/investigations
Navigation

Des employés du roi du Airbnb à Montréal congédiés en anglais dès la convention collective signée

Sonder
Photo tirée de Twitter En décembre 2019, François Legault avait visité le siège social de Sonder, en Californie. Un an plus tard, le premier ministre se félicitait d’accorder un prêt à l’entreprise.

Coup d'oeil sur cet article

La moitié des employés mis à pied à Montréal par l’entreprise américaine Sonder, qui a reçu un prêt de 30 M$ de Québec, venaient de signer une première convention collective et ont formé des collègues aux Philippines avant leur départ.

• À lire aussi: Québec risque gros dans ce roi du Airbnb

• À lire aussi: Le prêt de 30M$ à un roi d’Airbnb dénoncé

«C’est la première fois que ça m’arrive d’avoir une fermeture alors qu’on vient tout juste d’avoir une convention collective. [...] On est consternés par cette décision-là», a dénoncé Roxane Larouche, porte-parole du syndicat des TUAC au Québec.

Des employés s’étaient inquiétés de la diminution du nombre de travailleurs au bureau de Montréal au profit des Philippines, mais ils n’auraient jamais imaginé que l’entreprise mettrait la clé dans la porte du centre d’appels.

Sonder a annoncé la semaine passée qu’elle licencie 250 de ses employés, dont 40 à Montréal. De ce groupe, on en compte une vingtaine qui sont syndiqués.

Sonder avait pourtant promis en 2020 la création de 700 emplois à Montréal, un «centre de croissance» et des investissements de 182 millions $, en échange d’un prêt de 30 M$ de Québec.

Une première tranche de 6 millions $ du prêt a déjà été attribuée à Sonder, mais n’a pas encore été prélevée. Le reste suivra durant les quatre prochaines années.  

Le premier ministre François Legault s’était félicité en décembre 2020 en conférence de presse, disant avoir eu «mal au cœur» en voyant que Sonder, fondée par des Montréalais, a déménagé son siège social à San Francisco en 2017. «Quand je suis allé à San Francisco en 2019, [...] je leur ai demandé: “qu’est-ce que je peux faire pour ramener une partie de cette entreprise-là au moins à Montréal?”» avait-il expliqué. 

Il avait décrit les services de Sonder comme un «hôtel avec une approche à la Amazon». 

  • Écoutez l'entrevue de Benoît Dutrizac avec Roxane Larouche sur QUB Radio:

Syndicat formé

Depuis, un syndicat représentant une vingtaine d’employés du centre d’appels de Sonder a été formé en 2020 et une première convention collective a été signée en juin.

Roxane Larouche.
Syndicat TUAC
Photo tirée de Twitter
Roxane Larouche. Syndicat TUAC

Roxane Larouche soutient que des employés de Montréal ont formé les employés d’un nouveau centre d’appels aux Philippines avant que l’entreprise n’annonce la fermeture de celui de Montréal. 

Sonder soutient qu’il y a eu des échanges, mais que les employés n’étaient pas responsables de la formation.

Le syndicat n’exclut pas des recours judiciaires.

Écoutez Félix Séguin à l’émission de Richard Martineau tous les jours en balado ou en direct à 8h45 via l’app QUB et le site qub.ca :   

Annonce en anglais

Des sources nous ont aussi indiqué que les licenciements avaient été annoncés en anglais seulement.

Notre Bureau d’enquête a obtenu un message écrit qui a été envoyé par la direction aux employés pour les informer des mises à pied. Dans ce message, on y explique en anglais la décision de mettre à pied par le changement d’humeur du marché depuis le début de l’année. 

«Une inflation rampante, une augmentation des taux d’intérêt et une rapide baisse d’environ 65 % des évaluations des compagnies non rentables ont gelé les marchés de capitaux», est-il expliqué. La direction se dit «profondément désolée» notamment pour l’impact sur les employés mis à pied et leur famille.

La porte-parole de Sonder, Fiona Story, se défend en disant que la «documentation officielle» fournie aux employés est disponible en anglais et en français. Elle dit qu’il n’y a pas de lien entre la signature de la convention collective et les mises à pied. 

«La décision d’abolir les postes en question n’est pas attribuable à [l’]entente [avec le syndicat], mais plutôt pour répondre à la conjoncture actuelle sur les marchés boursiers», a-t-elle poursuivi. 

La porte-parole de Sonder a assuré que l’entreprise maintenait «son intention d’investir au Québec et d’y prioriser la création d’emplois dans le cadre de la relance qui découlera de cette restructuration, en particulier pour des postes spécialisés et à haute valeur ajoutée».

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous partager à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.