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Roland-Garros: terre battue, terre à battre

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Photo AFP Leylah Fernandez en a encore à apprendre sur ses déplacements sur la terre battue comme celle à Roland-Garros.

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PARIS | «Je n’ai jamais appris à glisser sur terre battue.» Cette déclaration de Leylah Fernandez, faite dimanche après son premier tour à Roland-Garros, étonne de prime abord.  

• À lire aussi: Les Canadiennes avancent en double à Roland-Garros

Sur l’ocre, la Québécoise s’en sort plutôt bien. Comment peut-on obtenir de bons résultats sur cette surface particulière – plus lente, notamment – sans maîtriser la meilleure façon de s’y déplacer?

Responsable du volet féminin chez Tennis Canada, Sylvain Bruneau n’a pas pour sa part été totalement surpris par les propos de la jeune joueuse, 17e favorite à la Porte d’Auteuil.

Car ce n’est qu’au cours des dernières années que la terre battue s’est démocratisée. Si elle était autrefois l’apanage des Européens et des Sud-Américains, qui étaient élevés sur cette surface, les Nord-Américains ont finalement emboîté le pas. 

Surface de développement

Canadiens et Américains sont maintenant initiés beaucoup plus jeunes à la terre battue rouge, celle qui est étendue sur les courts européens, dont à Paris. 

«La terre battue est la meilleure surface pour développer un joueur de tennis, sur le plan technique, tactique, physique et mental», explique Bruneau. 

C’est qu’il s’agit d’une surface difficile. Sa lenteur allonge les échanges, contraint à peaufiner la stratégie. Le fait qu’elle soit glissante force à travailler son jeu de jambes et à renforcer le bas du corps, notamment pour mieux y glisser. 

«Sur terre battue, le joueur doit aussi apprendre à générer de la vitesse de balle, ajoute l’entraîneur. On peut davantage travailler les variations aussi, les tactiques. C’est plus facile de transposer les acquis de la terre battue au dur que le contraire.»

C’est d’ailleurs dans cette optique que le Stade IGA de Montréal, où se trouve le Centre national d’entraînement de Tennis Canada, s’est doté de quatre terrains recouverts de cette surface il y a 11 ans. 

Comme Williams et Sharapova

Mais cette glissade dont Leylah parlait dimanche, et que l’on voit si bien exécutée par l’Espagnol Rafael Nadal, notamment, faut-il absolument la maîtriser pour aspirer au titre à Roland-Garros?

«On peut quand même s’en sortir sans ça, pointe Bruneau. Il y a des joueuses qui ont triomphé à Roland-Garros sans avoir un jeu parfait sur terre battue, comme Serena Williams ou Maria Sharapova. Elles ne glissaient pas de façon parfaite, mais elles compensaient avec d’autres aspects. Et, comme pour Leylah, ça peut s’apprendre plus tard.» 

Leylah devrait être dans le Drive to Survive du tennis   

Leylah Fernandez est une grande amatrice de la populaire série de Netflix Drive to Survive, qui plonge le téléspectateur dans l’univers des pilotes de F1. C’est l’une des émissions que la Québécoise écoute dans sa chambre d’hôtel, pour relaxer entre deux matchs. 

Leylah était donc particulièrement heureuse quand Netflix a annoncé, en janvier, qu’un pendant tennis serait produit cette saison, mettant l’accent sur les quatre tournois majeurs. 

Toujours des enfants

La Lavalloise de 19 ans a d’ailleurs été interviewée à quelques occasions par l’équipe de production du documentaire et elle dit avoir pris plaisir à le faire, même si elle ne sait pas encore si elle se retrouvera dans le montage final.  

«C’est le fun de leur montrer ce qui se passe, a raconté la 17e favorite à Paris. Ils peuvent voir le travail que l’on fait, mais aussi que l’on est toujours des enfants!» 

«Ils peuvent voir que l’on veut toujours avoir du fun après les matchs, après les entraînements et que l’on est juste des humains qui font du sport et qui s’amusent», a-t-elle souri. 

Ni le nom ni la date de sortie du documentaire n’ont encore été dévoilés. Il est produit par Box to Box Films, la boîte qui est à l’origine de Drive to Survive, mais aussi d’une série à paraître sur le golf. 

Le tournage a commencé aux Internationaux d’Australie, notamment avec «l’affaire Djokovic», qui a été expulsé du pays, car il n’était pas vacciné contre la COVID-19. 

Les difficultés des pros

Mais au-delà des quelques scandales qui ont ponctué le tennis dans les derniers mois et qui devraient animer le spectacle, Fernandez voit dans cette série un bon moyen d’amener plus de jeunes à s’intéresser à son sport.  

En direct de Paris   

CHAMPAGNE ET RILLETTES À LA CANTINE

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Photo Jessica Lapinski

Qui dit Paris dit gastronomie, et cela s’applique aussi à la cantine des médias, située tout près de l’énorme salle de presse sous le court Philippe-Chatrier. Bien sûr, on mange bien partout à Roland-Garros, même aux comptoirs où l’on retrouve notamment crêpes au chocolat, sandwichs, salades... et aussi des mets traditionnels de restauration rapide. Au grand plaisir de ce jeune garçon croisé samedi lors de la journée des enfants et qui tenait absolument à son cheeseburger, quitte à demander à plusieurs employés où il pourrait en trouver un. Mais le menu à la cantine des médias étonne particulièrement pour les journalistes québécois qui en sont à leur premier Roland-Garros (lire ici: l’auteure de ces lignes). Pour le dîner, ou pour une collation, il est possible de s’acheter différents types de rillettes, de saucissons ou un plateau de charcuteries et de fromages, et d’accompagner le tout d’un verre de champagne Moët et Chandon. Je n’ai pas goûté au champagne, mais j’ai constaté que pour quelques collègues internationaux, c’est à la cantine des médias que se prend chaque jour l’apéro.  


LES FRINGALES DE FERNANDEZ

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Photo Jessica Lapinski

Après les Internationaux des États-Unis, Leylah Fernandez voulait absolument du Tim Hortons et une poutine. Quelques heures après son second titre à Monterrey, en mars, elle cherchait désespérément un Subway dans la ville mexicaine. Et à Paris, c’est de chocolat que la jeune joueuse a envie. Si elle admet ne pas avoir beaucoup de temps pour visiter la Ville Lumière entre deux matchs, la Québécoise apprécie tout de même aller marcher avec son père et entraîneur, Jorge, afin de trouver un endroit où elle pourra passer la soirée... et en manger. «J’en ai besoin!» lance-t-elle en riant. 

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