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La CAQ est faible face aux «docs»

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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Dans l’opposition, François Legault et la CAQ aimaient beaucoup « manger du médecin ».

Devant eux se dressait (de 2014 à 2018) la « médicalocratie » libérale, avec Philippe Couillard, Yves Bolduc et Gaétan Barrette en tête.

Moins d’impôt

En 2016, le porte-parole caquiste en matière de Santé, François Paradis, s’était attaqué à la possibilité, pour les médecins, de s’incorporer.

C’est-à-dire de créer des « sociétés », lesquelles jouissent de taux d’imposition beaucoup plus bas que ceux des particuliers. Sans compter les déductions pour frais de fonctionnement.

Sauf que la possibilité, pour les médecins, de se créer une société s’apparente à un passe-droit. Contrairement aux autres professionnels incorporés, les médecins n’ont qu’un seul client qui les rémunère, l’État.

Oui, ils ont des dépenses de « compagnie », mais leur risque n’est pas comparable à celui des autres professionnels et entrepreneurs.

  • Écoutez l'édito d'Antoine Robitaille lors de la rencontre Foisy - Robitaille diffusée chaque jour en direct 12 h via QUB radio :

2007

Les médecins ont obtenu le droit de s’incorporer en 2007 sous les libéraux, alors que Philippe Couillard était ministre de la Santé. (Le processus avait été lancé avant, répliquèrent les libéraux ; sous le PQ, dont faisait partie le ministre Legault !)

Dans les années qui ont suivi l’année 2007, les médecins ont obtenu les plantureuses augmentations de rémunération que l’on sait. Plusieurs d’entre eux ont donc gagné sur tous les tableaux : plus de revenus, moins d’impôt.

Aussi, le 6 mars 2016, un « électrochoc » s’imposait, martelait le caquiste Paradis. Dans un point de presse effectué devant l’édifice de Revenu Québec, il exhorta le gouvernement à mettre « fin graduellement à l’incorporation des médecins ».

Les sommes récoltées (entre 150 et 300 millions $, lisait-on) devraient être consacrées aux « services de soins à domicile ». À l’époque, la CAQ s’indignait : plus de 16 500 personnes étaient en attente d’« un premier service de soins à domicile ».

  • Écoutez la rencontre Rémi Nadeau et Antoine Robitaille diffusée chaque jour en direct 19 h via QUB radio :

2018

En 2018 toutefois, désincorporer les médecins ne fit pas partie de la liste officielle des promesses de la CAQ. François Legault s’était toutefois engagé à revoir le mode de rémunération et à aller chercher dans la poche des docs un milliard de dollars.

Mettre fin à l’incorporation aurait pu l’aider ! Le député de Québec solidaire Vincent Marissal, hier, rapportait que selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), qui y a consacré une étude récemment, le coût pour l’État serait aujourd’hui de quelque 250 millions $.

Hier, les réponses de Christian Dubé à Marissal, sur cette question, furent des plus évasives, voire lénifiantes. À l’image de l’entente qu’il a conclue en 2019 avec les médecins spécialistes, alors qu’il était président du Conseil du trésor.

Entente à propos de laquelle les deux parties ne se sont jamais entendues sur le sens à lui donner !

À part sur le fait qu’elle créait l’Institut de la pertinence des actes médicaux (IPAM), dont la tâche consistait à identifier quelque 450 millions $ d’économie par année. Or, dans la première année, l’IPAM ne livrera que 6 millions $ de réduction sur quelque 70 millions $ prévus finalement.

Désincorporer les médecins pourrait aider, donc, dans le processus actuel de « refondation » du système de santé. Même si, bien sûr, les provinces voisines, qui ont donné le même cadeau aux docs, peuvent alors devenir plus attrayantes.


«Vous avez des informations pour notre chroniqueur? Écrivez à antoine.robitaille@quebecormedia.com »

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