/news/currentevents
Navigation

Inquiétudes pour des propriétaires de maisons vandalisées à Pointe-Parent

Coup d'oeil sur cet article

Des propriétaires de Pointe-Parent, sur la Côte-Nord, considérés comme les oubliés d’un processus de rachat de propriétés entamé par le gouvernement du Québec il y a quatre ans, vivent des moments d’angoisse depuis que leurs résidences sont vandalisées à répétition et parfois squattées. 

La situation est tendue dans ce village à moitié déserté.

La maison appartenant à Nicole Lessard et Michel Richard est condamnée. Ce couple a constaté à six reprises des actes de vandalisme au cours des dernières années.

«En fin de semaine, ils sont venus chercher le poêle à bois», a expliqué Mme Lessard à TVA Nouvelles.

TVA NOUVELLES

Une tentative d’incendie est survenue à la résidence en 2020. À chaque fois, les événements ont été rapportés à la Sûreté du Québec.

«On n’est pas protégés, les droits sont bafoués, la loi n’est pas respectée. Tsé, quelqu’un entre dans ta maison... On serait ailleurs en ville, me semble qu’il y aurait des réactions policières. Ici, non», a-t-elle dénoncé.

Les inquiétudes du couple et de plusieurs citoyens ont monté d’un cran il y a trois semaines, quand des individus ont tenté de s’accaparer des résidences.

TVA NOUVELLES

«À la fin mai, un soir, ç’a vraiment été une invasion. Le lendemain, toutes les maisons étaient habitées», a raconté Michel Richard.

Des conflits ont éclaté et une femme a même tiré des projectiles avec une arme à air comprimé, faisant des dommages à une résidence dans laquelle se trouvaient des personnes.

TVA NOUVELLES

La situation s’est calmée après une intervention du chef de la communauté innue de Nutashkuan, Réal Tettault, le maire de Natashquan, Henri Wapistan, et le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière.

«Il y a quand même des tensions qui sont vives, qui augmentent, à cause de ce brasse-camarade des maisons», a précisé Nicole Lessard. «On ne sait pas ce qui peut arriver. C’est doublement inquiétant.»

Alfreda Landry a vécu un stress immense quand elle a appris que sa résidence était occupée.

«Ils étaient sept dans ma maison et j’ai beaucoup d’effet personnel dedans», a-t-elle témoigné.

Habitant aujourd’hui à Sept-Îles, à plus de 300 kilomètres du village où elle a vécu plus de 50 ans, elle s’est sentie impuissante face à l’introduction par effraction de sa propriété.

«La Sûreté du Québec m’a conseillé de faire une plainte, mais m’a conseillé de ne pas y aller tout de suite parce que je pourrais faire dégénérer les choses.»

La situation de Pointe-Parent est délicate. Ce petit secteur d’à peine quatre rues fait partie de la municipalité de Natashquan et se trouve juste à côté de la communauté innue de Nutashkuan.

TVA NOUVELLES

Des enjeux de cohabitation ont déclenché un processus de rachat volontaire de résidences en 2018. Des résidents permanents ont quitté, mais plusieurs dossiers de maisons secondaires sont en attente, comme ceux d’Alfreda Landry et Nicole Lessard.

«On ne peut pas nous laisser comme ça en plan, sans rien nous dire», a déploré Nicole Lessard qui réclame des actions du gouvernement.

«Si ça continue, ça va devenir un dépotoir à ciel ouvert», a déploré Alfreda Landry. «Ça ressemble un peu à ça.»

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, assure qu’il multiplie les efforts pour poursuivre le processus de rachat de maisons.

Il mise sur la création d’un organisme sans but lucratif (OSBL) à vocation touristique pour développer une offre de location de chalet à court terme à Pointe-Parent.

«Je comprends les gens qui sont impatients. La première phase a été faite, ça s’est fait rapidement, au plaisir des gens qui étaient sur place. Présentement, c’est une phase transitoire, on s’active», a-t-il mentionné.

Michel Richard n’est pas convaincu de l’orientation du ministre.

«Ce qui me choque le plus, c’est quand j’entends le ministre parler de développement touristique, parce qu’ils veulent faire du développement touristique à Pointe-Parent, sans que ce soit fini, l’achat des maisons.»

Le maire de Natashquan souhaite que le rachat des dernières résidences se fasse rapidement.

«C’est un dossier de priorité pour moi. Pour défendre le secteur Pointe-Parent», a indiqué Henri Wapistan en entrevue à TVA Nouvelles.

C’est aussi le souhait du chef de la communauté innue de Nutashkuan, qui a préféré ne pas accorder d’entrevue.

Ce chapitre sombre de l’histoire de Pointe-Parent attriste de nombreux résidents de Natashquan qui déplorent le comportement d’une minorité d’individus qui vandalisent les propriétés de Pointe-Parent.

De plus, l’élection d’un nouveau maire en novembre de dernier crée un malaise palpable dans la municipalité.

Henri Wapistan n’a pas de résidence à Natashquan, habitant la communauté innue de Nutashkuan. Puisque la carte électorale municipale englobe ce territoire, les membres de la communauté innue peuvent se porter candidat et voter aux élections municipales.

Henri Wapistan a remporté la victoire avec 189 voix alors que la mairesse sortante, Marie-Claude Vigneault, a obtenu 173 voix.

Quant à Alfreda Landry, qui entretient des liens étroits avec de nombreuses Innues de Nutashkuan, c’est une fin bien triste pour son ancien village.

«On n’aurait jamais cru que Pointe-Parent allait finir comme ça.»

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.