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Méchants chanceux, ces Saoudiens!

Fuel drums and Saudi Arabia flag on world map background. 3d illustration
Photo Adobe Stock

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On s’amuse bien à Riyad ces jours-ci. Ce qui n’est pas peu dire dans un pays où la consommation d’alcool est interdite par la religion, où les hommes et les femmes ne se fréquentent que s’ils sont mariés ou de la même famille et où le décor est essentiellement un immense désert de sable.

L’Arabie saoudite se tord les boyaux. Les sanctions imposées au secteur pétrolier russe pour la guerre en Ukraine ont non seulement poussé vers le haut la valeur du baril à travers le monde, mais ont aussi donné une nouvelle virginité au royaume wahhabite.

Les courtisans se relaient pour demander une hausse de la production pétrolière avec, idéalement, une baisse du prix de l’essence. Dans quelques semaines, selon les médias américains, le président Biden ira, à son tour, faire des salamalecs auprès de la famille royale saoudienne.

UN ALLIÉ GÊNANT

Le roi d’Arabie saoudite, Salmane ben Abdelaziz, est un vieil homme qui a déjà cédé l’essentiel de son autorité à son fils Mohammed ben Salmane. Le prince héritier, initialement perçu comme un réformateur, mène le pays dans la tradition familiale, sans plus de respect pour les droits de la personne.

Année après année, les grands organismes internationaux de défense des droits de la personne – Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres – dénombrent des cas persistants d’abus et d’exploitation de travailleurs étrangers, d’arrestations arbitraires d’opposants au régime, de torture et de sentences de peine de mort imposées pour une multitude de crimes.

UN PARIA ? OUBLIEZ ÇA !

De l’exagération ? Le sort subi par le journaliste Jamal Khashoggi prouve l’inverse. Critique du pouvoir à Riyad, il a été piégé à l’ambassade saoudienne à Istanbul en 2018. Assassiné, son corps a été démembré, puis broyé pour qu’il n’en reste rien. Ça, c’est haïr quelqu’un !

Les services de renseignement américains ont conclu que Mohammed ben Salmane avait « validé » ce meurtre atroce. L’horreur avait atteint un tel niveau que Joe Biden, pendant la campagne électorale présidentielle, s’était engagé à faire du jeune prince héritier un paria sur la scène internationale.

Qu’en pense-t-on aujourd’hui à la Maison-Blanche ? 

« Le président rencontrera n’importe quel dirigeant si cela sert les intérêts des Américains. », a précisé Karine Jean-Pierre, la secrétaire de presse du président, lorsqu’interrogée il y a une semaine sur un éventuel voyage de son patron au Moyen-Orient.

« FEELING CHEAP »

Pendant qu’on passe du bon temps dans la capitale saoudienne, il y a de quoi se sentir « cheap » à Washington, et, soyons francs, dans toutes les capitales occidentales. 

Notre dépendance au pétrole nous fait ramper devant des dictateurs, des autocrates, des hommes qui crachent ouvertement sur nos valeurs.

L’équation est tristement simple : la popularité de Joe Biden souffre d’une hausse quasi historique de l’inflation, alimentée par une augmentation vertigineuse du prix de l’essence. 

La solution ? 

Marcher sur ses principes et aller quêter du pétrole moins cher. 

Au diable, la dignité ! 

La soif de pétrole     

En 2019, le pétrole était le produit d’exportation no 1 au monde. 

Fuel drums and Saudi Arabia flag on world map background. 3d illustration
Photo Adobe Stock

LES CINQ PREMIERS EXPORTATEURS DE PÉTROLE EN 2020

1. Arabie saoudite – 2es plus grandes réserves pétrolières au monde

95,7 milliards $ de pétrole vendu  

  • 15% des exportations de pétrole mondiales  
  • Plus de la moitié des revenus de l’État provient du pétrole         

2. Russie – 6es réserves mondiales

74,4 milliards $ de pétrole vendu  

  • 11,6% des exportations de pétrole mondiales  
  • 43% des revenus du gouvernement proviennent du pétrole et du gaz naturel         

3. États-Unis – 9es réserves mondiales

52,3 milliards $ de pétrole vendu  

  • 8,17% des exportations de pétrole mondiales        

4. Canada – 3es réserves mondiales

47,2 milliards $ de pétrole vendu  

  • 7,37% des exportations de pétrole mondiales  
  • 96% des exportations vers les États-Unis        

5. Irak – 5es réserves mondiales

45,2 milliards $ de pétrole vendu  

  • 7,06% des exportations de pétrole mondiales        

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