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Tempête violente: dur lendemain dans Vanier et des dégâts rarement vus

Des débris jonchaient toujours le sol deux jours après son passage

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Photo Jeremy Bernier Roch Poulain et sa conjointe, Fernande Gamache, ont ramassé des centaines de débris, comme cette structure de toit, dans leur cour de la rue Isabelle-Aubert, dans le secteur Vanier, à Québec, après le passage d’une tempête qui a arraché le toit d’un immeuble à condos, samedi.

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Arbres déracinés, morceaux de toiture arrachés, laine minérale éparpillée... Des résidents de Québec encore secoués par la violente tempête de samedi s’affairaient à ramasser les derniers débris éparpillés par dame Nature, hier.

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«On a été chanceux, ç’aurait pu être beaucoup plus grave. C’est un miracle que personne n’ait été blessé!» lance Fernande Gamache, sous le choc.

Sa maison est située à une cinquantaine de mètres de l’immeuble de condos de la rue Isabelle-Aubert, dans Vanier, dont la toiture a été soufflée par la force du vent samedi soir.

Des débris par milliers jonchaient les alentours de la rue Isabelle-Aubert, dimanche.
Photo Jeremy Bernier
Des débris par milliers jonchaient les alentours de la rue Isabelle-Aubert, dimanche.

La veille, ils se sont affairés toute la journée et une partie de la nuit à ramasser les «centaines de débris» qui jonchaient leur cour. Un «ménage du printemps» inattendu qui n’était toujours pas terminé, hier. 

Deux conteneurs posés dans la rue et remplis de matériaux témoignaient d’ailleurs des dégâts laissés par la tempête deux jours plus tôt.

Une maison saccagée

D’autres ont toutefois eu moins de chance. Une partie importante de la toiture qui s’est envolée de l’immeuble à condos s’est effondrée directement sur la maison d’un des voisins de Mme Gamache.

Celle-ci a fait éclater la porte-fenêtre et a défoncé le toit de la résidence, alors que la famille se trouvait à l’intérieur. Une grue a été nécessaire pour soulever la pièce plus de 6000 lb.

«J’espère juste que mes enfants ne garderont pas une peur d’habiter ici», soupire le propriétaire des lieux qui a préféré garder l’anonymat. 

À quelques pas de là, en bordure de la rivière Saint-Charles, des travailleurs ramassaient les nombreux arbres déracinés par le souffle d’Éole.

«Juste ici, on a dû en ramasser et en découper une quinzaine. C’est la première fois que je vois autant d’arbres arrachés en pleine ville, à cause d’une seule tempête», affirme l’émondeur Sébastien Bouchard.

Des employés d’Hydro-Québec enlevaient les débris sur une ligne à haute tension près de l’autoroute 13, à Boisbriand, dans les Laurentides, hier.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Des employés d’Hydro-Québec enlevaient les débris sur une ligne à haute tension près de l’autoroute 13, à Boisbriand, dans les Laurentides, hier.

Des équipes à pied d’œuvre 

De leurs côtés, des résidents des deux derniers étages de l’immeuble de condos endommagé n’ont pas pu réintégrer leur domicile, notamment en raison des dégâts d’eau.

Hydro-Québec était aussi toujours à pied d’œuvre dans la Capitale-Nationale, hier matin, pour rétablir le courant dans 2830 foyers.  

À la Ville de Québec, on indique avoir encore des équipes de foresteries urbaines mobilisées dans les secteurs les plus touchés par la tempête.

On souligne toutefois que l’ensemble du réseau routier est maintenant accessible.

Dans les Laurentides

À Sainte-Adèle dans les Laurentides, où la majorité des résidents n’avaient toujours pas de courant hier, la tempête était carrément sans précédent, selon plusieurs résidents interviewés par Le Journal.

«J’en ai vu du vent, mais rien comme ça», a indiqué Réjeanne Arsenault, qui a notamment vécu aux Îles-de-la-Madeleine.

L’administration municipale de Sainte-Adèle avait ouvert hier le centre communautaire, alimenté par une génératrice, afin que ses habitants puissent s’approvisionner en eau, charger leurs appareils électroniques et manger quelques bouchées. 

À Sainte-Lucie-des-Laurentides, le camping Domaine Vacances Doncaster avait ouvert ses portes hier aux résidents du secteur qui étaient toujours privés d’électricité. 

– Avec Camille Payant et Olivier Faucher 

Un mariage aux chandelles  

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Photo courtoisie

Lorsque la tempête a atteint les Laurentides, Tyler Jackson et Diana Moreno se préparaient à se marier à l’extérieur de leur domicile de Sainte-Adèle.

«Nous avons entendu toutes les alertes et avons tout transféré à l’intérieur», précise Mme Moreno. 

Puis, cinq minutes avant que la cérémonie commence, dans leur salon, l’électricité a été coupée. S’en est donc suivi un mariage aux chandelles. 

«C’était finalement un évènement très romantique», rigole-t-elle. 

Contrairement à plusieurs voisins, le couple n’a eu que très peu de dommages sur son terrain boisé. 

«Nous avons été très chanceux. Nous avons eu peur parce que nous voyions tous les arbres cassés autour», dit Mme Moreno.

Camille Payant 

Vacarme d’enfer  

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Photo tirée de Facebook

La petite municipalité de Fassett en Outaouais commence juste à se remettre de ses émotions après avoir vu le clocher de son église se détacher de la bâtisse maintenant à vocation commerciale.

Le maire François Clermont admet que ses citoyens l’ont échappé belle. Malgré des arbres déracinés, des fenêtres cassées et, bien sûr, un clocher littéralement arraché de sa structure, personne n’a été blessé.

«Plusieurs résidences ont été endommagées, des débris ont été projetés dans des fenêtres, mais heureusement les gens étaient à l’intérieur», affirme le maire qui mentionne également que même pour les citoyens les plus âgés, la tempête était du jamais vu. Très peu de résidents ont vu le clocher tomber, mais tous ceux qui ont été contactés par Le Journal ont parlé d’un vacarme d’enfer.

Louis Deschênes 

Une première au Québec depuis 1999   

La tempête meurtrière qui a frappé l’Ontario ainsi que l’ouest du Québec est un derecho, un phénomène météorologique rarement observé au Québec.

Un derecho, qui signifie tout droit en espagnol, est «une ligne d’orages très puissante qui prend forme dans le Midwest américain», explique Antoine Petit, météorologue chez Environnement Canada.

Il est caractérisé par des vents dépassant les 100 km/h et une formation orageuse qui s’étend sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres.

«C’est rare que ça va déborder au Canada, sauf l’extrême-sud de l’Ontario», poursuit M. Petit, précisant que le dernier ayant frappé le Québec remonte à 1999.

– Félix Pedneault, Agence QMI

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