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Changer le Québec avec l’immigration

Le ministre Jean Boulet
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le ministre Jean Boulet

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Il est drôle le ministre Boulet. Il voulait plus tôt aujourd’hui recevoir 58 000 immigrants par année. Mais dans les 20 dernières années, le nombre annuel maximal d’immigrants a été d’environ 55 000, en plein règne du gouvernement libéral.

Boulet a changé d’idée. Un téléphone du PM? Il est revenu à la cible de 50 000 immigrants par année.

À 50 000 immigrants par année, nous arrivons à 1 000 000 immigrants sur 20 ans, soit sur une génération. En d’autres termes, à environ 12% de plus d’immigrants dans la population, en supposant un léger accroissement de celle-ci. Au total, le Québec compterait donc environ 37% d’immigrants en 2042, comparativement à environ 25% actuellement.

Mais ce n’est pas assez pour Québec solidaire qui voudrait encore davantage d’immigrants.

Avant de me faire traiter de tous les noms, je tiens à spécifier quelque chose: j’ai épousé une immigrante. Je n’ai donc rien contre les immigrants. En fait, je connais bien le milieu.

Nous avons très certainement besoin d’immigrants pour maintenir le niveau d’activité économique qui est le nôtre.

Mais nous nous berçons d’illusions à plusieurs égards.

  • Écoutez l'édito de Loïc Tassé à l'émission de Benoit Dutrizac diffusée chaque jour en direct 10 h 30 via QUB radio :

Illusions

D’abord, rien n’indique que les immigrants qui parlent français vont continuer à le faire, même si le français est leur langue maternelle. J’ai souvent observé que bon nombre d’immigrants francophones demeurent très intéressés à rejoindre la majorité anglophone d’Amérique du Nord, s’ils le peuvent. Ce phénomène se vérifie quotidiennement dans les écoles primaires et secondaires de Montréal et des environs.

Ensuite, les immigrants n’arrivent pas ici avec des esprits vierges de culture. Pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur, quand ils occupent des professions qui demandent un certain bagage scientifique ou technique, pour le pire, quand ils apportent avec eux des croyances moyenâgeuses, une culture antidémocratique ou des pratiques de corruption.

Enfin, les communications internet ralentissent les processus d’assimilation. Cette assimilation, qui se faisait sur environ trois générations, et à laquelle le multiculturalisme servait de marchepied, risque de s’étaler sur un nombre indéfini de générations, avec des populations immigrantes qui seront certes intégrées, mais pas assimilées. Avec le temps, il existe un danger réel que les animosités violentes entre des peuples soient fortement reproduites à l’intérieur du Québec.

Encore plus de Loïc Tassé, écoutez son édito diffusé chaque jour en direct 12 h 50 via QUB radio : 

Ressac économique

Les immigrants récents sont les premiers frappés lors de temps économiques difficiles. Pour le moment, le Québec manque de main-d’œuvre. Mais ce ne sera probablement plus le cas dans une dizaine d’années. Comment ces populations immigrantes récentes seront-elles protégées contre un ressac économique?

Nos dirigeants montrent souvent une compréhension superficielle de l’immigration.

À 50 000 immigrants par année, le gouvernement Legault risque de changer profondément la nature de la société québécoise – ces changements sont d’ailleurs amorcés.

Mais son gouvernement est mal préparé à bien les orienter ou à y faire face.

Et le gouvernement de Justin Trudeau aggrave le problème.

En fait, les enjeux dépassent la simple question des rapatriements de pouvoirs pour le Québec, même si cela aiderait.

Ils touchent à la façon de vivre comme Québécois et à la fierté de s’identifier au Québec. Or, la compétition de l’extérieur est de plus en plus forte.

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