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L’occasion de s’amuser

Leylah Fernandez se régale à l’idée d’affronter une favorite locale devant une foule animée

Leylah Fernandez
Photo Jessica Lapinski Mary Carillo, ancienne joueuse américaine aujourd’hui analyste à NBC, était tellement impressionnée par l’aisance avec laquelle Leylah Fernandez parlait trois langues qu’elle est allée la questionner à ce sujet après la conférence de presse d’avant-tournoi hier à Roland-Garros.

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PARIS | Sous ses airs timides, Leylah Fernandez aime les foules animées devant lesquelles elle peut faire le spectacle. Et c’est ce que la jeune Québécoise aura l’occasion de faire aujourd’hui, lorsqu’elle fera sa rentrée à Roland-Garros. 

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Le destin a voulu que pour son premier match, Leylah se frotte à une favorite locale, Kristina Mladenovic, une ex-top 10 mondiale qui a chuté au 110e rang après des années plus difficiles sur le circuit. 

La 17e tête de série qui affronte une joueuse française : les organisateurs leur ont évidemment réservé l’un des courts principaux, le Suzanne-Lenglen, que les deux filles fouleront aux environs de 10 h, heure du Québec. 

Devant ces spectateurs qui risquent d’être hostiles à son endroit, Leylah voit une belle occasion de s’amuser. Car que la foule soit pour ou contre elle, la Lavalloise se régale devant un public bruyant. 

« Ce sera une très belle ambiance ! a lancé la joueuse de 19 ans avec le sourire, hier. J’aime qu’il y ait beaucoup de personnes ici. Avoir une grosse foule pour un match de tennis féminin, ça risque de nous motiver à encore mieux jouer. »

Un match offensif 

S’amuser est une chose, mais le plaisir seul ne fait pas de longues carrières. 

Fernandez se dit donc prête à affronter la puissante cogneuse de 29 ans, contre qui elle « devra être offensive, afin qu’elle ne prenne pas le contrôle du match ». 

La Québécoise a commencé sa préparation sur terre battue il y a un bon moment, soit dès le tournoi de Charleston, début avril. 

Elle l’a interrompue brièvement pour aller disputer la Coupe Billie Jean King à Vancouver, sur le dur, où elle a remporté ses deux matchs pour le Canada. 

Des hauts et des bas

Sur l’ocre, Leylah a connu des résultats en dents de scie. Elle a été éliminée d’entrée à Charleston, puis elle a passé une ronde à Madrid et à Rome, deux épreuves prestigieuses de la catégorie WTA 1000. 

Mais malgré cette fiche de deux victoires contre trois revers sur terre battue, la Québécoise se dit « très satisfaite de son jeu » en ce moment.

« Je me sens bien, a affirmé Fernandez. Bien sûr, je peux m’améliorer encore plus, mais pour le moment, je sens que je suis à une bonne place. J’espère pouvoir progresser à chaque ronde. »

« J’ai eu une très bonne semaine d’entraînement, a-t-elle poursuivi. Je suis très contente d’être ici, de jouer devant la foule française. » 

Leylah a de bonnes raisons d’aimer Paris. À seulement 19 ans, elle en sera déjà à une troisième présence dans le grand tableau à la Porte d’Auteuil. 

C’est à ce tournoi qu’elle a fait sa première percée en Grand Chelem, en 2020. Lors de cette édition exceptionnellement disputée à l’automne en raison de la pandémie, la toute jeune Leylah, alors 100e mondiale, avait atteint le troisième tour avant de baisser pavillon devant la Tchèque Petra Kvitova, 11e favorite. 

Et l’année précédente, elle y avait raflé le titre chez les juniors, sans perdre une manche. 

« Je suis ravie d’être de retour à Paris, s’est-elle réjouie. On ne ressent aucune onde négative ici, et pour moi, c’est important. » 


Félix Auger-Aliassime (9) fera pour sa part sa rentrée vers 6 h 30, heure du Québec, contre le qualifié péruvien Juan Pablo Varillas, 122e mondial, sur le Philippe-Chatrier, le court central à Roland-Garros.  

Leylah toujours autant captivante  

PARIS | Plusieurs des joueurs les plus populaires à Paris se sont assis dans la principale salle de conférence de presse de Roland-Garros au cours des derniers jours, pour les traditionnelles entrevues d’avant-tournoi. Novak Djokovic, Rafael Nadal et Iga Swiatek, notamment... et aussi Leylah Fernandez, hier.

Il n’y avait certes pas 17 journalistes comme à ce point de presse à Wimbledon, en 2018, où Eugenie Bouchard avait attiré trois fois plus de représentants des médias que son adversaire, une certaine Ashleigh Barty, future numéro 1 mondiale, qui venait de la battre en deux manches. 

L’engouement persiste

Mais tout de même, cette présence dans la grande salle située sous le court Philippe-Chatrier montre que l’engouement entourant la Québécoise de 19 ans persiste, neuf mois après cette finale inattendue aux Internationaux des États-Unis.

Tout au long de la quinzaine new-yorkaise, Leylah s’était fait une tonne de partisans grâce à ses remontées spectaculaires, mais aussi, en raison de ses réponses spontanées et candides en entrevue sur le terrain. 

Un peu comme une jeune joueuse qui dispute ses premiers matchs sur un grand terrain, Leylah a dit voir dans l’intérêt des médias une occasion « de grandir ». 

« Pour moi, c’est un moment qui me permet d’apprendre comment me comporter et parler [devant les journalistes] », a souligné la Lavalloise d’origine, en français. 

Rares sont les 17es mondiales qui ont droit à ce privilège, à moins d’être une favorite locale. Sa compatriote Bianca Andreescu, qui a chuté au 72e rang, mais qui est de retour en force après une longue pause (voir autre texte), était aussi passée par là plus tôt en journée. 

En espagnol à son chien

Comme à l’habitude, Fernandez a aussi répondu à des questions en anglais et en espagnol, hier. Son aisance dans les trois langues a captivé l’Américaine Mary Carillo, ancienne championne de double devenue analyste à NBC. 

Après le point de presse, celle-ci s’est approchée de Leylah pour la questionner sur son trilinguisme, hérité des racines hispanophones de son père Jorge. Et aussi, pour savoir dans quelle langue la jeune athlète se sentait plus à l’aise. 

Devant l’hésitation de la Québécoise, Carillo lui a demandé : « Mais si tu avais un chien, dans quelle langue lui parlerais-tu ? » 

« Nous avons déjà eu un chien et je lui parlais en espagnol, a répondu Fernandez en riant. Nous avions fait le test. On lui demandait de sortir et c’était seulement dans cette langue qu’il obéissait ! » 

Malgré sa notoriété grandissante, Leylah n’a pas encore perdu sa candeur.

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