/world/opinion/columnists
Navigation

De l’Arctique à la Terre de Feu, tous amigos?

Coup d'oeil sur cet article

Le 9e Sommet des Amériques se tiendra à compter de demain à Los Angeles. En avez-vous entendu parler ? Oui ? Bande de chanceux ! Parce que c’est la Maison-Blanche qui l’organise et on ne sait pas encore à quoi s’attendre. Un autre gâchis.

Il faut dire que ce n’est pas tout à fait la faute de Biden. Il s’en est passé des choses depuis qu’à Lima, en 2018, Mike Pence, le vice-président d’alors, invitait le continent à se retrouver chez lui trois ans plus tard : une pandémie, un effondrement économique, une reprise désordonnée, les Chinois qui prennent de plus en plus de place dans la région, et un conflit en Europe. Disons que ça déconcentre son homme.

Cela dit, la guerre en Ukraine, parallèlement aux atrocités dénombrées quotidiennement, a doublement fait mal aux relations entre les États-Unis et le reste de l’Amérique latine. En plus d’aspirer l’air dans la pièce diplomatique américaine, elle a démontré aux Latino-Américains l’importance limitée qu’on leur accorde à Washington.

UN FAIBLE POUR KYÏV

En trois mois, la présidence et le Congrès se sont plusieurs fois entendus pour multiplier les coups de main aux Ukrainiens, une dynamique qui a connu son apothéose il y a deux semaines avec l’adoption d’un programme d’aide militaire et humanitaire de quarante milliards de dollars. Quarante milliards pour 44 millions d’Ukrainiens contre des miettes et des leçons de savoir-vivre démocratique pour 665 millions de Latino-Américains et de Caribéens.

D’ailleurs, jusqu’à la dernière minute, les préparatifs de ce premier Sommet des Amériques aux États-Unis depuis celui qui a tout commencé en 1994 ont été embourbés dans une chicane d’invitations, le Mexicain Andrés Manuel López Obrador – qui n’aime rien de mieux que d’attirer toute l’attention sur lui – menaçant de ne pas venir si les noms des présidents vénézuélien, cubain et nicaraguayen – trois autocrates – n’étaient pas ajoutés à la liste d’invitations.

AMÉRICAINS SURTOUT OU DÉMOCRATES D’ABORD ?

Ce qui pose, une nouvelle fois, la question du sens de l’événement. Au 3e sommet, à Québec en 2001, dans la brumasse des gaz lacrymogènes, les délégations avaient adopté la Charte démocratique interaméricaine, affirmant que « la démocratie (était) et (devait) être la forme de gouvernement commune à tous les États des Amériques ».

Depuis, le portrait démocratique s’est enlaidi au point où l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA) estimait, à la fin de 2021, que la moitié des pays d’Amérique latine montraient des signes d’érosion de leur démocratie.

Le programme ne s’arrêtera pas là. Il faudra bien aussi parler de la Chine, devenue au cours des vingt dernières années le premier partenaire commercial de l’Amérique du Sud. Et d’Haïti, rongé par une telle violence que l’exil devient, avec tous ses risques, un moindre mal.

Un incontournable également, cette immigration clandestine. Ils étaient plus de 234 000 à essayer d’entrer aux États-Unis par la frontière mexicaine en avril. 

Le président Biden est sous la pression de ses partisans pour se montrer plus généreux que son prédécesseur. Ses adversaires républicains l’attendent au détour.

Le Canada devrait notamment faire sa part, en accueillant davantage de réfugiés du continent. Rien d’impressionnant, mais à ce point-ci, tout compte.

Les cinq géants des Amériques 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.