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Contes de l’adolescence

La création du Français Joël Pommerat surprend et fascine

Contes et légendes
Photos courtoisie, Elisabeth Carecchio La nouvelle création de Joël Pommerat explore le monde de l’adolescence, dans un monde futuriste où les humains cohabitent avec des robots.

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Après avoir revisité avec efficacité les contes Le petit chaperon rouge, Pinocchio et Cendrillon, Joël Pommerat fait une plongée futuriste dans le monde de l’adolescence avec Contes et légendes. 

Présenté jeudi, vendredi et samedi au Diamant, le nouvel objet théâtral du créateur français est à la hauteur.

Contes et légendes est une pièce à plusieurs niveaux de lecture qui fascine, déstabilise et qui nous offre une image d’un futur pas si lointain.

C’est aussi un bijou d’interprétation et de précision avec une distribution qui est plus qu’à la hauteur.

Joël Pommerat est un habitué du Carrefour international de théâtre. Contes et légendes, qui propose une série de vignettes qui explorent les sentiments liés au monde de l’adolescence où les émotions sont souvent fébriles et puissantes, est sa cinquième création à être présentée à Québec.

Contes et légendes
Photos courtoisie, Elisabeth Carecchio

Tôt dans le processus de création, le créateur et metteur en scène a choisi d’insérer des robots humains dans un monde qui se situe dans un futur non identifié. 

Ces humanoïdes avaient pour objectif, au départ, d’accompagner les jeunes de 8 à 15 ans dans leur apprentissage scolaire. Plus de 600 000 familles, dans 30 pays, ont fait l’acquisition de ces robots à apparence humaine qui sont capables d’échanger socialement avec les humains.

Direct et brutal

Sur un plateau de jeu très épuré, Contes et légendes débute avec une scène où deux jeunes garçons intimident une jeune fille. On l’accuse d’être peut-être un robot. C’est direct, vif et brutal verbalement. 

Dès le départ, Joël Pommerat tisse habilement la toile de cette œuvre, sans qu’on s’en rende trop compte. Il y a l’intimidation, phénomène d’actualité, et il y a une méfiance envers les robots. 

On explore ensuite les histoires d’amour, les ruptures, la féminisation et ses impacts sur les jeunes hommes, la responsabilité, les rapports de force, les conflits de générations avec les parents et la maladie.

Un peu en marge, les robots humains sont présents et témoins des différentes situations exposées et ajoutent un sentiment décalé avec des gestes robotisés et des voix discordantes et un peu métalliques.

Dans les premières minutes de cette pièce, créée en 2019, on s’imprègne lentement de l’étrangeté que l’on retrouve dans le monde de Joël Pommerat. Dans la dernière partie, on est happé à fond avec trois scènes particulièrement fortes où sa touche est immensément présente.

Il y a cette mère qui veut faire l’acquisition d’un robot usagé parce qu’elle va bientôt mourir et parce que le père, trop occupé à travailler, est incapable de s’occuper des tâches ménagères. Le frère et la sœur résistent. C’est direct et brutal.

La scène de désactivation d’un robot, avec un emballage sonore par une voix qui résonne derrière les spectateurs, est forte et touchante.

Subjugué

Et la finale est toute « Pommerat », avec le jeune Guillaume, guéri d’une maladie qui devait lui être fatale et qui réalise le rêve de rencontrer, durant quelques minutes, le chanteur-robot Eddie Rodriguez. 

À la fin de la pièce, en quittant les sièges du Diamant, on est subjugué et impressionné par la qualité d’interprétation de ces jeunes adolescents. 

Et puis, avec un peu de recherche et de curiosité, on constate et réalise que ce sont toutes des actrices qui jouent des garçons et des filles. Impressionnant. Encore une fois, Joël Pommerat surprend et étonne. 

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