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Malgré une nouvelle analyse, la position sur le nickel restera la même

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Vue aérienne du secteur du port de Québec, le mercredi 30 septembre 2020 STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUÉBEC/AGENCE QMI

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La position de la Santé publique nationale, sur laquelle s’appuie le gouvernement de la CAQ pour rehausser de la norme nickel dans l’air, «ne sera pas revue», même si l’organisation analyse de nouvelles informations alarmantes. 

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Vendredi matin, notre Bureau parlementaire dévoilait que, «dans un souci constant de prioriser la santé et la sécurité de la population, la Direction générale de la santé publique (DGSP)» analyserait de nouveaux faits dans le dossier préoccupant du nickel dans l’air.  

Or, malgré cette analyse, «la position de la DGSP, émise en amont de la décision prise par le gouvernement pour le rehaussement de la norme nickel, ne sera pas revue. Le nouveau seuil est en vigueur», a indiqué Robert Maranda, porte-parole du ministère de la Santé. 

«Aucune information ne permet de croire que ces travaux, effectués avant le déploiement du nouveau règlement du ministère de l'Environnement, devaient être repris. Et ceci est toujours juste.» 

Le Dr Luc Boileau, directeur de santé publique, «n’accorde pas d’entrevues sur le sujet», précise également le ministère.  

Il assure toutefois prendre «ses responsabilités» pour protéger la santé de la population. 

«Nous allons continuer d’évaluer les nouvelles connaissances scientifiques, les données disponibles sur les émissions et sur la qualité de l’air ambiant, la portée des mesures préventives déployées et toute autre information pertinente pouvant nous donner des indications sur les risques potentiels [pour] la santé de la population», écrit le porte-parole.  

Nouveaux éléments

La présidente de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement, la Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, a récemment alerté la Santé publique au sujet de nouveaux éléments inquiétants liés au dossier.  

Le nickel sous forme de pentlandite, un sulfure qui pourrait être cancérigène et qui se retrouve dans l’air de la ville de Québec, n’aurait pas été pris en considération. 

La DGSP, alors sous la gouverne du Dr Horacio Arruda, se serait basée sur une revue de littérature dont l’expertise s’arrêtait en 2011. Pourtant, une revue beaucoup plus récente et qui s’étire jusqu’à 2021 existe, plaide l’Association. 

Après la sortie de l’Association, le ministre de l’Environnement avait rapidement affirmé que les informations dévoilées étaient «inexactes». 

Ces informations, toutefois, n’avaient pas encore été analysées par la Santé publique nationale.  

Plus de nickel

Entré en vigueur en avril dernier, le nouveau règlement sur la qualité de l’air permet à l’industrie chimique et aux minières de quintupler les émissions de nickel dans l’air.   

Il s’agit d’une nouvelle norme quotidienne de 70 nanogrammes par mètre cube (ng/m3), en plus d’une norme annuelle de 20 ng/m3.   

Depuis plusieurs mois, les critiques et les inquiétudes fusent de partout, tant chez les scientifiques que parmi les élus ou les citoyens. 

Même les 18 directions régionales de santé publique du Québec s’opposent à cette hausse.  

Le premier ministre François Legault signalait, lors de l’étude des crédits, que cette hausse était nécessaire pour que l'on soit «capable» de fabriquer des batteries et de créer des «emplois payants».  

Le ministère de la Santé rappelle que ce n’est pas la santé publique qui fixe la norme, mais bien le ministère de l’Environnement. 

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