », précise un porte-parole de Rolls-Royce, Donald Campbell, tout en assurant souhaiter un règlement « rapide » du conflit.

Inflation

D’après le syndicat, l’entreprise souhaite mettre fin au régime de retraite à prestations déterminées sans pour autant augmenter les salaires de façon à contrer l’inflation qui s’accélère.

Fait inusité, alors qu’ils négociaient avec Rolls-Royce, les travailleurs ont changé d’affiliation syndicale l’an dernier, troquant l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aéronautique (AIMTA) pour la CSN.

« On a de la pression des deux bords, raconte M. Labelle. J’ai de la pression de l’entreprise pour couper et j’ai de la pression de mes membres [...] parce que les prix continuent à monter. »

Rolls-Royce à Montréal  

  • Présente depuis 1947 
  • Entretien de moteurs de jets d’affaires 
  • 530 machinistes syndiqués 
  • Salaires annuels d’environ 80 000 $  
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