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Un policier de Montréal n'est plus le bienvenu au palais de justice

Une juge ne fait plus confiance à l'agent

Guillaume Joly-Tessier
Photo courtoisie Le policier montréalais Guillaume Joly-Tessier lors d’une joute de hockey.

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Le policier qui s’est servi du tampon de signature d’une juge à son insu afin de mettre la main au collet du tueur à gages Frédérick Silva est maintenant persona non grata au palais de justice de Montréal.

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La juge coordonnatrice adjointe en matière pénale de la Cour du Québec pour la région de Montréal, Patricia Compagnone, a récemment demandé la tenue d’une enquête policière sur les gestes commis par l’agent Guillaume Joly-Tessier.

Dans une lettre envoyée aux autorités, la magistrate parle d’un «événement préoccupant, voire inquiétant». 

«Par ailleurs, je vous avise également que nous ne pouvons plus faire confiance au policier Joly-Tessier. Il ne sera plus reçu à titre de dénonciateur de demandes d’autorisations judiciaires à Montréal», a écrit la juge Compagnone.

Des passages de la lettre ont été lus il y a deux semaines lors du retour en cour de Frédérick Silva.

«Ça m’apparaît assez sérieux», a martelé son avocate, Me Danièle Roy, alors qu’elle demandait au juge de la Cour supérieure Marc David un report des procédures pour son client.

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Tueur en cavale

Silva, qui aura 42 ans dimanche, a été condamné à la prison à vie en raison de trois assassinats survenus en 2018.

Le tueur à gages était déjà en cavale lorsqu’il a commis ces crimes. Les policiers soupçonnaient Bernard Cherfan, assassiné mercredi soir dans un restaurant de Laval, d’avoir aidé le meurtrier à se cacher. 

Silva était recherché pour le meurtre de Daniel Armando Somoza Gildea, perpétré à la sortie d’un bar de danseuses de Montréal, en février 2017.

Deux semaines auparavant, le tueur à gages avait aussi tiré plusieurs projectiles en direction de l’ex-chef mafieux Salvatore Scoppa, à l’extérieur d’un resto-bar de Terrebonne.

Cela lui avait valu une place dans le top 10 des criminels les plus recherchés du Québec, si bien que les enquêteurs étaient prêts à tout pour l’arrêter. 

Comme tactique, l’agent Guillaume Joly-Tessier, de la police de Montréal, a fabriqué un faux mandat en utilisant l’étampe officielle d’une juge de paix, sans son consentement.

L’enquêteur venait d’essuyer un refus de signer le document de la part de la juge Josée De Carufel.

Profitant d’une absence de la magistrate, l’agent Joly-Tessier a tout de même apposé l’étampe de cette dernière sur le faux mandat. Il a ensuite fait « du bricolage » en découpant la signature de la juge sur une autre autorisation judiciaire.

Le faux mandat a servi à contraindre un témoin à collaborer à l’enquête.

Il n’a pas été possible de savoir hier si le Commissaire à la déontologie policière étudiait actuellement une plainte visant l’agent Joly-Tessier.

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