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Pénurie de personnel: les jeunes à la rescousse des employeurs

Les étudiants enregistrent un début de saison des emplois d’été record, selon Statistique Canada

Sébastien Laframboise,
Photo courtoisie Sébastien Laframboise, chef exécutif de l’hôtel Entourage sur-le-Lac, à Lac-Beauport, que l’on voit ici avec Bastien Lemire, 17 ans, et Antoine Gravel, 16 ans, estime qu’il ne faut pas oublier le rôle crucial des parents qui les accompagnent.

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À l’approche de l’été, nos entreprises s’arrachent les 580 000 travailleurs de 15 ans à 24 ans, qui ont pris d’assaut le marché du travail le mois dernier, au grand bonheur des patrons.

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«Les jeunes viennent à la rescousse. C’est 80% de mon équipe. Il y en a peut-être 60% qui ont en bas de 18 ans», souffle Sébastien Laframboise, chef exécutif de l’hôtel Entourage sur-le-Lac, à Lac-Beauport, près de Québec.

«On est à l’étape où il faut mettre des joueurs dans les chandails. C’est à nous comme gestionnaires de les gérer correctement et d’être compétents», insiste le chef-vedette Danny St Pierre de Danny Pan Pizza.

Hier, Statistique Canada soulignait que «les étudiants enregistrent un début de saison des emplois d’été record».

«Les étudiants de 15 à 24 ans qui retourneront aux études ont profité des conditions favorables du marché du travail en mai, et près de la moitié (49,8%) occupaient un emploi», note Statistique Canada.

Pluie de bonbons

Sur les 4,3 millions de travailleurs québécois, ces 580 000 travailleurs valent de l’or en restauration, en hébergement et dans le commerce de détail.

Pour les attirer, l’hôtel Entourage sur-le-Lac ne ménage pas ses efforts. Journées payées pour faire du sport, bonis, fêtes d’employés et tirages de bourses d’études sont au rendez-vous.

«Je voulais commencer à faire un peu d’argent et aussi avoir du fun», raconte le cégépien en sciences de la nature Bastien Lemire, 17 ans, qui travaille là depuis deux ans.

Son poste? «Suiteur». C’est lui qui s’occupe d’apporter les assiettes de la cuisine aux clients, à l’hôtel. «Je suis payé 14,25 $ avec des pourboires pouvant aller jusqu’à 50 $ par soir», souligne-t-il.

À ses côtés, Antoine Gravel, 16 ans, qui a commencé comme cuisinier à l’âge de 13 ans, continue d’avoir d’excellentes notes en secondaire quatre.

«J’aime mes collègues. J’aime cuisiner. Je rentre avec le sourire aux lèvres le matin et je sors avec le sourire aux lèvres en finissant», lance-t-il.

«Je gagne plus de 18,50 $ l’heure et je viens d’avoir une augmentation», dit-il.

Pas d’âge minimal

Au Québec, il n’y a pas d’âge minimal pour commencer à travailler, rappelle la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Cependant, l’employé de moins de 14 ans doit avoir l’autorisation écrite de ses parents et celui de moins de 16 ans ne peut pas le faire durant ses heures de classe, en plus de devoir être à la maison entre 23h et 6h.

«Si le travailleur a moins de 18 ans, l’employeur ne doit pas lui confier un travail qui dépasse ses capacités», note le porte-parole de la CNESST Antoine Leclerc-Loiselle.

Pour Simon Savard, économiste principal de l’Institut du Québec (IDQ), il est vrai que le marché a besoin de ces jeunes, mais ceux-ci doivent rester à l’école.

«Les jeunes qui n’acquièrent pas leur diplôme d’études secondaires n’auront pas de perspectives économiques aussi grandes», observe l’expert.

«Le Québec est la province où le taux d’emploi de ces jeunes-là est le plus grand, à 56,3%. Il était de 53,1% en mai 2019», conclut-il.


Chez les étudiants qui prévoient retourner sur les bancs d’école, les salaires horaires moyens étaient en hausse de 5,7% par rapport à 12 mois plus tôt (+0,90 $ pour atteindre 16,82$) en mai, selon Statistique Canada.

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