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La question du dévoilement du montant des offres d’achat

La question du dévoilement du montant des offres d’achat
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La perspective de dévoiler l’offre des acheteurs souhaitant acquérir une maison bouscule le monde du courtage immobilier résidentiel. 

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Objectif : éviter la surenchère. Certains froncent les sourcils, d’autres accueillent favorablement ce changement, ravis de mettre un terme au jeu de cache-cache entourant les propositions déposées. De quel côté penchera le législateur ?

En effet, il faudra modifier la loi.

Actuellement, la législation oblige le courtier à ne pas divulguer le montant des offres reçues. Il a aussi l’obligation d’informer tous les acheteurs s’il reçoit plusieurs propositions. 

Un acheteur qui a eu le coup de foudre pour une maison sera alors tenté de bonifier son offre, sans savoir où celle-ci se situe dans la fourchette des offres présentées. Est-il en tête ou au milieu du peloton ? En 2021, dans la région de Montréal, 48 % des maisons unifamiliales, soit près d’une sur deux, ont été vendues en surenchère.

Et la surchauffe !

Si l’affichage des offres d’achat ne fait pas l’unanimité, tous sont d’accord pour affirmer que cela n’empêchera pas la surchauffe immobilière actuelle. 

Celle-ci s’expliquerait davantage par la rareté des maisons à vendre. La demande dépasse largement l’offre. 

Cette rareté provoque inévitablement une hausse de prix. Quand les acheteurs se bousculent à la porte, les vendeurs ont le beau jeu. 

Avec le temps, ce phénomène s’atténuera, les lois du marché rétabliront l’équilibre.

Les courtiers débordés ?

En révélant le montant des offres, je suis certain que les contre-offres se multiplieront, car les personnes qui en ont les moyens n’hésiteront pas à bonifier leur proposition initiale. 

Est-ce que le prix montera autant que présentement ? Selon mon expérience des encans, je crois que oui. Lorsqu’il y a plusieurs offres sur la table, la perspective de gagner la mise pour quelques dollars de plus incite tous les acheteurs à renchérir.

Cette augmentation des offres et contre-offres deviendra difficile à gérer pour les courtiers. 

Imaginez que celui-ci reçoit 60 propositions pour une seule propriété. 

Il doit alors dévoiler à chacun le montant de l’offre la plus élevée. Si la moitié de ceux-ci font une contre-offre. Et une deuxième... Et une troisième... Bientôt, faute de temps et de moyens, le courtier perd le contrôle de la situation. De là, il faudrait créer une plateforme électronique pour assurer une gestion efficace des échanges. Un peu comme les encans sur eBay.

Si l’on opte pour un encan

La perspective de créer une plateforme électronique qui gérerait les offres d’achat serait probablement une bonne solution. 

Reste à voir comment mettre au point cet outil qui a le mérite d’apporter plus de transparence dans les transactions, réduisant ainsi les frustrations des acheteurs. Chose sûre, les règles devront être claires, connues de tous.

Concernant la plateforme elle-même, plusieurs points d’interrogation demeurent. Qui dirigera l’opération ? Le client ou le courtier ? 

Doit-on dresser un profil financier de l’acheteur lors de l’inscription et enregistrer un montant maximal à ne pas dépasser avant même de faire la première offre ? Quel délai doit-on fixer entre les offres et contre-offres ?

En conclusion

Le marché immobilier obéit à des cycles, la surchauffe actuelle n’y échappera pas. 

Et la tempête finira par se calmer. Si le législateur veut absolument divulguer le prix des offres d’achat, une plateforme électronique présente de nombreux avantages et la technologie est disponible.

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