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La politique des bons sentiments

La vérificatrice générale, Karen Hogan
Capture d'écran, CPAC

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Aider les pauvres, les plus démunis, les aînés, les handicapés, les Canadiens racialisés et autochtones, les francophones, les membres de la communauté LGBTQ.

C’est le cœur sur la main que le gouvernement Trudeau plaide sans cesse pour plus de justice sociale. 

Mais on a encore constaté, hier, avec le dépôt d’une poignée de rapports de la vérificatrice générale du Canada, les limites de la politique du bon sentiment. 

« Je me sens plus frustrée qu’optimiste », a laissé tomber d’entrée de jeu Karen Hogan (photo). 

« Il y a beaucoup d’engagements, beaucoup de plans d’action. Mais il est temps que cela se traduise par des résultats concrets et réels pour les Canadiens », a-t-elle ajouté plus tard dans son point de presse. 

Le fédéral offre tout compte fait peu de services à la population. Et quand il en est le responsable, les histoires à succès se font rares. Parlez-en aux milliers de Canadiens qui essaient d’obtenir ou de renouveler leur passeport par les temps qui courent. 

Longue attente

Revenons à Mme Hogan, qui cumule 16 années d’expérience comme vérificatrice, dont deux ans comme patronne. 

« J’aimerais dire que les programmes et les services du gouvernement fédéral s’améliorent lorsque des failles sont identifiées, mais c’est rarement le cas. »

Des exemples ? Plusieurs programmes sociaux qui visent à réduire la pauvreté n’arrivent jamais à destination, et Ottawa en fait trop peu pour éliminer les barrières qui se dressent devant ces populations vulnérables. 

Que ce soit pour obtenir l’allocation canadienne pour enfants ou le Supplément de revenu garanti pour les aînés les plus pauvres, des milliers de Canadiens qui y ont droit ne reçoivent pas leur chèque. 

Dans bien des cas, Ottawa se contente de hausser les épaules.

La moitié des vétérans attendent quant à eux plus de 38 semaines pour que leur demande de prestation soit traitée, alors que la norme de service est de... 16 semaines. Les francophones attendent souvent encore plus longtemps, soit 46 semaines ! 

« J’en conclus que le gouvernement n’a pas tenu sa promesse de prendre soin des vétérans blessés en service », tranche Mme Hogan. 

Racisme en prison

Les grands discours sur le racisme systémique n’ont rien fait pour endiguer la surreprésentation phénoménale des Autochtones, et, dans une moindre mesure, des Noirs en prison. 

Ils y restent aussi plus longtemps, et dans des conditions de détention plus sévères. Ces deux groupes constituent ensemble 51 % de toutes les détentions à sécurité maximale.

Les Autochtones représentent 4 % de la population adulte canadienne, mais 27 % des détenus fédéraux. C’est encore pire chez les femmes, qui représentent 43 % de la population carcérale. 

Quant à la diversité des agents carcéraux, elle n’a guère progressé.

Le Bureau du vérificateur général du Canada avait établi des constats semblables en 2015, 2016, 2017, sans grands résultats. « Je pense que les Canadiens s’attendent à mieux de leur gouvernement fédéral. Il est temps que les promesses se transforment en actions concrètes », a affirmé Mme Hogan. 

On ne saurait mieux dire. 

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